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dence à l’agglulinoscope ou à l'œil nu une floculation spécifique qui par elle-même serait trop faible. Envisageons tout d'abord ces éléments de sensibilisation de la réaction.
Ainsi que certaines réactions de floculation de la syphilis ou de la tuberculose, la réaction se déroule en eau distillée où faiblement salée. I y là un facteur qui contribue à la production d’une floculation.
Si la présence en excès d’électrolytes favorise la précipitation des solutions colloïdales et le phénomène connexe de l’agglutinaiton microbienne (Bordet), l’absence totale d'électrolyte est susceptible de jouer un rôle semblable. La très ancienne expérience de Graham le démontre : lorsqu'on prépare au moyen du procédé classique de l’hydrolyse une solution colloïdale d’hydrate de fer, la solution précipiterait si on ne se débarrassait pas de l’impureté électrolytique Hce par la dialyse. Mais si on prolonge cette dialyse jusqu'à l'élimination des dernières traces d'HCI, d'hydroxyle ferrique, après avoir passé par un stade de stabilisation, flocule à nouveau. Ajoutons qu’en ce qui concerne le sérum, la précipitation des globulines, insolubles dans l’eau distillée, est ainsi facilitée par l’absence ou la réduction de Na CI. L'eau distillée est d’ailleurs employée à elle seule dans certaines réactions de floculation (Klausner dans la syphilis).
La présence de formol dans l’antigène peut jouer un rôle. Le formol est un floculant normal des colloïdes.
Dans une note récente, Henry.a, d'autre part, insisté sur la quantité excessive de formol qui a été employée par MM. Le Bourdellès et Liégeois, Gertaines flocula-
lions non spécifiques signalées par ces auteurs seraient liées à l'emploi du formol et seraient une manifestation comparable à la formol-gélification des sérums déjà signalée par MM. Gaté et Papacostas.
Il est à noter que les doses de formol utilisées restent très faibles, le taux maximum étant de 1/600, alors que la formol-gélification est produite par l'emploi d’une dose de 2 gouttes de formol du commerce pour 4 cc. de sérum. Les formol-floculations décrites par Papacostas et Gaté nécessitent d'autre part des doses encore supérieures. Les conditions d'observation sont toutes différentes : plusieurs jours à la température du laboratoire pour la formol-gélification ; enfin le phénomène de la gélification n’a jamais été observé au cours de nos recherches. Nous avons cependant entrepris des expériences de contrôle. Le temps nous a manqué pour les développer entièrement. Elles ont permis cependant les intéressantes constatations suivantes : la plus grande quantité des sérums ne flocule pas avec le formol aux taux de 1/500 et de 1/600. Très exceptionnellement une flocuiation légère peut être observée. Enfin quelques sérums surfloculant avec l’eau distillée nous ont montré un intéressant phénomène de zone. Le phénomène se présente dans les conditions suivantes : il s’agit de sérums surfloculant, avec l’eau distillée devenant franchement louches (réactions annulées par les tubes TIT de la ferro et IV de la mélano-floculation dans la pratique). Avec l’eau distillé formolée, la surfloculation n’est pas plus marquée que la surfloculation en eau distillée, ou même moins marquée, avec les taux forts de formol, par exemple de 1/100 à 1/300, elle est
plus marquée de 1/300 à 1/600, encore sensible avec les taux faibles 1/1.000. Bref, la floculation semble inhibée par un excès de l'un des réactifs, le formol, de même que dans la réaction entre le précipitogène et la pricipitine spécifique, la floculation est masquée par un excès d’antigène. Nous n'avons pu suivre à fond l'étude de ce phénomène de zone. Il nous paraît plein d'intérêt parce que le phénomène de zone est surtout le propre des réactions intercolloïdales. Or, ici, l’un des facteurs en présence, le formol, n’est pas un colloïde. Il ne s’agit pas de l’action d’une impureté. Nous avons eu soin de vérifier l'existence du phénomène sur un sérum sensible, avec une solution rigoureusement pure et neutre de formol, obtenue par distillation du trionyméthyiène.
Ainsi le formol se montre stabilisant aux doses fortes, floculant aux doses faibles, ceci seulement dans certains sérums, rares, surfloculant en eau distillée. Le phénomène est très complexe. IT suffit d’ailleurs, pour éliminer les chances d'erreur, de constituer les témoins de la mélano-fioculation avec de l’eau formolée aux mêmes taux que les dilutions antigéniques A et A’.
Le signe électrique de l'élément ferrique utilisé comme antigène peut également intervenir. On peut rappeler ici que Vernes avait utilisé primitivement un hydrate de fer colloïdal pour amplifier et mettre en évidence l’hyperfloculabilité du sérum syphilitique. De même peuvent agir les colloïdes hétérogènes non spécifiques que l’on trouve dans l’antigène mélanique, selon la loi qui veut que lorsque un colloïde peut en absorber un
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autre, et que les deux colloïdes sont de signe contraire, les deux colloïdes précipitent.
L'intervention de ces facteurs sensibilise à coup sûr Ja réaction. Mais elle tend à en diminuer la spécificité. Elle nécessite tout au moins la présence et la lecture attentive des témoins, à l’œil nu ou à l’agglutinoscope. Henry, d'ailleurs, est plusieurs fois revenu sur ce point et a longuement insisté sur la nécessité d'éliminer les réactions où on constate une surfloculation, même très légère, dans le tube témoin.
Nous pouvons signaler à ce sujet deux légers changements qui nous semblent nécessaires pour perfectionner la réaction : L'un consiste à utiliser dans les tubes témoins (n°° 4 et 6 de la mélano-floculation) de l’eau distillée ou faiblement salée, formolée aux taux des autres tubes de la réaction. Il nous paraît en second lieu préférable de préparer en eau salée, et non plus en eau distillée, l'émulsion mère de l’antigène destiné au tube 5° de la mélano-floculation et 4° de la ferrofloculation.
En face de ces facteurs non spécifiques se présentent d'autre part les facteurs propres de la réaction, homologues des pigments palustres, sels ferriques et pigments mélaniques. Leur action spécifique est probable. IH y a lieu cependant en ce qui concerne l'antigène mélanique de rappeler quelques données relatives au problème de la structure et de l’origine des mélanines.
LES MÉLANINES sont caractérisées par des propriétés générales : ce sont des corps noirs, insolubles dans l'eau, l'alcool, l’éther, le chloroforme et le sulfure de
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carbone. La potasse les dissout lentement avec dégagément d'ammoniaque. Les acides dissolvent également les mélanines. D’après Bruno Bloch et Schaaf, l'alcool en dissoudrait des traces, ainsi que la pyridine. Les mélanines sont fluorescentes à l’action des rayons ultraviolets, elles réduisent les solutions de nitrate d'argent et d'acide osmique. Elles sont décolorées par le chlore.
Ces caractères s'appliquent à toute une série de pigments : pigment palustre, pigment de la choroïde, de la peau, des cheveux, pigments tumoraux, etc. La composition chimique centésimale de ces deux pigments est assez variable suivant les échantillons et aussi. semble-t-il, selon les méthodes et les observateurs. Elles contiennent du carbone, de l'hydrogène, de l'azote, de l’oxygène, pour tous les pigments et aussi presque toujours le soufre (sauf le pigment choroïdien).
L'origine des pigments mélauiques a donné lieu à de nombreuses controverses. On discute encore pour savoir s’il y a identité ou diversité d’origine entre les divers pigments.
L'origine sanguine est universellement admise pour le pigment palustre, il apparaît évidemment lié à la destruction de l’hémoglobine. On discute au contraire sur l'origine de la mélanine cutanée, à laquelle la mélanine choroïdienne paraît bien apparentée. On a supposé jusqu’à la fin du dernier siècle que le pigment cutané était d’origine hématique. Une autre théorie fait dériver la mélanine d’un chromogène préexistant dans la peau, et qui serait voisin d'aminophénols tels que la tyrosine ou la dioxyphénylalanine (par abréviation dopa de B. Bloch), la tyrosine a été mise en évidence
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dans les pigments des crustacés décapodes (Vernes), la dopa dans les ailes pigmentées de certains insectes (Schnalfüss et Müller), dans les cocons d'insectes (Sata et Brecher). Le chromogène se transformerait en pigment par oxydalion et polymérisation sous l'influence d'une diastase qu'on à cherché à mettre en évidence. On a rencontré quelquefois chez les insectes une lyro- sinase, chez les vertébrés la présence de tyrosinase dans la peau est plus discutée. Bloch et Schaaf auraient mis en évidence chez un jeune lapin l'existence au niveau de la peau d’une diastase spécifique de la dopa, la dopase. Les méthodes histochimiques décèlent d'autre part lexistence dans la peau d’un ferment mélanogène
des coupes de peau imprégnées d’une solution de dopa à 4 ou 2 0/00 présentent après 24 heures des grains bruns histologiquement semblables à la mélanine. On objecte à la théorie précédente l'impossibilité d'extraire de la peau humaine, par les méthodes les plus sensibles, la dopa et la dopase. D'autre part, la {théorie hématique continue à être maintenue par certains auteurs, en particulier des auteurs italiens. D'après ces derniers, la mélanine viendrait de l’hémoglobine. Elle posséderait en effet un noyau pyrrolique, comme les porphyrines dérivées de l’hémoglobine, qui est pourvue d'un noyau tétrapyrrolique. Le pyrrol peut, en effet, être mis en évidence dans les produits de décomposition de la mélanine cutanée, mais en petite quantité. Les coupes de peau sont colorées par le pyrrol comme par la dopase, mais avec moins d'intensité. Quattrini a montré que des injections sous-cutanées de pyrrol chez le lapin provoquent des aires brunes du 9% au 18& jour. Elles
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n'apparaîsent jamais chez l’albinos ni dans les aires blanches des animaux pigmentés.
La question n'est, en somme, pas élucidée. Dejust, qui a consacré à la question un article très documenté, auquel nous empruntons ces détailes, termine en s’exprimant de la façon suivante
« En manière de conclusion, nous avouons notre « ignorance, et de la nalure exacte du pigment méla- « nique, et de son mode de production... Nous ignorons « la nature exacte du chromogène qui engendre ce « pigment. Quant.au processus qui détermine la for- « mation de la mélanine, on ne peut le considérer « eomme étant totalement élucidé. »
Les liens de parenté entre les diverses mélanines ne sont donc pas encore entièrement élucidés et l’antigène homologue employé dans la réaction ne peut pas, du fail des données actuelles sur la mélanogénèse, être encore considérée comme certainement spécifique.
D’après ces données, la réaction de Henry peut être interprétée de deux façons : ou bien il s’agit d’une hyperfloculabilité des sérums paludéens, analogue à celle qui a été constatée dans d'autres maladies infectieuses. Il s'agirait d’une hyperfloculabilité non spécifique des protéines sériques analogue à celle qui a été observée en présence de l’eau distillée par Klausner chez les syphilitiques.
Ou bien la réaction est endogénique et spécifique. Comme l’a dit M. le Professeur agrégé Le Bourdellès dans sa communication au sujet de cette réaction, la valeur d’une réaction de floculation ne peut être définitivement établie que sur le vu de milliers d'examens.
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Disons seulement que les résultats statistiques obtenus jusqu'à présent sont en faveur de la spécificité de la réaction. Disons aussi que chez quelques-uns de nos malades, que nous avons pu suivre en trop petit nombre à ce point de vue, la séro-floculation s’est montrée indépendante d’autres réactions sérologiques de floculation. C’est ainsi qu'un de nos malades, H.., en observalion pour splénomégalie volumineuse et irréductible, d’origine palustre probable, dont la mélano et la ferrofloculation étaient massivement positives, a donné avec les réactions de Vernes les chiffres suivants: Péréthynol, 0. Résorine, 51. La réaction de BW. et celle de Besredka étaient négatives.
En ce qui concerne la spécificité d'autre part, un fait essentiel doit être mis rigoureusement en évidence : la réaction due chez le paludéen à la destruction globulaire paraît vraiment spécifique. Il s’agit d’une spécificité non point vis-à-vis de l’hématozoaire, mais bien des protéines hématocytoclastiques en général. I est courant d’avoir des réactions positives dans les processus hématocyloclastiques. Ainsi s'expliquent certaines réactions faites par Henry dans les états anémiques intenses non paludéens, dans la leucémie myéloïde. Notons aussi à ce propos le fait signalé par Henry de deux choroïdites non palustres ayant donné une mélano-floculation posilive et une ferro floculation négative. Le temps nous a manqué pour ces recherches. Un sérum de malade atteint d’anémie pernicieuse, dû à l’obligeance de M. le Docteur Goyet, a floculé très légèrement en présence de Pantigène ferrique, et n'a rien donné en présence de l'antigène mélanique.