‹ Contribution à l'étude de la Séro-Floculation du PaludismeChapitre 20 sur 29 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Intérêt pratique de la Réaction

Bien que la réaction de Henry mérite encore d’être perfectionnée et précisée dans sa technique, elle paraît cependant susceptible d’ores et déjà d’être utilisée dans la pratique médicale. Son intérêt est à la fois d’ordre diagnostique, thérapeutique, épidémiologique.

1° La réaction de Henry et le diagnostic du paludisme

DANS LE PALUDISME PRIMAIRE, le frollis de sang sur lame donne des indications précieuses, l’hématozoaire est facile à trouver, à cause de son abondance et de sa présence constante. D’auire part, la réaction de Henry apparaît seulement à la fin de celte période. Elle ne sera donc utile qu’au bout d’une dizaine de jours.

DANS LA PÉRIODE SECONDAIRE, On voit seulement appa-

raître l’hématozoaire dans le sang périphérique au

moment de l'accès fébrile, dans l'intervalle des accès,

au contraire, les hématozoaires sont rares ou absents. La réaction de Henry est quelquefois négative pendant les accès. Ce phénomène, noté par Henry, a été retrouvé par nous à diverses reprises. Par contre, la réaction est généralement positive dans l'intervalle, même chez le malade soumis au traitement. Il apparaît donc que la recherche de l’hématozoaire de Laveran et la réaction de Henry se complètent utilement. On fera la séro-réaction en particulier quand on se trouvera en face d'un malade ayant eu des accès fébriles irréguliers et actuellement en période d’apyrexie. Elle orientera le diagnostic et fera faire de nouvelles recherches de l’hématozoaire. Il existe un paludisme larvé où les parasites sont difficiles à découvrir. La séro-réaction trouvera là une utilisation précieuse.

On pouvait se demander si la réaction se montrait positive dans le PALUDISME DES RAPATRIÉS, chez ces sujets bien étudiés il y a quelques années par le Professeur Rieux, impaludés gravement à Salonique, en Orient ou en Afrique du Nord, mais rapatriés précocement et non soumis comme les indigènes et les coloniaux à de multiples réinfections estivo-autumnales. D'après notre statistique, la séro-floculation est presque toujours négative chez ces malades. Il semble donc que la réaction ne peut servir à établir le diagnostic rétrospectif de paludisme dans tous les cas, mais seulement lorsque l’imprégnation pigmentaire a été intense et répétée. Sinon, le pigment s’élimine, les endo-anticorps ne survivent pas longtemps à la disparition de l'endogène, Comme la dit le Professeur agrégé Le Bourdellès : « Le paludisme est une infection à endogène labile, »

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