‹ Contribution à l'Étude de la Simulation et de l'Interprétation des Accidents du TravailChapitre 5 sur 21 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

De la fréquence de la simulation,

Il est instructif pour s’éclairer sur cette question de considérer ce qui s’est passé en Allemagne où la loi sur les accidents du travail est appliquée depuis le 6 juillet 1884, c’est à-dire depuis vingt-quatre ans. Au début les craintes élaient vives : un grand nombre d'ouvriers, pensait-on, allaient être poussés à feindre des troubles morbides d'origine traumatique. On ne parlait même déjà rien moins que de démoralisation de la classe ouvrière. Dans les premières années les auteurs allemands

donnèrent des chiffres alarmants, notamment à propos des névroses traumatiques;la proportion de simulateurs s'élevait, disaient-ils, à 25, 30 ou mème 36 0,0. Depuis, ces craintes se sont calmées et Bruns donne maintenant comme chiffre maximum 8 0/0.

« ILest curieux à cet égard, dit Sand (1), de feuilleter 1. Dr René San. La simulation et l’interprélalion des accidents du travail. Paris. Maloine, 1907.

| — 14 — « la collection du Monastsschrift für Unfallheilkunde « recueil mensuel consacré exclusivement àla médecine

« des accidents du travail.

«La première année (1894) on n'y parle que de simu- « lation, plus de vingt articles traitent ce sujet, les rédac- « teurs prévoient que la tromperie viciera complètement « l'application de la loi. Petit à petit ces craintes se « calment, les articles sur la simulation se font de plus

« en plus rares, et en 1900 déjà le professeur Thiem,

, « rédacteur en chef du recueil, imprime :

« De l'avis de tous les anteurs éclairés, la simulation

« est rare en général aussi bien qu'a l'armée. »

L’histoire de la simulation dans les accidents du travail est exactement la même en France qu’en Allemagne, et maintenant que la loi est vieille de dix ans, maintenant que patrons et ouvriers connaissent chacun. leurs droits et leurs devoirs,que les exemples de simulateurs démasqués et, sinon punis (puisque les tribunaux n'ont jamais voulu admettre que la simulation était une escroquerie,en dehors des cas où elle se complique, par exemple, de faux témoignage à propos d'un accident simulé, etc.), du moins déboutés de leurs demandes injustifiées, ont porté leurs fruits,nous pouvons dire avec le professeur Thoinot : «Rien n’est plus rare que la véritable simulation. » Toutefois nous serons forcé d'adopter aussi sa restriction et de citer en y souscrivant pleinement la fin de sa phrase: « Rien n'est plus commun que l’exagération. »

C’est qu'il est réellement difficile de bien simuler, et

MUR peu de « sinistrés >» sont assez habiles et assez tenaces

pour y réussir. Nous allons essayer de voir com-

L \! i m ent le médecin expert pourra établir un juste dia-

gnostic.

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