‹ Contribution à l'Étude de la Simulation et de l'Interprétation des Accidents du TravailChapitre 7 sur 21 · OR, EE · texte numérisé non relu

OR, EE

matisme, de sa maladie, des symptômes qu'il éprouve, procéder à un contrôle minutieux de la véracité de ces dires. Le récit du malade l’aura déjà bien souventéclairé ; bien souvent on sent la leçon apprise et récitée imperturbablement, parfois des termes techniques, mème s’ils arrivent à propos et ne sont pas employés à contre-sens, auront averti le médecin qu'il a affaire à un homme qui a étudié sa maladie, qui cherche à la présenter sous le jour le plus sombre, qui a même parfois été aidé dans son travail d’exagération ou de simulation par un de ces médecins vraiment peu dignes de ce nom, qui se sont fait une triste spécialité de l’exploitation des accidents du travail. Beaucoup d’auteurs ont indiqué les signes auxquels on peut, dans les diverses maladies, reconnaître la simulation, et ils sont nombreux. Nous ne referons pas, après nos maitres, l'exposé de tous ces signes; nous nous cantenterons de räppeler qu’en cas de doute, le médecin expert a le devoir d'épuiser tous les moyens de diagnostic licites, et ne conciure que lorsqu'il aura acquis une certitude absolue. | 3 Rien ne le force d’ailleurs à conclure par une affirmation ; on n’exige pas de lui qu'il dise : il y a simulation, ou : il n’y a pas simulation. « À notre avis, dit « Sand, il est plus loyal et plus scientifique d’avouer : « son doute que de se baser sur des présomptions incer- « taines. Cette dernière façon de faire engendre ces « débats pénibles dans lesquels un expert affirme for- « mellement au nom de la science ce que son collègue

« nie avec la même énergie.»

APN T° AR Un autre principe excellent à suivre est le suivant : on ne devra jamais rejeter une donnée fournie par le malade pour le motif qu’elle ne cadre pas avec les con-

naissances médicales actuelles.

… Et en effet, chaque jour la science médicale fait des progrès et ce qui paraît invraisemblable aujourd’hui peut devenir vérité demain. On doit donc être très circonspect et dire avec le professeur Thoinot : « Il est toujours bon de se montrer prudent en expertise et de se rappeler que la croyance à la simulation peut parfois résider dans notre ignorance d’un état morbide réel, mais ne correspondant pas aux cadres actuels de la nosolgie, et que ce qui est simulation aujourd’hui dans notre esprit sera demain une affection universel-

lement acceptée. ». al

Nous citerons encore un conseil de Sand : lorsque

l’on trouve des signes indubitables d'une affection réelle, la simulation ne doit pas être complètement écartée. Le sujet peut exagérer ou feindre. De même, Ja simulation étant démontrée, il faut se souvenir qu'elle ne constitue pas un brevet de santé, et qu’une maladie peut exister en dépit de la simulation. Et il cite à l'appui un cas de Schæffer :

Un sujet atteint de hernie fait une chute qui provoque une contusion de l’épaule. Le blessé attribue sa hernie, incontestablement ancienne, au traumatisme ; il se plaint de douleurs et d'impotence de l’épaule. Ses prétentions sont repoussées aux trois instances ; le dernier jugement l’accuse de simulation et déclare guéries les lésions de l'épaule. PIE mois après on constate une

sSynovite adhésive manifeste avec craquements. il M avait donc coexistence de troubles simulés et de troubles réels. x

De tels conseils de prudence sont particulièrement bons à suivre dans le diagnostic des névroses traumatiques, dont la variété infinie et les manifestations souvent bizarres et invraisemblables peuvent faire admettre la simulation par le médecin qui n’est pas accoutumé à leur observation. Il faut toujours que l'expert se dise avec Wilbrand : De

< En aucun cas je n’ai le droit d’accuser un homme de simulation lorsque je ne puis fairela démonstration

objective de cette assertion. »

Page 1