SYMPTÔMES ET DIAGNOSTIC
À. — Sinusites :maxillaires secondaires à un traumatisme Re récent
Il s’agit le plus souvent d’un traumatisme direct. Un blessé se présente à nous porteur d’une ou plusieurs plaies pénétrantes de la région jugo-malaire et des parties molles avoisinantes. Parmi des délabrements qui peuvent être considérables, le corps vulnérant à pénétré jusque dans le sinus, soit à travers la fosse canine, soit à travers sa paroi interne par le mécanisme que nous’ venons d'indiquer. Les symptômes sont alors superposables à ceux présentés par un blessé de guerre et nous renvoyons le lecteur aux très nombreux artieles spéciaux qui ont été publiés sur cette cuestion pendant et depuis la dernière guerre, | j .. Il est rare que les blessés par traumatisme indirect viennent consulter le spécialiste. Sous des parties molles ‘ædématiées, les fractures ou fêlures des paroïs sinusiennes passeront au second plan, l’hémorragie nasale sera inise sur le compte d’une lésion septale (souvent concomitante d’ailleurs) et tout rentrera dans l’ordre les lésions sinusiennes n'ayant même pas été soupconnées, à moins -que l’effraction de l’antre d’'Highmore n’ait mis
Te
sa muqueuse en état de moindre résistance, auquel cas infection sinusienne tardive amènera le malade chez le rhinologiste dans les conditions que nous allons décrire.
B. -— Sinusites maxillaires secondaires à un traumatisme ancien
Pareils malades se présentent au spécialiste en formulant les mêmes plaintes que les porteurs de sinusite: banale: céphalées, névralgies, décharges de pus, enchifrènement, etc. Il est rare qu’ils parlent de leur traumatisme dont ils sont bien loin de soupconner les néfastes effets.
Il faut done, en présence d’une smusite chronique, rechercher, au eours de l’interrogatoire, dans le passé du malade s’il n’a pas été victime, à une époque plus ou moins lointaine, d’un choc, d’un traumatisque quelconque ayant, peu ou prou, intéressé le massif facial.
La palpation, uon plus que l’examen des parties molles, ne donnera aucun renseignement précis à moins qu’un toucher digital minutieux du sillon gingivo-jugal ne révèle l'existence, au niveau de la fosse canine d’un cal ou d’une fêlure osseuse. Ce toucher pourra être douloureux.
A la rhinoscopie antérieure, comme aussi bien à la rhinoscopie postérieure, la fosse nasale apparaîtra bourrée par les cornets hypertrophiés et parmi ces amas de muqueuse rouge, boursouflée, se verront des traînées de pus, dont il sera facile, la cocaïne aidant, de révéler la source.
Nous avons accoutumé, à l’école de notre maître, M. le professeur Mouret, de ne point faire la ponction diagnostique diaméatique, mais bien le lavage à la sonde d’Itard à travers l’ostinm maxillare par le méat moyen. Cette manœuvre, dont la technique est très simplifiée, réussit
male
dans la grande majorité des cas. Pas plus douloureuse pour le malade que ne l’est la ponction au trocart de Lichwitz, elle nécessite cependant un certain entraînement de la part du spécialiste. 5
Le lavage au sérum artificiel ramène done du pus. On s’assure par un examen attentif du méat moyen ainsi que: par la vérification des divers signes classiques, sur les quels on nous permettra de ne pas insister, que le pus vient bien du sinus maxillaire, qu’il n’y à point d’empyème proprement dit et que l’infection highmorienne est bien seule, nettement localisée. Cette & revue » du méat moyen et ses diverses gouttières qui y aboutissent: gouttière de l’unciforme, gouttière bullaire, sera parfois rendue délicate par le rejet des cornets ethmoïdaux et du cornet ioyén vers le septum nasal et par l’hyperplasie de la mu- aqueuse, encore que dans ces sortes de suppurations de l’antre maxillaire, on ne trouve presque jamais le méat | | moyen. encombré de polypes. = |
De tous les procédés dits « classiques » de dada ttes Ja transillumination est certainement la plus efficace et il est nécessaire de compléter l’endoscopie nasale par un passage à la chambre noire. Mais il faut, dans le cas particulier, tenir compte de ce fait que la paroi antérieure du sinus épaissie par un cal sera rendue encore plus opaque
Quoi qu’il en soit, le signe de certitude de sinusite chronique est, de ce fait, le rejet du pus par le lavage hors du méat moyen une fois que la fosse nasale aura été bien nettoyée et débarrassée du pus qu’elle contenait.
Le diagnostic différentiel de la sinusite maxillaire chronique traumatique d’avee la sinusite banale, sera souvent fait en cours d'opération lors de la découverte des lésions osseuses anciennes comme cela s’est produit dans notre observation VIT.
. CHAPITRE VI PRroNosTIc
La sinusite maxillaire traumatique ne comporte pas en. soi de pronostic gravé. L’avenir d’une’ infection sinusale déclenchée par un trauma quelconque, sera identique à celui de toute autre infection de l’antre d’Highmore à condition de pratiquer une cure radicale, de la bien »raliquer et surtout de lPappliquer à temps. Ces conditions étant remplies, le malade guérira sûrement. |
Mais dans les cas de délabrements considérables 1u massif facial, des organes importants, tels que les vaux, peuvent être intéressés par le traumatisme, d’autre part les fractures peuvent s’irradier de la face vers la base du crâne et de ces possibihtés, il résulte que le pronostic doit toujours être réservé. : |