INTRODUCTION
Tout récemment, pendant notre stage dans le service de M. le professeur Carrieu, nous avons eu la bonne fortune d'observer un cas de spléno-pneumonie très différent par ses prodromes, ses signes cliniques et son évolution, de la maladie isolée par Grancher il y a quelque 20 ans. Le professeur de Paris, qui en donne une description magistrale, a certes rendu un remarquable service aux praticiens, en les mettant en garde contre les prétendus signes pathognomoniques de la pleurésie avec épanchement; il faut reconnaître cependant que les descriptions contemporaines s’écartent souvent par nombre de côtés du type de Grancher et que cette entité morbide nouvelle, considérée comme excessivement rare au début, mise en doute même par certains jusqu'après le travail de Bourdel, devient actuellement, d'après nombre d'auteurs, une des affections pulmonaires les plus courantes.
Comment expliquer ce revirement d'opinion ?
M. Grancher aurait-il donné de la maladie qui porte son nom une description trop rigoriste, l'enserrant dans un cadre d'une étroitesse digne d'un ouvrage didactique? Faut-il admettre plutôt que par la suite on a englobé sous la dénomination de spléno-pneumonie certaines congestions pulmonaires à symptomatologie un peu voisine de la maladie de (Grrancher ? Ou bien devons-nous reconnaître avec le professeur Lemoine (de Lille) que la grippe, depuis l'époque des grandes épidémies, a modifié complètement les types cliniques des affections pulmonaires? Nous enregistrons simplement le fait, sans rechercher quelle part revient à chacune de ces trois hypo-
thèses.
YUI
Dans ce travail nous publierons in extenso la très intéressante observation recueillie dans le service de M. le professeur Carrieu, par MM. Romant et Guignot, chéf de clinique“ et interne du service, et que ces messieurs ont bien voulu nous communiquer. À
Ce cas de spléno-pneumonie, comme nous le verrons, semble procéder d'une étiologie spéciale: Nous en profiterons pour nous livrer à une modeste discussion à ce sujet. La bactériologie de la maladie ce (trancher et des congestions pulmonaires en général sera pour nous un second point à développer.
Enfin, après avoir signalé brièvement les différences existant entre les signes cliniques du cas observé et la description type, nous insisterons plus particulièrement sur un fait déja mis en lumière par d'autres auteurs, sur la coexistence possible de la spléno-pneumonie et d'un épanchement pleurétique qui, chez notre malade, comme dans un autre cas déjà signalé par Faisans, fut une pleurésie méta-splénopneumonique à streptocoques.