HISTORIQUE ET DÉFINITION
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Qu'est la spléno-pneumonie? Quelle place lui attribuer au sein des diverses pneumopathies ? Est-elle simplement un mode d’une affection plus générale à formes cliniques isolables, ou bien nous est-il permis, d'après sa symptomatologie et son évolution, d’après surtout les Tésions anatomo-pathologiques, d'en faire une entité morbide nettement définie, avec ses signes pathognomoniques et son individualité propre ?
Nous ne pouvons mieux faire à ce propos que de laisser tout d'abord la parole à M. le professeur Grancher, qui en 1883 décrivait le premier la spléno-pneumonie : « Entre la congestion pulmonaire simple, nous dit-il, ou maladie de Woillez, et la pneumonie lobaire franche, à côté de la pneumonie subaiguë, il existe un état morbide
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du poumon qui simule une pleurésie avec épanchement moyen, et qui mérite une description et une dénomination spéciales. » |
M. Grancher semble donc pour ainsi dire Jalonner la distance séparant la congestion de Woillez et la pneumonie classique en un point à peu près équidistant de l’une et de l’autre, et réclame naturellement l'autonomie pour le nouveau type qu'il ajoute à la pathologie pulmonaire.
Son élève, M. Bourdel, dans sa thèse inaugurale, en 18S6, tout en reconnaissant qu'il a une part importante à attribuer à la congestion, pense qu'il s'agit surtout d'une broncho-pneumonie aiguë où subaiguë suivant les Cas, pouvant même passer à l’état chronique, et dont le: substratum anatomique parait être la splénisation. Et M. Bourdel fait de la maladie de Grancher. d'après les lésions nécropsiques qu'il décrit, une pneumonie d'une nature Spéciale, qu'il dénomme pneumonie épithéliale. |
Quervrat, au contraire, semble regarder simplement la Spléno-pneumonie comme une forme de conges{ion pulmonaire ; il oppose à la maladie:de Woillez (congestion pulmonaire à forme de pneumonie) la maladie de Grancher (congestion pulmonaire à forme de pleurésie) et semble n'admettre d'autres lésions qu'une congestion interne et lotalisée du poumon. Les lésions anatomopathologiques constatées au pelit nombre d'autopsies qui ont pu être faites (la spléno-pneumonie étant une affection essentiellement bénigne) ont donné des résultats trop contradictoires pour qu'il soit permis de trancher le différend d'une facon définitive.
Queyrat (1) en relate justement trois cas, dont l'un
(1) Queyrat. — Gazette des hôpilaux, 18 juin 1892.