‹ Contribution à l'étude de la Spondylite TyphiqueChapitre 4 sur 32 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

ÿ, K Ce petit travail est roins une œuvre scientifique qu'un hommage à l’école d'Alger.

Il était juste qu'un de ses élèves consacrât sa Thèse inaugurale à la question de la spondylite typhique dont on peut presque dire qu'elle est, pour ce qui concerne la France tout au moins, la mère.

Ce sont MM. Curtillet, chef de service de la Clinique chirurgicale infantile d'Alger, et Lombard, son interne, qui furent les. premiers observateurs français à poser le diagnostic de spondylite typhique. Cette observation princeps paraissait le 12 août 1911 dans la Province Médicale. Le même jour, le Progrès Médical publiait une observatian de MM. Ardin-Delteil et Max Coudray. Ces auteurs reconnaissent d’ailleurs « que tout le mérite de la priorité revient à l'observation de MM. Curtillet et

* Lombard; c’est grâce à la connaissance de celle-ci

qu'ils ont pu à leur tour asseoir leur conviction. »

Mais il ne s'agissait pas que de publier des obser- - vations isolées; il fallait prendre la question à la base, la traiter complétement et l’enseigner à un publie médical qui l'ignorait entièrement. C’est l’œuvre qu'entreprit M. Ardin-Delteil. Sa communication à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, ses articles du Progrès Médical, du Paris- Médical, de la Province Médicale, du Bulletin Médical de l'Algérie, de la Revue internationale de Médecine et de Chirurgie, vulgarisèrent la notion de la‘vulnérabilité des vertèbres au bacille d'Eberth. Enfin un article magistral (1), paru dans le Journal Médical Français du 15 décembre 1912, donnait une étude complète de la question des spondylites.

(1) En collaboration avec MM. Maurice Raynaud et Max Coudray.

Naus n'avons pas l'intention de rééditer comme une nouveauté les notions si bien acquises et formulées par M. Ardin-Delteil. Notre rôle sera plus

modeste. " | rs En 191%, Barthe a réuni toutes les observations parues à l’époque; nous allons de même réunir et. présenter les . observations. éparses dans la litté-. rature médicale depuis 1914. Nous apporterons aussi trois observatians inédites : nous avons eIb effet eu l’occasion d'observer à Alger, tant à l’'hôpital qu'en ville (), trois cas de spondylite typhique.:. NT ee EN EPA en La publication de ces ‘observations sera naturellement précédée d'une courte revue d'ensemble de la question, où nous nous efforcerons de préciser. quelques paints d'anatomie pathologique et de thérapeutique. Pour terminer, ‘une. bibliographie que nous avons faite aussi complète que possible, permettra de se faire une idée de l’état de nos connaissances sur la spondylite typhique en 1926.

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4) Le premier de ces cas a été observé à la clinique AR médicale durant l'été 1924. Le docteur Azoulay, chef de clinique, faisant alors fonction de chef de service, | a. nous à permis d'observer à loisir ce malade. C'est lui EN aussi qui nous à autorisé à observer le dérnier cas 41% chez un malade de sa clientèle privée. Qu'il trouve ici nos remerciements. 13

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paternité en revient aux Américains.

L’ école d’Alger ne ut: à vrai dires que la marraïne de la question de la spondylite typhique. La Gibney, de New-York, identifia le premier la maladie et la décrivit en 1889 sous le nom de fyphoine spine, dans une communication à « l'American crthopedic Association ». L’année suivante, plusieurs auteurs américains en publièrent des observations. ie Gibney avait, dès le début, fort bien vu quil

+ s’agissait d’une lésion matérielle, d’une « inflam- Si - mation du périoste et des ligaments fibreux ». Mais cela n’empêcha pas que cinq ans plus tard, Osler, autre auteur américain se mît à considérer laffec-

ne tion comme une névrose. Cette opinion est aujour-

sion de parler en temps et lieu.

d’hui naturellement infirmée par les études radioloiques. Cependant, il est intéressant de noter qu’il en subsiste dans l’esprit de certains cliniciens de vagues survivances: ainsi les travaux de Taquet, de Chiray et Roger, dont nous aurons l’occa-

544 En 1899, Quincke en Allemagne, découvre à nou- \ veau la spondylite; son élève Klein, les docteurs

Fe - Kônitzer, Schanz, Neiïsser, Kühn en publient des | observations .Puis, les observations continuent à

paraître en Europe centrale et en Russie. Mais il faut arriver en 1902 pour voir les premiers cas en Europe occidentale. Ils sont dûs à Pallard (Suisse Romande); l’un d’eux se rapporte à un cas observé dans la famille du Professeur Bar. Cependant, et

malgré de bonnes études d'ensemble de Lowett et

Withington, Silver, Halpenny, Potter, Frick, Fleiss, Labeyrie et Lance, ce n’est qu’en 1911 (1) que pa-

(4) En 1905, MM. Raymond et Sicard avaient publié

sous le nom d'épidurite suppurée éberthienne l'observation d'une affection qu'ils reconnurent plus tard avoir été une spondylite. Mais le diagnostic n'avait pas été

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raissent les premières observations françaises. Ce

sont celles de MM. Curtillet et Lombard, Ardin-

Delteil et Coudray.

Puis les observations françaises se multiplièrent et des revues générales de la question virent le jour. Citons parmi elles l’article de MM. Ardin- Delteil, Raynaud et Coudray, dans le Journal Mé-

dical Français du 15 décembre 1912, la thèse de.

Bonhoure, la thèse de Barthe (1914). Ce dernier auteur publie 76 observations de spondylite ty-

phique, dont 12 françaises (sans compter celle de.

Raymond et Sicard). Il a malheureusement oublié l’article de Rogers, les observations de Fried, de Chatin et Rendu, d’Elkin et Halpenny, de Courklein et la clinique de Kirmisson en 1913. Son travail étant sérieux, nous nous garderons d’y revenir et de republier les observations qu’il a grou-

pées; nous nous contenterons de le faire pour cel-

les qu’il a omises et celles qui ont suivi la parution de son travail (1). LA ù

Ce sont celles de d’Astros et de Job en 1914, les

quatre de Cannet, celles de Wilson, de Franchi et de Rugh en 1915, celle d’Izac en 1918, les trois de Taquet, les deux de Lance et Jaubert, celle de Zerbino et celle de Worner en 1919, celle de Boot en 1920, les quatre de Dufour et Guyard, les deux de Sicard et Robineau, celle de Bureau et Marchand en 1921, les deux de Boot en 1922, les trois de Sabrazès en 1993.

Cela fait un total de 109 observations publiées. Nous apporterons nous-mêmes trois cas nouveaux, ce qui fait 112. Il.est probable que plus d’une observation a dû échapper à nos recherches (particulièrement pour les années de guerre 1916-1917-

1918). Cependant nous gardons la conviction que

le nombre des observations publiées ne dépasse pas de beaucoup la centaine. “4

(2) Tout au moins celles que les ressources de la

Bibliothèque universitaire d'Alger et de l'Association corporative des Etudiants en médecine nous auront permis de retrouver. ;

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