DIAGNOSTIC
Nous serons très bref sut ce chapitre.
* De ce que nous avons dit, il ressort que le diagnostic de spondylose rhizomélique repose sur les éléments suivants :
1° CLINIQUEMENT .
Ankylose à peu près complète de la colonne vertébrale et des articulations de la racine des membres, les petites articulations restant intactes, le tout apparaissant chez un adulte jeune et ne donnant jamais lieu à une gibbosité vraie.
2° RADIOGRAPHIQUEMENT.
L'absence de déformation des corps vertébraux, les bandes d’ossification ligamentaire, la décalcification squelettique ne permettent pas, en général, d’hésiter.
Si l’on admet que le traitement basé sur la notion étiologique puisse avoir quelque influence, c’est au début de l’évolution qu’il serait important de faire le diagnostic. Il faut malheureusement avouer que celui-ci est à peu près impossible. En effet, dans la plupart des cas, la maladie n’est pas reconnue ; les douleurs, qui sont le principal symptôme, sont attribuées à des névralgies ou bien, comme dans l’une de nos observations, on porte le diagnostic de mal de Pott.
Ce n’est que longtemps après le début, lorsque l’ankylose et, par suite, la courbure rachidienne sont déjà en partie constituées, qu’une radiographie lève tous les doutes.
Un certain nombre de syndromes peuvent simuler la spondylose :
a) Le rhumatisme vertébral chronique. — Celui-ci apparaît chez des sujets qui ont dépassé la quarantaine, et dont le rachis s’immobilise incomplètement en cyphose.
Les signes radiographiques : vertèbres déformées en diabolo, avec « becs de perroquets », sont caractéristiques.
b) La camptocormie, dont nous avons vu les rapports possibles avec la spondylose rhizomélique, s’en distingue par son caractère purement fonctionnel, l’absence complète de signes radiologiques et l’influence favorable de la psychothérapie.
c) Nous dirons un mot de la spondylose rhumatismale, variété signalée par Forestier qui l’attribue à l’arthrite des petites articulations apophysaires. Léri pense qu’il s’agit d’une forme atténuée de rhumatisme vertébral n’évoluant pas toujours vers l’ankylose.
d) La cyphose hérédo-traumatique se distingue mal à première vue de la spondylose rhizomélique, lorsque celle-ci apparaît après un traumatisme. Cependant, il s’agit en général de sujets âgés, déjà plus ou moins voûtés, ou présentant dans leurs antécédents héréditaires une tendance à la cyphose. A la suite d’une chute apparaît une cyphose très marquée avec des douleurs vives ; puis, après un intervalle libre de quelques mois pendant lesquels le sujet se tient quelquefois plus droit qu'auparavant, se constitue une gibbosité dorsale à petit rayon. Cette évo-
lution en deux temps, séparés par.un.intervalle libre, est très caractéristique ; de plus les clichés montrent-l’existence de néoformations osseuses moniliformes dans la concavité du rachis.
e) Enfin, nous ne ferons que signaler la duplhicature champêtre, la cyphose sénile, et certaines cyphoses symptomatiques que l’on peut rencontrer dans quelques affections telles que :
L’acromégalie.
La maladie osseuse de Paget.
La syringomyélie, etc.
De même, les pseudo-ankyloses par contractures, facilement réductibles, seront d’un diagnostic facile.
C’est à dessein que nous avons laissé de côté toutes les affections qui s’accompagnent d’une gibbosité vraie, celleci suffisant à les différencier de la spondylose rhizomélique.