‹ Contribution à l'étude de la sténose trachéaleChapitre 15 sur 29 · Cancer · texte numérisé non relu

Cancer

Le seul procédé de valeur dont dispose le laboratoire pour diagnostiquer le cancer est l’examen biopsique. Nous en étudierons succecssivement la technique et les résultats.

EXAMEN BIOPSIQUE.— 1° TECHNIQUE. — L'anatomopathologiste ne pouvant décrire que la structure du fragment qu’on lui donne et rien autre chose, il faut par conséquent lui envoyer à examiner un fragment convenable. Trop souvent on envoie au laboratoire une raclure de muqueuse enlevée n’importe où et n’importe comment. Or, pourqu'il soit possible de faire un diagnostic microscopique exact, il est indispensable de pouvoir orienter la pièce de façon à en faire des coupes montrant les di-

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vers plans de la surface à la profondeur, les rapports des tissus entre eux,l'ordonnancement cellulaire. 11 convient donc de prélever le fragment à examiner au bon endroit, c'est-à-dire exactement au niveau de la tumeur, et de ne lui taire subir par l'instrument préhenseur aucune compression ni aucune dilacération capable d’en altérer la structure.

On doit donc, comme le fait si bien remarquer Georges Portmann dans le Paris médical du 4 septembre 1920, « être guidé par les considérations suivantes : avoir une anesthésie parfaite, un éclairage suffisant, des instruments adéquats.

1° L’asthénie sera obtenue par un simple badigeonnage au 1/10 de cocaïne adrénalinée; elle doit être complète si l'on ne veut pas être gêné par les réflexes du malade pendant la prise.

2° L’éclairage sera assuré de façon à pouvoir examiner et délimiter aussi nettement que possible la région malade afin de faire une prise en pleine tumeur.

3° On se servira d’un instrument susceptible d'agir, autant que possible, sans écraser n1 arracher le fragment. »

Ne pouvant agir avec le bistouri qui est l’instrument de choix, il nous faut choisir celui qui est le plus apte à une section nette, c'est-à-dire une pince trachéale à l’emporte-pièce.

Le fragment ainsi prélevé subira au laboratoire les méthodes ordinaires d’inclusion et de coloration.

2° RESULTATS. — Le microscope permettra de diagnostiquer l’uñe ou l’autre des deux variétés de tumeurs malignes de la trachée, c’est-à-dire l’épithélioma ou le sarcome.

a) Epithéliome. — L'’épithéliome se présentera sous l'aspect d’une tumeur résultant d’une prolifération abondante et désordonnée des cellules épithéliales douées de propriétés anormales, en particulier de celle de pénétrer par effraction dans les espaces du tissu conjonctif vasculaire et de pouvoir s’y multiplier sans limite.

Les différentes variétés d’épithéliomas de la trachée sont :

a) Les épithéliomes du type cylindrique stratifié, développée aux dépens de l’épithélium trachéal ou bronchique.

b) Les épithéliomes pavimenteux, développés aux dépens des

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kératinisations pathologiques de l'épithélium trachéal ou bronchique. É

a) Les premiers se caractérisent par le développement au sein du tissu conjonctif de cavités néo-glandulaires tapissées par une ou plusieurs couches de cellules épithéliomateuses cylindriques plus ou moins typiques. Ces cellules peuvent prendre des formes extrêmement capricieuses et transtormer ainsi la tumeur épithéliomateuse en carcinome.

b) Les seconds comprennent eux-mêmes : a) les épithéliomes pavimenteux lobulés à globes cornés, et b) les épithéliomes pavimenteux tubulés à cellules basales.

L'épithéliome pavimenteux à globes cornés, dont Ménétrier et Friedlander ont rapporté des exemples, sera reconnu à ses cellules polyédriques à gros noyau rond, disposées en lobes ou en lobules entourés d’un Stroma conjonctif abondant. Par places, dans ces amas épithéliaux on voit une orientation concentrique des éléments cellulaires et au centre un globe arrondi, formé de cellules emboitées à la manière des écailles d’un oignon et qui donnent à l’examen les réactions colorantes de la substance cornée. |

Dans l’épithéliome pavimenteux tubulé à cellules basales, les lésions sont les mêmes, mais les cellules épithéliomateuses ne forment jamais en aucun point de globes épidermiques.

b) Sarcome. — On peut observer toutes les variétés de tissu sarcomateux : à cellules rondes, à cellules fusiformes, à myéloplaxes et à pigments mélaniques, reconnaissable à ses caractères ordinaires.

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