Cultures
° 4. Sério-diagnostic.
A — Sporotrichose.
1° Examen biopsique. La lésion la plus caractéristique est le nodule élémentaire dans lequel on trouve réunies trois réactions plus ou moins distinctes ou mêlées (Gougerot). Au centre, on trouve un abcès avec polynucléaires et macrophages; à la partie moyenne, des cellules épithélioïdes et des cellules géantes; à la périphérie une réaction banale lympho-conjonctive avec plus ou moins de sclérose. On voit combien cette lésion élémentaire est peu caractéristique et ressemble à celle que peuvent produire la tuberculose et la syphilis. Seule la culture du parasite ou les examens des réactions sanguines peuvent permettre un diagnostic précis de cette affection mycosique; l'examen histologique seul est absolument insuffisant.
2° Examen bactériologique. L'examen microscopique des lésions, ici, ne donne guère de renseignements car le parasite est difficile à déceler, contrairement à ce que l’on observe dans l'actinomycose. Il se présente sous torme de masses courtes, oblongues, de 3 à 5 de iong sur 2 à 3% de largeur, que l’on distingue mal des débris de ieucocytes et de protoplasma.
Les colonies au contraire obtenues sur les milieux de culture sont caractéristiques sans aucune préparation. On y voit le parasite avec ses longs filaments, de 2, environ de large, cloisonnés, irrégulièrement ramifiés. Les spores ovoiïdes ou piriformes, de 3 à 4 » sur 5 à 6 » , s'attachent un à un, isolément, sur le filament par un court pédicuie.
3° Cultures. Le sporotrichum ne pousse pas ou pousse mal sur les milieux usuels; mais il pousse bien sur les milieux sucrés, en particulier sur la gélose-giucosée-peptonée de Sabouraud.
Par raclâge du fragment prélevé on recueille quelques gouttes
FT ER de pus ou mieux on dépose une parcelle de ce fragment sur le milieu de culture. Le diagnostic peut se faire à l'œil nu, car les colonies ont un aspect pathognomonique; elles apparaissent du 4 au 12° jour. Ce sont des colonies blanches, puis brunes, enfin brun-chocolat, caractérisées par leur teinte, leur plissement, analogue aux reliefs des montagnes ou aux circonvolutions cérébrales, l’auréole qui les entoure.
La méthode de Gougerot ou « artifice de la coulée de pus sur le verre sec » permet d'obtenir une culture plus rapide.
4° Séro-diagnostic. Découvert par Widal-Abrami, il se fait suivant une technique identique à celle du séro-diagnostic de la fièvre typhoïde. La seule particularité se trouve dans la préparation de l’émulsion des spores qui doivent servir à rechercher l’agglutination. Il faut, d’autre part, faire des dilutions multiples et à un taux très élevé de 1/50 à 1/1000. Ces essais à taux variables ont une importance capitale, parce que le sérum des maiades atteints d’autres mycoses agglutine aussi les spores de sporotrichose, mais à un taux plus faible.
L’émulsion de sporotrichose est agglutiné en 15 à 20 minutes par le sérum d’un sporotrichosique jusqu'à 1/1.500, en moyenne 1/400; le sérum d’un actinomycosique jusqu'à 1/150.
B — Actinomycose.
1° Examen biopsique. À l'examen histo-pathologique les 16sions peuvent être celles d’un processus d’inflammation chronique caractérisé par une abondante prolifération du tissu conjonctif sans nécrose, laissant planer le doute sur leur nature et pouvant faire croire à un sarcome à cellules rondes. Mais le plus souvent la lésion se manifeste sous la forme d’un abcès à évolution subaiguë accompagné d'une zone de réaction plus ou moins étendue. Ce nodule est typique et permet un diagnostic de certitude: il est formé, en effet, à son centre, par le parasite à l’état de mycélium recouvert ou non de massues et à sa périphérie par une première couche de leucocytes et de cellules conjonctives et une deuxième de tissu de granulation,
2° Examen bactériologique. On doit examiner au microscope les grains jaunes ou, à leur détaut, une gouttelette de pus sans coloration, puis en colorant.
a) Examen sans coloration : Après avoir ajouté à un grain jaune ou. à un peu de pus une goutte d'acide acétique au 1/10, on aperçoit les globules de pus et le parasite formé essentiellement de deux parties.
Au centre, l’élément principal, un enchevêtrement de filaments, le mycélium; il existe dans les lésions jeunes.
Autour, on peut voir des filaments renflés en massues ou crosses volumineuses. Ces massues sont rangées en rayons, en étoiles : d’où le nom d’actinomycoses donné au parasite. Elles ont de 10 à 2 de iong sur 8 à 10 y de large.
b) Examen avec coloration : Pour colorer, on étale sur lame, on fixe par la chaleur ou l'alcool. La méthode de Gram avec recoloration par l'éosine, donne les meilleurs résultats. Les spores du mycélium, qui prennent de Gram, sont colorés en violet. Les crosses qui ne prennent pas le Gram sont roses par l’éosine.
3° Culture. Elie est possible, en particulier, sur gélose glycérinée, mais c’est un procédé compliqué, l'isolement du parasite étant difficile. Aussi le diagnostic doit-il se faire en pratique par l'examen microscopique.
4° Séro-diagnostic. C’est un procédé difficile, le champignon même de l’actinomycose ne pouvant fournir les éléments agglutinables. II faut se servir des spores d’un champignon voisin, le sporotrichum Beurmani (Widal).