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CHAPITRE VII

Observation d’un cas de sténose concentrique de la trachée avec obstruction totale de la brorche droite

(Service de M. le Professeur MOURE)

M... François, 21 ans. Originaire du Sénégal.

Se présente le 23 mars 1921 à la consultation d’O.-R.-L. de la Faculté pour une gêne respiratoire datant de plusieurs emaines.

Examen externe du larynx. À l'inspection : augmentation de volume de la région sous-hyoïdienre: A la palpation, les lames thyroïdiennes sont écartées, douloureuses, la trachée est sur un plan beaucoup plus antérieur que normalement, très proche de la fourchette sternale.

Examen endolaryngé. Les cordes sont immobilisées en position médiane; grosse infiltration sous-glottique; le malade respire difficilement, cornage aux deux temps, toux et expectoration légères.

On porte le diagnostic de périchondrite avec sténose laryngée et on envoie d'urgence le malade à l’hôpital du Tondu.

À son entrée, traitement avec pulvérisations endo-laryngées et compresses chaudes au-devant du cou.

Le lendemain 24 mars, la respiration devenant de plus en plus difficile, on décide la frachéotomie. Cpération et suites opératoires normales. Le malade se sent mieux, il est dans un état à peu près satisfaisant jusqu’au 16 avril.

A cette date des sécrétions bronchiques obstruent la canule et

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RAA provoquent un accès de suffocation grave. On change la canule, mais la respiration reste toujours difficile.

On pratique alors une érachéo-bronchoscopie inférieure qui permet de constater des mucosités concrétées, obstruant en partie la lumière trachéale : la trachée est nettoyée. La respiration devient plus facile, ;

Les semaines suivantes les lésions laryngées s’améliorent et le 18 mai, le malade commence à respirer suffisamment par son larynx sans l’aide de la canule.

Etat stationnaire jusqu’au 20 juin, où la toux et l’expectoration deviennent de plus en plus abondantes.

A l’auscultation symptômes de grosse bronchite.

Localement : état sensiblement meilleur.

On pratique l'examen des crachais : pas de bacilles de Koch.

Le 25 juin, de nouveau gêne respiratoire.

Le 27 juin, trachéo-bronchoscopie inférieure.

À lexamen on constate que la trachée se rétrécit considérablement avant sa bifurcation et l’on remarque une sôrte de bourgeon peu mobile, obstruant en partie la lumière trachéale. Ce bourgeon est enlevé.

Le 30 juin le malade respire encore mal.. Nouvelle trachéo-bronchoscopie : la trachée au niveau de l’éperon bronchique est encombrée par des bourgeons volumineux, empêchant de voir les orifices des deux bronches. On enlève à la pince la plus grande partie de ces bourgeons, mais on constate qu’au-dessous la trachée est rétrécie concentriquement par un épaississement de la paroi.

Les fragments sont examinés au laboratoire : bourgeons charnus Sans aucune lésion néoplasique ou bacillaire : tissu de granulation normal.

Un fragment de ces bourgeons a été inoculé au cobaye.

Réaction de Bordet-Wassermann : résultat négatif.

À la suite de l'intervention, le malade se trouve mieux, il respire plus facilement.

Etat stationnaire jusqu'au 16 juillet où se produit une nouvelle gêne respiratoire,

é ER TTINT a AT Li | it T7 ” [RS \ L UE Dr pa. Trachéo-bronchoscopie : on enlève des bourgeons à la pince et on institue un traitement bi-ioduré. +

Le pouls est entre 90 et 100, la température oscille entre 39° et 39°5. | Les jours suivants, aucune amélioration, La rspiration est de plus

en plus difficile et le 8 août on est obligé de pratiquer une nouvelle.

trachéo-bronchoscopie avec curettage. Le malade est alors soumis à l'examen de Professeur agrégé Petges, qui conclut lui aussi à une syphilis probable et ordonne un traitement par injections intra-veineuses de cyanure de mercure. On fait de nouveau une réaction de Bordet-Wassermann : résultat négatif.

Malgré les injections quotidiennes de }, centigr., puis de 1 cent. de cyanure, on ne constate aucune amélioration et la difficulté respiratoire est tellé que le 74 août on est obligé de refaire une frachéo-bronchoscopie, avec curettage.

Différents examens de laboratoire sont pratiqués avec les fragments prélevés : examen anatomo-pathologique; aucune lésion ca- ractéristique, réaction inflammatoire torpide.

Recherche de bacilles de Koch dans les crachats et dans les tissus : négative.

Recherche du tréponème dans les tissus par la méthode de Levaditi-Manouelian : négative.

16 août, la gêne respiratoire est très intense.

Trachéo-bronchoscopie : Après curettage on pénètre assez facilement dans la bronche gauche, mais la bronche droite semble très obstruée et il n’est pas possible d’y faire pénétrer le tube bronchoscopique.

Les bourgeons sont envoyes au laboratoire où l’on fait un ensemencement sur milieu de Sabouraud.

Le cobaye inoculé le 30 juin est sacrifié : aucune lésion bacillaire.

Le 22 août, tranchoscopie : ablation de nombreux bourgeons, curettage soigné, écouvillonnage au chlorure de zinc au 1/10.

Nouvelle réaction de Bordet-Wassermann : négative.

Pas de bacilles de Koch à l’examen des expectorations. Les jours

suivants le malade se sent mieux.

Le 26 août, on cesse les injections de cyanure de mercure com-

mencées le 13 août.

Le 2 septembre, le malade respire plus difficilement. A l’auscultation on n'entend à peu près aucun bruit respiratoire au niveau du poumon droit. LE Pete

Le 3 septembre, trachéo-bronchoscopie au cours de laquelle on constate une sténose très accenture, concentrique du tiers inférieur de la trachée, On ne peut pas faire pénétrer le tube bronchoscopique dans la bronche droite. La bronche gauche est obstruée par. quelques bourgeons. Curettage avec la curette de Portmann. Ecouvillonnage au chlorure de zinc au 1/10.

4 septembre, amélioration sensible.

Les jours suivants, gêne respiratoire.

On pratique encore deux curettages et dans la nuit du 30 septembre au 1‘ octobre le malade meurt dans une crise de suffocation.

Nécropsie : Larynx normal. |

Examen de la trachée : On constate à 5 cm de l’orifice de trachéotomie un rétrécissement fibreux concentrique, devenant de plus en plus serré, s'étendant jusqu’à l’éperon bronchique. (Se reporter à la figure 1.)

La bronche droite est complètement obstruée : on se trouve en présence d’un bloc fibreux sans aucune lumière et sans qu’on puisse même distinguer l'emplacement des parois bronchiques. Le poumon du même côté est transforme en une masse purulente. À la coupe sur le fond violacé, lisse et humide des lobes, on voit des gouttelettes de pus sourdre de la section des bronchiles. La bronche gauche a son calibre très diminué, mais il reste encore une lumière; ses parois Sont fibreuses, épaissies et présentent le même aspect que la trachée.

Nombreux ganglions trachéaux et bronchiques : très augmentés de volume, ils sont infiltrés, mais pas caséïfiés.

Des fragments du tissu constituant la sténose trachéale et bronchique et des fragments des deux poumons sont envoyés au laboratoire pour examen. On ne constate aucune lésion bacillaire ou néoplasique : simplement abondante réaction fibreuse avec, en cer-

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