HISTORIQUE
Les sténoses intra-trachéales concentriques étant presque toujours de nature syphilitique, leur histoire se rattache principalement à celle de la syphilis des voies aériennes supérieures, si nous ajoutons, d'autre part, que les nouvelles recherches sur le sclérome, les mycoses de la trachée sont de date relativement récente. Survenant à la période tertiaire de la syphilis, parfois chez de jeunes hérédo-syphilitiques, elles ont été signalées dans ja littérature médicale depuis fort longtemps; mais leur nature était tout à fait méconnue, Les anciens auteurs se bornaient à indiquer la présence d’ulcérations dans la trachée et de rétrécissement de cet organe sans aucune mention sur leur nature. Au commencement du siècle dernier, Trousseau et Belloc, parlant de ces lésions, nient formellement leur existence n l'absence de phtisie pulmonaire ou laryngée; tandis que Cayol insiste déjà sur les altérations de la trachée avec intégrité du poumons et que Barth et Hawkins admettent les lésions primitives de l'arbre aérien.
Dans son traité théorique et pratique de la syphilis, M. Després attribue, selon Sadowski (de Prague), l’origine des travaux sur le rétrécissement de la trachée à Munk (London medic. Gazette de 1841), qui ie premier aurait signalé des ulcérations syphilitiques du conduit aérien. En réalité c’est à Worthington (Med.
PDA Chirurg. transact., tome 25, London 1842) qu’on doit la première observation d’augustie trachéale syphilitique.
En 1858 paraissent en France les observations de Moissenet et de Vigla, point de départ de la thèse de Charnal, tandis qu'en Allemagne Virchow déclare « les lésions des voies respiratoires au-dessous du larynx comme de plus en plus problématiques ». En 1861 Civet publie à Montpellier une thèse sur la sténose trachéale. :
L'année suivante tournit deux observations, l’une de Forster, l’autre de Boeckel, de Strasbourg; c’est sous l'influence d’une intervention chirurgicale suivie d’un insuccès provoqué par des complications de sténose bronchique, que ce dernier écrit son étude clinique sur le rétrécissement syphilitique de la trachée.
Trois cas de syphilis trachéale sont ensuite recueillies par Wilks et réunis dans je « À year book of Medecine and Surgery ». Dans le premier cas il y avait une véritable augustie de la trachée due à une ulcération; dans le deuxième cas la trachée était rétrécie par une cicatrice d’ulcération; la troisième observation montrait un épaississement considérable des tissus fibreux de ce conduit, véritable sclérose due à la syphilis. En 1864 et 1865 paraissent à Paris, les thèses de Baudré et de Mary. Dans le courant de cette dernière année Rollet, le premier,. nous fait connaître la propagation à la trachée des accidents produits par la syphilis infantile. L'année suivante nous donne la thèse de V. Cyr sur l’anatomie pathologique des rétrécissements de la trachée.
En 1869 enfin, Virchow admet définitivement pour la trachée et les bronches la présence de processus analogues à ceux du larynx, avec ulcérations et rétrécissements cicatriciels d’un genre tout semblable.
Signalons en même temps deux importants travaux, le Mémoire de Bierner sur les rétrécissements de la trachée et des bronches (Gazette des hôpitaux de 1869) et la dissertation magistrale d'Ulysse Trélat sur les indications et les résultats de trachéotomie nécessaire pour les affections syphilitiques du larynx et de la trachée.
En 1874 paraît la thèse de Rey soutenue à Montpellier, qui
A Lee est restée l’un des meilleurs ouvrages sur la syphilis de la trachée. Depuis ont paru, outre la monographie complète de Viering (Deutsch Archives f. klin. med. de 1878, page 326), un certain nombre d'observations dues à Lancereaux (Sem. méd., 1891, n° 1), Mauriac (la Syphilis tertiaire, Paris 1890), Raymond (Syphilis de la trachée, Soc. méd. hôp., 1890), Gouguenheim (Rétrécissements de la trachée d'origine syphilitique, Annales des ma-
ladies de l'oreille et du larynx, de 1896), Sokolowski (Sténose de :
la trachée et des bronches, Berlin. klin. Woch., n° 10, de 1889), Aubry (Lyon Médical de 1898, n° 11, Syphilome de la trachée), Heind! (Sténose trachéale consécutive à la syphilis héréditaire, Rev. hebd. de laryng., de 1902), Neumann (Syphilis de la trachée et des bronches, Wien. klin. Rundschau de 1904), Tapia (Un cas de sténose syphilitique diagnostiquée par trachéoscopie indirecte, Revista clinica de Madrid, février 1910); Stumpf (la trachéite gommeuse, Berliner klin. Woch., n° 27, de 1912); Sargnon (3 cas de sténoses graves des voies aériennes supérieures Lyon médical, 16 février 1913).
A propos des rétrécissements de la trachée d’origine cancéreuse, il faut signaler l’article très intéressant de Richard Hoffmann (Un cas de carcinome circonscrit de la trachée, dans les Archiv. intern. de laryngologie de 1905), ‘où est citée la statistique de Semon, portant sur des milliers de cas de tumeurs des voies aériennes supérieures, en particulier du larynx et de la trachée, et l'observation de Weller (Carcinome primitif des bronches, Archives of internat medecine, de 1913).
En ce qui intéresse Îa sténose d’origine scléromateuse, sa véritable nature n’a pu être soupçonnée qu'après les travaux d'Hebra et Kaposi en 1870, sur le rhino-sclérome, et n'être assurée que par la découverte du bacille de Frisch (Etiologie du sclérome dans le Wiener med. Woch., du 12 août 1882). À cette époque parurent plusieurs observations de cette nouvelle variété de ré trécissement trachéal jusqu'alors confondu avec des lésions syphilitiques ou tuberculeuses. Les deux auteurs qui se sont particulièrement occupés de ja question sont Schroetter et Fraukenberger. Schroetter a même pu réunir jusqu'à 40 observations de
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