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ANALYSE DU LIQUIDE CÉPHALO-RAGHIDIEN

Comme complément nécessaire, indispensable, il y a lieu de rechercher si le système nerveux central a été infecté et dans quelles proportions il a été touché.

Un moyen d’une très grande précision consiste à examiner le liquide céphalo-rachidien. En effet, chaque fois que les méninges sont touchées, l'organisme se met en état de défense par une lymphocytose plus ou moins accentuée.

A l’état normal le liquide céphalo-rachidien contient de 1 à 2 globules par millimètre cube (cellule de Nageotte). On peut donc dire que dès que ce chiffre est surpassé, il y a infection; infection d’autant plus prononcée que le nombre des leucocytes est plus élevé (c'est ainsi qu: dans certains cas de paralysies générales, tabes, méningite secondaire, on peut trouver plus de 100 globules blancs par inillimètre cube).

Pour obtenir la quantité nécessaire de liquide céphalo-rachidien (c’est-à-dire environ 2 à 10 eme.

À.-F. Vasques . 4

= 0 suivant les cas) on fait une ponction suivant la méthode de Tuffier, à la jonction des vertèbres lombaires et sacrées. Pour les détails de cette opération, nous renvoyons aux traités spéciaux.

A ce moment on note : 1° la pression qui, normalement (5 à 79,3 mm, de mercure), s'écoule goutte à goutte, peut varier de la goutte rapide au jet, etc.

Puis, au laboratoire, on recherche la présence de l’albumine et des globulines. La présence de la première, quoique n’ayant rien de spécifique, décèle cependant par son augmentation l'attaque des méninges ; l'augmentation des globulines,par contre, est nettement spécifique.

Pour la recherche des albumines, on prend r centimètre cube de liquide céphalo-rachidien et o gr. 2 d’acide nitrique pur ; on lit le résultat au bout de cinq minutes, et avec un peu d'habitude on arrive facilement à reconnaitre la richesse en albumine. Pour plus de précision, M. Bloch a donné une échelle qui, certainement, n’est pas sans valeur. Cette échelle est constituée par une solution de teinture de benjoin dans l’eau glycérinée. Le liquide céphalo-rachidien normal contient o gr. 20 0/00 d'albumine ; o gr. 30 à o gr. 50 présente une réaction albumineuse légère ; o gr. 60 ào gr. 8o une réaction forte (tabes, paralysie générale).

La recherche des albumines et des globulines doit se faire avec la plus grande précision et avec des soins de propreté rigoureuse. On se sert couramment de deux méthodes simultanément : la pre-

moe

mière est de Nonne (appelée très souvent phase première), on prend des volumes égaux de liquide céphalo-rachidien et de sulfate d'ammoniaque rigoureusement pur et saturé à chaud (à 80°). La présence des globulines se révèle par: un trouble plus ou moins accentué.

Il est toujours prudent de se servir d’un tube

témoin où, au lieu de liquide céphalo-rachidien, on met du sérum physiologique très pur.

La deuxième méthode est celle de Noguchi : elle consiste à prendre 0,2 à 0,4 de centimètre cube de liquide céphalo-rachidien et cinq fois son volume d'acide butyrique tout pur (exempt d'acide caproïque et d'acide acétique), on fait bouillir très légèrement ce mélange auquel on ajoute de la soude normale en quantité équivalente à la quantité de liquide. On fait légèrement bouillir de nouveau, on laisse reposer, et on lit les résultats suivant les cas de 5 minutes à 1 ou 2 heures.

La richesse en globulines est proportionnelle à l’état de floconnisation du liquide.

L'emploi d’un tube témoin est de rigueur.

La réaction de Wassermann est recherchée dans ce liquide par les procédés habituels, mais.le liquide ne doit pas être chautfé, seulement il doit être en quantité plus grande que celle du sérum; c’est pourquoi on fait la réaction avec des doses croissantes de liquide céphalo-rachidien : 1 millimètre à 1 centimètre cube. Il est maintenant connu qu’en dehors du tabes et de la paralysie générale, il

existe une méningite [secondaire qui est de règle ; l'état du liquide céphalo-rachidien se laisse graduellement influencer par un traitement énergique. Il arrive, quoique plus rarement peut-être que dans la syphilis primaire(c'est-à-dire avant la roséole),que les méninges sont attaquées ; c’est pourquoi, à la fin du traitement, après avoir obtenu une réaction négative dans le sang, il faut examiner ie liquide céphalorachidien, et ne pas se contenter uniquement du Wassermann du sang.

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