‹ Contribution à l'étude de la stérilisation des anormauxChapitre 13 sur 21 · environ en 5 ans aux Etats-Unis · texte numérisé non relu

environ en 5 ans aux Etats-Unis

Une soixantaine en 15 ans en Suisse.

C’est donc que la méthode, en dehors de sa valeur propre, qui est indéniable, entraîne des objections de premier ordre.

Pourtant, l'Etat est en droit de s’immiscer dans la vie individuelle (c’est le premier point à admettre). : Qu'il s’agisse des indications médicales (comme les pratiquent les Suisses), où la stérilisation devient une opération comme une autre, que le médecin doit être libre d’exécuter sans être bridé par la loi et qui diffère par là-même à beaucoup d’égards de l’avortement thérapeutique, dans lequel il s’agit non plus d’une intervention faite sur un individu avec son consente-

ment, mais bien du sacrifice d’un autre individu qui ne peut être consulté, mais qui jouit du droit de protection attaché à tout être vivant.

Ou bien qu’il s’agisse, comme aux Etats-Unis, d’indications eugénétiques.

La société, en effet, se modifie constamment dans sa structure économique et politique, son idéologie évolue sans cesse, son évolution, pour être imperceptible, n’en est pas moins continue. Le développement sans cesse accrue des œuvres de prévoyance et d’hygiène sociales, qu’elles aient nom : lutte contre la tuberculose, assistance publique, assisiance médicale gratuite ou assurances sociales, prouve l'intérêt croissant que l'Etat apporte au développement normal de la collectivité.

« Ce qui n’est pas utile à l’abeille n’est pas utile à l’essaim », disait Marc-Aurèle. Ajoutons que ce qui est nuisible à l’essaim est nuisible à l’abeille. L'Etat a besoin de la force créatrice de sujets sains, bien doués moralement et physiquement, et se doit d’éviter les charges et les dangers que représentent pour ses ressortissants les anormaux, les débiles, les dégénérés de toute sorte.

La dégénérescence a non seulement des causes sociales, mais aussi des origines individuelles (ligno-

rance, la négligence dans l’emploi des thérapeutiques efficaces, la légèreté et souvent l’égoïsme avec lesquels les malades envisagent leur état morbide) contre lesquelles l'Etat se doit de lutter.

Nous acceptons déjà la déclaration obligatoire de certaines maladies contagieuses pour la collectivité,

SE: EPL

pourquoi le médecin ne devrait-ii pas dénoncer ces affections dangreuses non seulement pour les êtres vivants, mais pour un être futur, un « devenir », qui portera toutes les responsabilités d’une existence malheureuse qu’il n’aura pas demandée.

D'ailleurs, « la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ». Si l'Etat empêche un individu de procréer, c’est dans l'intérêt de la collectivité. Il n’empiète pas plus sur le terrain de Ia liberié individuelle que lorsqu’il décrète la nécessité de l’internement (souvent à vie) des aliénés dangereux, de la vaccination obligatoire, des examens médicaux pour l’admission dans les administrations.

Nous devons donc étudier maintenant si une pareille loi doit être instituée en France et quelles sont

les arguments qu’on peut lui opposer.

Page 1