‹ Contribution à l'étude de la stomatite bismuthiqueChapitre 30 sur 47 · RE AU ES · texte numérisé non relu

RE AU ES

Le 13, la malade vient nous trouver; nous constatons une inflammation gingivale marquée : les gencives sont rouges, un peu tuméfiées, douloureuses à la pression; la langue est très légèrement œædématiée.

Un liséré grisâtre, apparu le 11, entoure le bourrelet gingival de la première molaire gauche supérieure; il mesure à ce niveau 1 millimètre à À mm. 5 d'épaisseur; un petit croissant plus pâle, plus discret, borde le collet des deux incisives médianes inférieures;, deux points grisâtres plus foncés siègent au niveau de la muqueuse en rapport avec la canine gauche supérieure et la prémolaire droite, points d'appui d’un bridge bien adapté.

On note des reflets grisâtres au niveau de la muqueuse labiale et jugale. à

Pas de salivation, pas de goût métallique, pas de fétidité de l’haleine.

Des traces d’albumine dans l'urine.

La malade présente une bouche qui nous paraît en parfait état : dents blanches, soignées, pas de trace de tartre; la première prémolaire gauche supérieure porte une obturation et paraît légèrement bleutée (carie au début); pas de troubles thermiques, mais la pression de certaines dents est douloureuse (alvéolite ?).

On ordonne des cachets de soufre (0,10 eg.) et on continue le traitement avec du Néocardyl (butylthiolaurate de bismuth).

Le 18, la malade revient très améliorée : plus d’inflammation, plus de douleur. Le liséré persiste, il paraît même plus foncé; on continue les injections de Néocardyl.

Le 25, la guérison est complète; le liséré reste toujours aussi foncé.

Le 2 mars, le Néocardyl est bien supporté; le liséré diminue d'intensité. |

Le 16 mars, le liséré a très diminué; il ne persiste plus que de petits points gris pâle au niveau des incisives médianes inférieures et deux points un peu plus foncés au niveau des points d'appui du bridge.

Le 6 avril, le liséré a complètement disparu.

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OBservATION II (Résumée).

(Dispensaire de prophylaxie antivénérienne. Consultation du Docteur André PETGEs.)

Mme R... (Simone), 30 ans, reçoit le 48 mars 1933 la quatrième injection de 2 cm3 5 de Néocardyl.

Le 19, elle présente un petit agacement des dents, mais les gencives ne sont pas douloureuses.

Le 20, on constate deux points noirs au niveau des languettes interdentaires des incisives médianes inférieures; peu de douleur à la pression des gencives, qui ne sont que très peu tuméfiées.

Des bains de bouche à l’eau oxygénée diluée suifisent à tout faire rentrer dans l’ordre en deux jours.

Le Néocardyl est continué et bien supporté.

OBsERvATION III (Résumée).

(Dispensaire de prophylaxie antivénérienne. Consultation de M. le Professeur agrégé Jourra.)

L... (Charles), 24 ans, chauffeur de taxi, reçoit, le 21 février 1933, la cinquième injection d’une série de Bivatol.

Le 23, ses gencives sont rouges, œdématiées, douloureuses, surtout à la mastication. Pas de liséré. Pas de salivation, pas de goût métallique, pas d’albumine dans les urines.

Ses dents sont en très mauvais état (dépôt de tartre important, carie).

Nous ordonnons des cachets de soufre à 0,10 cg. à raison de trois par jour. Nous continuons le traitement à son rythme habituel.

Le 27 février, le malade ne souffre plus, ses gencives ne sont plus enflammées et ont bien supporté la nouvelle injection de Bivatol. |

Sur le rebord gingival inférieur se voit un liséré de peu d’importance.

Le 10 mars, la guérison se maintient; le traitement est bien supporté.

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OBSERvVATION IV:

(Dispensaire de prophylaxie antivénérienne. Consultation du Docteur R. Davin-Craussé.) |

Mme B... (Fernande), 23 ans, ménagère, reçoit le 9 janvier 1933 la treizième injection de Muthanol.

Le 13, la malade se plaint de douleurs dentaires, venant par crise et s’irradiant du côté gauche de la face; elle n’accuse que peu de douleur à la mastication; pas de salivation, pas de goüût métallique, pas de sécheresse de la langue, mais une sensibilité anormale au chaud et au froid (carie du second degré). A l’examen de sa bouche, nous constatons des dépôts tartriques au niveau du collet des dents et une carie importante des molaires inférieures gauches. La malade nous déclare laver quotidiennement ‘sa bouche avec une solution dentifrice. Les gencives sont rouges, légèrement tuméfiées, saignantes, douloureuses à la pression. Sur le bord alvéolo-dentaire de la gencive inférieure, on remarque un liséré grisâtre de 2 millimètres de large, plus foncé et plus marqué au niveau des molaires cariées.

On note sur la muqueuse jugale des plaques arrondies, bieuâtres, siégeant sur les points de la muqueuse en rapport avec l’arcade dentaire.

Le traitement bismuthique est arrêté, et nous ordonnons des cachets de soufre à nôtre malade.

Le 18 février, la malade revient considérablement améliorée; les douleurs ont disparu, les gencives sont redevenues normales, le liséré a diminué d'intensité.

Le 23 février, la guérison est complète; le liséré ne persiste plus qu'au niveau de la molaire gauche.

Le 10 mars, toute trace de liséré a disparu.

Le 23 mars, on décide de traiter la malade par l’arsenic; et l’on fait une injection de 0 g. 06 de sulfarsénol. Le 24, on note une reprise de la stomatite; à nouveau les gen-

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cives sont douloureuses, et un liséré grisâtre réapparaît sur la gencive supérieure. On continue le traitement et le 27 on injecte à nouveau 0 cg. 12.

Le 1% avril, tout est rentré dans l’ordre, le liséré a complètement

disparu.

OgservATIoN V (Résumée).

(Hôpital du Tondu. Service des baraques : M. le Professeur PETGES).

W... (Clément), marin, reçoit le 8 mars 1933 la treizième injectiou d’une ampoule de Bivatol.

Le 9, il éprouve des douleurs gingivales localisées surtout du côté gauche. Les gencives sont peu tuméfiées, le liséré peu marqué.

Le malade présente de la sialorrhée et un goût métallique dans la bouche. Les dents, mal entretenues, sont cariées pour la plupart.

On ordonne des lavages de bouche au salicylate de soude en solution à 3 p. 100. Le 15, la guérison est complète. Le traitement bismuthique n’a pas été interrompu.

OnservarTion VI (Résumée).

(Clinique dermatologique : Professeur PErTGss. Consultation de M. le Professeur PETGESs.)

Mme D... (Elise), ménagère, reçoit le 15 février une injection de 1 cm3 5 de Quinby; elle revient le 18, ayant bien supporté cette première injection; elle attire cependant notre attention vers sa bouche, accusant une très légère douleur au niveau de dents cariées. L'examen nous fait constater des dents noirâtres, déchaussées, recouvertes d’une couche de tartre surtout épaisse à leur collet. La pression, douloureuse, nous révèle des incisives médianes supérieures et inférieures branlantes dans les alvéoles. Notre malade ne prend nul soin de sa bouche.

Pas de liséré, pas d’inflammation gingivale; nous donnons quelques conseils d'hygiène dentaire et nous injectons 3 cm3 de Quinby.

Le 19, la malade, qui n’a tenu nul compte de nos avis, voit ses

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douleurs dentaires augmenter, et la mastication des aliments lui devient très pénible, !

Le 20, son état s’aggrave; une incisive tombe.

Le 21, la malade souffre de plus en plus et crache deux autres dents dans le courant de la soirée.

Le 22 au matin, elle revient nous trouver : nous voyons des gencives modérément enflammées, rouges, douloureuses, bordées d'un liséré grisâtre continu.

Les incisives médianes supérieures et la canine gauche supérieure sont tombées. La salivation est abondante et l’haleine fétide.

Pas de ganglions, pas d’albumine dans les urines. Nous arrêtons le traitement et nous presecrivons des lavages à l’eau oxygénée, et des brossages des dents avec une pâte dentifrice (Odarsol).

Le,25, l’amélioration est très nette, les douleurs ont disparu, l’inflammation des gencives a diminué.

Le 28, la malade peut être considérée comme guérie; seul le liséré persiste encore, mais moins intense qu'au début.

Le traitement antisyphilitique est continué avec du suliarsénol.

OgBservarTion VII.

(Dispensaire de prophylaxie antivénérienne.

Consultation du Docteur André PETGEs.)

Mme A... (Marie), âgée de 30 ans, reçoit le 9 février 1933 une injection de Bivatol, la neuvième de la série.

Le 10, elle éprouve un agacement persistant des dents et des douleurs gingivales, accompagnées de sécheresse de Ia bouche et de fétidité de l’haleine.

Le 12, les douleurs augmentent. Au niveau de la gencive inférieure, on note une tuméfaction importante, une très nette pigmentation des languettes interdentaires des incisives médianes et un liséré grisâtré discontinu sur le rebord alvéolo-dentaire.

La gencive supérieure supporte un appareil de prothèse qui prend appui sur les prémolaires droite et gauche; au niveau de ces points de contact on observe une pigmentation grisâtre.

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Pas de salivation; pas de ganglions; pas d’afbumine urinaire.

Nous prescrivons des bains de bouche à l’eau oxygénée diluée et des nettoyages dentaires à l’Odarsol.

Le 15 février, la tuméfaction gingivale a considérablement diminué, mais le liséré et les points pigmentés persistent sans modification appréciable.

L'haleine fétide a disparu, les douleurs sont moins violentes.

Le 18, la guérison est complète; seul le liséré persiste encore au niveau de la première prémolaire droite (dent cariée) et des languettes interdentaires.

OBsERvATION VIII (Résumée).

(Dispensaire de prophylaxie antivénérienne. Consultation | du Docteur Davin-Craussé.)

G..., manœuvre, présente le 27 janvier 1932 une stomatite survenue après la onzième injection de Bivatol.

Le 25 janvier, un jour après l'injection, le malade ressentit un agacement des dents et une douleur au niveau des gencives; le 26, cette douleur s’est accrue, et aujourd’hui 27 le malade vient nous trouver. Nous constatons sur le bord alvéolaire de la gencive supérieure un liséré grisâtre de 2 millimètres de largeur et une tache plus foncée au niveau du point d'appui d’un appareil de prothèse.

Les gencives supérieure et inférieure sont douloureuses surtout à la pression et saignent facilement.

La muqueuse jugale présente des reflets grisâtres, en stries.

Le malade accuse une sensation de goût métallique; la salivation n’est pas modifiée.

Pas de ganglions, pas d’albumine dans les urines.

Notre malade présente une bouche en mauvais état : deux chicots servent de points d'appui à un appareil de prothèse. Il nous dit, cependant, entretenir ses dents par un lavage bi-quotidien au « Cressol ».

Nous ordonnons des bains de bouche à l’eau oxygénée diluée au 1/10 et nous arrêtons le traitement bismuthique.

Le 4% février, les douleurs sont très atténuées, l'inflammation gingivale a diminué, le liséré persiste.

Le 10 février, les douleurs ont disparu, la tuméfaction gingivale a complètement régressé, le liséré persiste, mais de moindre intensité. On reprend le traitement par le bismuth.

Le 14% février, les muqueuses, jugale et gingivale, sont tout à fait normales, le liséré a disparu en grande partie, des traces subsistent encore au niveau des languettes interdentaires des incisives médianes inférieures et des points d'appui de l’appareil de prothèse.

OBseRvATION IX (Résumée).

(Dispensaire de prophylaxie antivénérienne. Consultation du Docteur Davin-CHAUssÉ.)

D..., voyageur de commerce, 39 ans, reçoit le 4 novembre 1932 la sixième injection de Bivatol.

Le lendemain, le malade éprouve : douleur, goût métallique.

Le 7 novembre, nous voyons : un liséré et des plaques ovalaires, gris bleuâtre, de la grandeur d’une pièce de 20 francs argent, siégeant sur la muqueuse jugale à droite et à gauche et au niveau de la voûte palatine.

Les dents noires présentent un important dépôt de tartre (le malade est grand fumeur).

Traitement. — Eau oxygénée, Odarsol.

Le 12, le liséré persiste, les plaques et les douleurs ont disparu.

Ogservarion X (Résumée).

(Dispensaire de prophylaxie antivénérienne. Consultation de M. le Professeur agrégé Jourra.)

Mme D... reçoit, le 2 mars 1933, 1 cm3 5 de Néocardyl; le 3 et le 4 elle éprouve un malaise général et présente de la diarrhée, des vomissements. :

Le 6 mars, le bismuth est abandonné, et on pratique l'injection sous-cutanée de 0,06 cg. de sulfarsénol.

Rien n’avait jusqu'alors attiré l'attention sur la bouche.

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Le 8, les gencives de notre malade s’œdématient, deviennent rouges et douloureuses.

Un liséré grisâtre, discontinu, apparaît sur la gencive inférieure. surtout marqué au collet des incisives médianes, où il forme deux croissants de À millimètre de largeur sur 5 d'épaisseur, et au niveau des molaires inférieures gauches, qui présentent des caries

. non soignées. Ë

Les soins hygiéniques de la bouche et le traitement au sulfarsénol, que l’on continue, en quatre jours guérissent cette stomatite.

Ce malade avait déjà présenté des stomatites bismuthiques le 12 novembre 1931 et le 27 octobre 1932. 1:

OgservaTION XI (Résumée).

(Dispensaire de prophylaxie des maladies vénériennes. Consultation, de M. le Professeur agrégé Jour.)

Mme G... (A.), prostituée, âgée de 24 ans,- présente le 25 janvier 1933 une stomatite légère, survenue après dix injections de Quinby, caractérisée par des douleurs vives au niveau des gencives, un liséré peu important sur le rebord alvéolaire de Ja gencive inférieure.

On ordonne des lavages de bouche avec une solution de salicylate de soude à 30/1.000 et on arrête le traitement par le Quinby. Quatre jours après, le 29, la guérison est obtenue. On garde cependant la malade au repos.

Le 28 février 1933, on reprend le traitement antisyphilitique par des injections de sulfarsénol. On injecte 0,06 cg.; la stomatite n’a laissé aucune trace.

Le 8 mars, la malade revient; la première injection a été bien supportée, on fait 0,12 cg.

Le 15 mars, la malade se présente À nous avec une récidive de sa stomatite; les gencives sont rouges, enflammées, douloureuses; la mastication est pénible; un liséré grisâtre a réapparu, surtout marqué au niveau des incisives médianes inférieures et de leurs languettes interdentaires.

La malade n’a pas été revue par la suite.

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OBsERVATION XII (Résumée).

(Dispensaire de prophylaxie antivénérienne.

Consultation de M. le Professeur agrégé Jouru.)

Mile R... (Joséfa), serveuse de restaurant, âgée de 22 ans, reçoit le 2 mars 1933 une injection de 2 cm3 de muthanol. C'est la cinquième d’une série commencée le 11 février.

Le 3 mars, la malade éprouve des douleurs gingivo-dentaires.

Le 5 mars, les symptômes s’aggravent; un liséré, peu marqué d’ailleurs, dessine, en gris pâle, une ligne festonnée sur le bourrelet gingival inférieur; il présente son maximum de coloration au niveau des incisives médianes inférieures. |

Une plaque pigmentée, à bord irrégulier, de 3 à 4 centimètres de long sur 1 à 2 de large, siège sur la muqueuse jugale gauche.

Les gencives sont rouges et tuméfiées. La bouche est en mauvais état (dents cariées et clapiers pyorrhéiques).

Nous prescrivons des cachets de soufre et des lavages de bouche à l’eau oxygénée.

Le 7 mars, la malade revient un peu améliorée; le liséré est plus foncé et plus marqué. Le traitement antisyphilitique n’est pas repris. l

Le 15 mars, l’inflammation gingivale, les douleurs, ont disparu, et la malade peut être considérée comme guérie. :

L'analyse des urines révèle des traces d’albumine.

Le 20 avril on fait une nouvelle série de Muthanol à la malade; nous recommandons des soins dentaires minutieux; nous ne voyons pas apparaître de stomatite.

Cette malade, intolérante à l’arsenic, a présenté de la stomatite à chaque série bismuthique.

Le 30 novembre 1930 : Stomatite légère après 12 injections de Muthanol.

Le 21 mai 1930 : 15 injections de Muthanol sont bien supportées. Pas d’albumine urinaire.

Le 26 octobre 1930 : Stomatite consécutive à 8 injections de 2 cm3 de Bivatol. Pas d’albumine dans l'urine.

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Le 8 août 1932 : Stomatite accompagnée de céphalée à la cinquième injection de Bivatol. Pas d’albumine.

Le 4% novembre 1932 : 4 injections de Bivatol occasionnent une stomatite légère; le traitement est arrêté, et repris après huit jours de repos. 2 nouvelles injections font réapparaître la stomatite. :

On relève des traces d’albumine dans l'urine.

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