III. — Stomatites graves
OBsERvATION XX. — Stomatite très grave, ayant mis en danger les jours du malade, Elle s’est accompagnée d'ulcérations de la muqueuse jugale et du bord droit de la langue, de ganglions carotidiens et sous-maxillaires, d’œdème de la langue et de la face.
Signes généraux très marqués : température à 38 degrés, respiration très pénible, obnubilation, oligurie. Guérison obtenue après deux mois de traitement par des lavages antiseptiques de la cavité buccale.
OBsERvATION XXI — Stomatite grave survenue chez une jeune femme porteuse d’un appareil de prothèse et présentant des dents en parfait état.
Stomatite sévère avec ulcérations multiples des gencives, de la face interne des joues, de la langue; trismus, signes généraux alarmants, nécrose et élimination d'un séquestre du maxillaire supérieur.
Durée de la stomatite : un mois.
OBsERVATION XXIT. — Cas mortel d'intoxication bismuthique par stomatite et néphrite azotémique aiguë.
OBsERVATION XXII. — Stomatite bismuthique grave, dont le point de départ fut lié à des accidents de la dent de sagesse. La guérison suivit l'extraction de la dent. Evolution en un mois.
Stomatite bismuthique et état général.
La stomatite bismuthique, dans ses formes simples et ulcéreuses, n'a pas de retentissement sur l’état général. Dans sa orme grave, elle peut provoquer certains troubles, tels que c'phalée, fièvre, anorexie, fatigue générale, d’ailleurs
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facilement curables. Elle subit l'influence de l’état général du sujet plutôt qu elle ne le modifie; elle présente plus de gravité et de durée chez les sujets en état de déficience organique que chez ceux à constitution robuste.
Elle peut parfois coexister avec d’autres accidents dus au bismuth (grippe, céphalée, asthénie, douleurs articulaires, courbatures). Jamais nous n'avons remarqué qu'une stomatite associée à l’un quelconque de ces accidents-ait évolué avec plus de gravité qu'à l’état isolé.
Stomatite et néphrite.
. Nous avons trouvé parfois de faibles doses d’albumine dans les urines de malades atteints de stomatite, mais ce fait est plutôt rare. Chez aucun nous n'avons pu mettre en évidence des lésions nettes du rein. |
Cette albuminurie, souvent minime, ne nous a pas paru influencer la stomatite, ni être influencée par elle. Il est d'observation courante de voir des stomatites sans albuminurie, et de grosses albuminuries sans stomatite.
L'association stomatite et néphrite a été interprétée différemment par les divers auteurs.
Nous avons dans nos observations (obs. XXII) un cas d'intoxication bismuthique mortelle où nous trouvons associés ces deux accidents.
Dans les cas dé néphrite grave où le rein est bloqué, la stomatite voi son pronostic considérablement aggravé. Il existe un balancement entre l’élimination salivaire et gingivale du bismuth el son élimination rénale (Gallipe); si l’un de ces émonctoires est troublé, l’autre a davantage à éliminer et peui se révéler insuffisant. Il y aurait des cas où la néphrite serait à la base de la stomatite.
MM. Blum, Destouches, Vilanova, estiment que la néphrite se produit, en général, par l'intermédiaire de la stomatite. « On peut se demander, écrit Blum, si là néphrite est due
à l’action immédiate du bismuth, ou si elle n’est pas Île
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résultat. d’un processus infectieux secondaire venant des lésions buccales... Si l'élimination commence à mal se faire au niveau-de l'intestin ou des glandes salivaires (sidérose des muqueuses), le rein risque d’être lésé pour plusieurs rai- Sons : surcroît de bismuth à éliminer, infections secondaires à la faveur des lésions du tube digestif, traumatisme déterminé par la sidérose bismuthique. »