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I. — Traitement prophylactique

Il est de première importance. Il serait regrettable de se

priver d’un médicament tel que le bismuth par suite d’une -

stomatite, incident si facilement évitable dans la majorité des cas.

Avant de commencer un traitement bismuthique, le méde-

cin doit examiner la bouche du malade aussi systématiquement qu'il recherche l’albumine urinaire. Ce seul examen suffit souvent à donner l'éveil et ainsi à éviter le désagrément d’une stomatite.

Si le malade présente. des dents cariées, des clapiers pyorrhéiques, du tartre, des chicots, il convient d’abord de le diriger vers un stomatologiste, qui mettra la bouche en bon état. Il est de bonne pratique de ne commencer un traitement bismuthique qu'après un détartrage et un nettoyage soigneux de la bouche exécutés par un stomatologiste.

Les appareils de prothèse devront être l’objet d’une attention minutieuse; ils devront être soigneusement lavés et

brossés, et leurs points d'appui seront attentivement sur-

veillés.

La dent de sagesse, qui est souvent le point de départ de stomatites graves, devra retenir particulièrement l'attention du médecin.

Il faut enfin avertir le malade traité par le bismuth de la

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possibilité d’une stomatite. Nous avons vu des malades ne parler que tardivement de leurs troubles bucco-dentaires, les considérant comme simplement ajoutés à leur maladie et sans relation avec leur traitement.

Il convient ensuite de donner des conseils d'hygiène buccale : Engager les malades à brosser soigneusement les di- verses faces dentaires avec une brosse à dents assez dure, en insistant au niveau dés espaces interdentaires et du collet des dents, sans crainte de faire saigner les gencives. Ce nettoyage mécanique est de la première importance, car c’est lui qui enlève le tartre, véritable purée de microbes, et les débris alimentaires, qui, se fixant dans les espaces interdentaires et dans les cavités creusées par les caries, favorisent la pullulation microbienne.

Ce nettoyage doit se pratiquer deux fois par jour, le matin au lever et le soir au coucher; le brossage du soir est, à l’avis des stomatologistes, le plus important.

Des auteurs ont insisté sur la nécessité de la stérilisation de la brosse à dents; un moyen pratique consiste à la conserver dans un tube contenant de l'alcool bon goût à 90 degrés.

L'usage des pâtes dentifrices, des poudres et des savons n'est que secondaire.

Les poudres doivent être employées finement pulvérisées; les poudres inertes sont les plus recommandables; la plupart des poudres dentifrices trouvées dans le commerce sont à base de carbonate de magnésie et de carbonate de calcium. Voici deux formules préconisées

40. Carbonate de magnésie ........,..:.... NA ’ : . âà Parties égales.

Garbonaäte de, calcium, ::.,.. 2420 HSsencemdemmenthe sr. -apie) q. S. pour parfumer

20YPerboraten de "BOUM... 2e seu Savon médical pulVÉTISÉ.. ee...

GAarbonatendencaliumer tr... eLicurr Len 100 grammes. HR COR DCMAMONMDINO NS eee ep eines XX gouttes,

âà 10 grammes.

Les pâtes, qui sont le plus souvent à base de glycérine, donnent un milieu favorable aux fermentations; leur emploi quotidien n’est pas à recommander.

Les savons sont, avec les poudres, les produits le plus à conseiller. Le savon de Marseille ordinaire constitue un dentifrice excellent, qui, s’il n’a pas bon goût, présente l’avantage d’être peu coûteux.

Après le nettoyage mécanique, il convient de pratiquer la désinfection de la bouche; on conseillera un lavage de la cavité buccale avec une solution antiseptique faible, On peut employer

‘: L'eau oxygénée en solution à 25 p. 100; - Le chlorate de potasse en solution à 3 p. 100; Le phénol en solution à 1 p. 100; La liqueur de Labarraque en solution à 10 p. 100.

Nous recommandons un lavage de bouche avec un demiverre d’eau tiède additionnée d’une demi-cuillerée à café de :

Borater de sSOdiTMmrE nee ee. en 30 grammes.

PetboratemdersOdiUn enr eee ce 70 grammes.

Essence de menthe 72e ele XX gouttes.

Ces pratiques d'hygiène permettent de garder saine une bouche en bon état, mais elles ne guériront pas la carie, la pyorrhée; une hygiène dentaire rigoureuse est nécessaire à une bouche déjà en mauvais état, mais elle n’est pas suffisante, il faut les soins du stomatologiste.

Il. — Traitement curatif.

Il diffère suivant la gravité de la stomatite : Dans la stomatite simple, il suffit de redoubler les soins hygiéniques pour assister à une régression rapide de tous les troubles.

Dans les formes sévères, l'hygiène ne suffit plus; il faut désinfecter la bouche. Les différents antiseptiques ont été préconisés. |

L'eau oxygénée à 12 volumes, ou mieux l’eau oxygénée boratée, que nous avons employée diluée au 1/5, en lavages de bouche, nous a souvent donné de bons résultats. Elle

amène une cessation rapide des douleurs, surtout avec des solutions tièdes.

Le salicylate de soudé, employé à la dilution de 3 p. 100, en lavages de bouche, nous a donné des résultats excellents : il calme les douleurs peut-être mieux que l’eau oxygénée; il déterge rapidement les ulcérations et en peu de temps fait régresser l’inflammation.

Le bleu de méthylène, en badigeonnage à 1/100, est un bon médicalement, mais son emploi est plutôt désagréable au malade en raison de la coloration qu'il donne à la bouche.

Les- poudres arsenicales (novarsénobenzol, sulfarsénol) en applications locales, soit sous forme de collutoire au 1/10, soit sous forme de poudre, ont été préconisées surtout contre l'infection fuso-spirillaire. Nous les avons utilisées quelquefois; elles se sont montrées efficaces, mais elles n’ont cependant pas prouvé une nette supériorité sur les autres antiseptiques. MM. Sazerac et Levaditi conseillent l’association bleu de méthylène et novarsénobenzol; le premier, agis: sant en superficie, détruit le bacille fusiforme; le second, en profondeur, atteint les spirilles.

On a préconisé également l’emploi du N.A.B. par voie intraveineuse, surtout dans les stomatites graves. C’est Jà une erreur. Nous avons vu des stomatites se produire avec des cures associées de N.A.B. et de bismuth; si le N.A.B. à par cette voie une action thérapeutique sur la stomatite, elle nous paraît minime et ne pas légitimer l'injection.

L’acide chromique officinal en solution au 1/20, utilisé en attouchements, est surtout actif dans la pyorrhée. On monte sur un stylet un petit tampon de coton que l’on imbibe de la solution, et on le porte au niveau de la gencive, en insistant au collet des dents. Il convient de signaler que cette application est douloureuse pour le malade.

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La teinture d'’iode, en badigeonnage sur les gencives, donne également de bons résultats.

Mes solutions de permanganate à 4/1.000, le liquide de .

Dakin, la liqueur de Labarraque, sont d'excellents antiseptiques et font merveille dans la stomatite, mais leur emploi est désagréable au malade; aussi doit-on les réserver aux Cas graves.

Leven, se basant sur des faits d'observation, considère le jus de citron comme spécifique des stomatites; il conseille des attouchements pluriquotidiens des gencives avec une tranche de citron finement coupé. Cette méthode nous a donné de bons résultats dans des cas de stomatite simple.

L'acide citrique chimiquement pur n'aurait pas la même action.

À l’usage de ces solutions antiseptiques, nous avons parfois ajouté l'emploi de pâtes dentifrices médicamenteuses à base d’arsénobenzènes (Odarsol, Sanogyl). Ces pâtes nous ont donné d'excellents résultats dans le traitement préventif et surtout curatif des formes légères.

Nous avons utilisé, sur les conseils de M. le Professeur .

agrégé Joulia, le soufre par voie buccale. Nous avons traité une série de malades uniquement en leur faisant absorber, avant chacun des trois principaux repas, un cachet de :

SOULLES DTOCIDITÉMAI AM Eee ee see = LEUR 0,10 cg. Carbonate. de-magnésie 1:40 0,20 cg.

Nous avons constaté une régression constante de l’inflammation gingivale, cependant moins rapide que par l'usage des antiseptiques. Nous avons remarqué parfois une accentuation du liséré après l’absorption du soufre.

Les préparations de soufre colloïdal et les eaux sulfureuses doivent produire des résultats supérieurs au soufre précipité, car elles sont mieux assimilées par l'organisme.

Chez un malade présentant une stomatite, devons-nous interrompre le traitement bismuthique ?

Plusieurs cas sont à envisager.

1° La stomatite est simple : On peut dans ce cas continuer le traitement soit avec la même préparation, soit avec une autre. Une préparation à conseiller est le butylthiolaurate de bismuth (Néocardyl), qui contient du soufre.

2° La stomatite est ulcéreuse : Il faut arrêter Le bismuth. Mettre le malade au repos; ou, si ses réactions sérologiques l’exigent, continuer le traitement antisyphilitique avec l’arsenic.

Nous n'avons envisagé que les cas où la stomatite n’est pas due à une faute dans l’administration du bismuth : injections trop rapprochées, doses trop fortes. Dans ces cas, une technique correcte suffit à tout faire rentrer dans l’ordre.

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