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et firent connaître en Europe la mystérieuse graîne. Totalement ignorée, semble-t-il, des médecins grecs et romains, elle n’est étudiée succinctement qu’au XVI: siècle avec Conrad, Gesner. Là encore, ce sont ses foudroyants effets et son avantageux emploi dans la destruction des animaux nuisibles, qui attirent l'attention. En 1676, Brüner, Wepper entreprennent du strychnisme une étude méthodique et décrivent avec une précision inconnue jusque-là, ses premières manifestations chez des chiens progressivement intoxiqués.
‘Aux XVIT et XVIIF siècles, l’étude de la noix vomique est à l’ordre du jour, mais les progrès sont presque insignifiants malgré le nombre des chercheurs. L'ère des expériences fécondes ne commence vraiment qu'avec Pelletier et Caventou, qui, en 1818, isolèrent les deux principes actifs.
De 1830 à nos jours, les physiologistes et toxicologistes établirent avec une rigueur croissante les propriétés de la strychnine, et l’on eût vite acquis la conviction que la thérapeutique venait d'être dotée d’un. des réactifs les plus puissants vis-à-vis des fonctions de la moelle et de tout le système nerveux central. C’est alors que des médecins prescrivirent à l’envi un remède si plein de promesses, mais qui, malheureusement, ne donna pas toujours les résultats escomptés. Ce médicament a dépassé le domaine de la thérapeutique pour devenir entre les mains des physiologistes, un auxiliaire précieux dans l'étude des fonctions nerveuses ; la liste des travaux où sont analysés ses effets serait interminable, si nous avions le souci de n’en pas omettre. Nous retiendrons surtout les noms de Desportes, Magendie, Claude Ber-
nard, Martin-Magron, Vulpian et d'autres encore dont lénumération serait fastidieuse, mais que nous citerons en leur place au cours de notre étude.
La strychnine
C’est une substance blanche cristallisée sous la forme octaédrique ou prismatique, de saveur amère extrêmement intense, peu soluble dans l’eau, peu dans l'alcool et l’éther, beaucoup dans le chloroforme. Elle donne avec les acides des sels cristallisables plus solubles dont les plus employés sont : le sulfate, l’azotate, l’arséniate, le cacodylate, le chlorhydrate.
Elle est absorbée par toutes les muqueuses — celle de l'œil, notamment -— mais lentement par la muqueuse gastrique, ainsi que l’a montré Vulpian — par le tissu cellulaire sous-cutané par le derme denudé.
Il est à remarquer que la strychnine jouit à un certain degré d’un pouvoir antiseptique : elle arrête certains processus de fermentation (peptonisation, fermentation lactique), de même qu'elle paralyse le développement des microbes de la putréfaction.
SON CYCLE DANS L'ORGANISME. — Pour les uns, et ce sont les plus nombreux, elle ne subit dans l’organisme aucune modification ; on la retrouve en effet, en nature, dans le sang, dans la substance grise des centres nerveux et surtout, d’après les observations de Gay, dans la moelle allongée. On peut aussi la déceler dans l'urine et la salive,