AUTOPSIE
L’autopsie est pratiquée le 11 octobre à 9 heures du matin, 19 heures après la mort. à
Le cadavre est dans un état de rigidité très marquée, couvert par places de larges plaques ecchymotiques; les orifices du nez sont obstrués par des flocons d’écume, chose notée souvent dans les autopsies de sujets ayant succombé à la suette.
Poumons. — Les poumons sont libres de toute adhérence, congestionnés à leur base. Aucune trace de tubercules ; aucun liquide dans la plèvre.
Cœur. — Pas de liquide dans le péricarde ; l'aspect général du cœur, sa couleur, son volume paraissent normaux.
Les valvules sont saines : notamment pas d'endocardite.
(es)
RE MTO
Le cœur était vide de caillots.
Ouverture de l'abdomen. — La cavité abdominale ne renferme pas de liquide; elle ne présente pas de. granulations tuberculeuses.
Foie. — Le foie est congestionné.
Rate. — La rate est ramollie, mais son volume est normal.
Rein droit. — Le rein droit se décortique très bien ; la substance corticale est très épaissie.
Rein gauche. — Le gauche présente les mêmes caractères que le précédent.
Intestins. — Les intestins ouverts longitudinalement présentent des points analogues à la psorentérie surtout marqués sur l'intestin grêle et à sa partie . terminale.
Ouverture du crâne. — Méninges et vaisseaux normaux.
L'encéphale est congestionné.
Coupe de Flesching.— On remarque un léger piqueté hémorrhagique ; pas de liquide en excès dans les ventricules.
Les plexus choroïdes sont congestionnés. Les coupes de Pitres ne révèlent rien d’anormal.
Bulbe. — Le bulbe est congestionné.
Moelle. — Les méninges sont faciles à arracher. Des coupes transversales faites sur la moelle montrent la substance médullaire parfaitement saine.
Notons toutefois une congestion bien accentuée de la moelle au niveau du renflement lombaire. |
En résumé, nous n'avons trouvé de lésions macros-
2 gt copiques que dans les reins dont la substance corticale était notablement accrue, comme cela se voit dans certaines glomérulo-néphrites infectieuses. L'urine’ contenue dans la vessie du cadavre était, il est vrai, fortement albumineuse, mais on ne peut pas rigoureusement en conclure qu'elle l'était pendant la vie.
Avec le sang du cœur, M. Monnier a ensemencé plusieurs tubes de gélatine (les seuls milieux de culture qui fussent à sa disposition). Aucune végétation ne s'est produite.
Avec le raclage de la rate, il a aussi fait quelques ensemencements sur gélatine: Il s'est développé une culture qui, transportée sur gélose et sur pomme de terre, a donné la végétation ordinaire sur ces milieux du bacille du colon. L'aspect épais et couleur jaune maïs présenté par la végétation sur pomme de terre suffit pour rejeter ici toute comparaison avec le bacille d'Eberth dont la culture sur pomme de terre est, comme on le sait, à peine visible.
Il s'agit donc vraisemblablement d'une contamination post morlem,comme le fait se présente si souvent. Ce cas ne saurait donc éclaircir en rien la pathogénie encore à faire de la suette miliaire.