‹ Contribution à l'étude de la suture cutanée au moyen d'agrafesChapitre 18 sur 22 · EN QUES · texte numérisé non relu

EN QUES

D’autres recherches de cet ordre établissent l'intérêt d’une pince à répétition pour suture métallique cutanée.

Or, l'échec d’une solution unique, si ingénieuse qu'elle eût été, ne suffit pas à faire tenir le problème pour insoluble. En effet, pas plus à l'Etranger (1) qu'en France, M. Michel ne semble avoir été concurrencé dans ses recherches ; et depuis le jugement porté sur le revolver à agrafes par M. Berger, personne à notre connaissance n’a tenu compte des critiques adrèssées à l’appareil; personne n’a cherché à porter remède aux défauts de la pince-revolver, à la simplifier, à l’adapter aux nécessités de la chirurgie.

Aussi notre intention est-elle de donner dans les pages qui vont suivre, un aperçu de notre contribution personnelle à cette étude. Sans prétendre apporter ici la solution décisive d’un problème de mécanique infiniment délicat, nous décrirons celui d’entre nos appareils quiparaît lemieux répondreaux besoins de la chirurgie.

Maïs avant d'aborder ce sujet, nous ferons toutefois remarquer, que pour agrafer les lèvres d’une plaie, — lorsqu'un aide au moyen de deux pinces les maintient affrontées, un appareil des plus simples

suffit.

1. Dans la revue allemande Zeüitschrifft für Krankenpflege de septembre 19071, nous trouvons la description d’une « automatische Pincette ». Dans cet appareil le fabricant d'outre-Rhin, sans souci de masquer son évidente parenté, reproduit rigoureusement le mécanisme de Poriginal français.

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La simplification des armes modernes (fusil et pistolet automatiques) résultant de la substitution d’un « chargeur » aux anciens mécanismes à répétition, nous invitait à fonder notre appareil sur leur principe. De cette idée naquit un instrument dont la simplicité extrême fait l'intérêt ; nous consacrerons tout

d’abord quelques lignes à sa description.

I. — Premier appareil. — «Pince à chargeur », pince porte-agrafes à répétition d'une extrême simplicité. - S'il s'agissait de poser à l’aide d’une seule main une série de ces! « autogriffes » dont M, Lenormand préconise l’application manuelle, instinctivement nous ‘répartirions le travail entre nos cinq doigts : le pouce et l'index s’opposant, constitueraient une pince; les trois autres doigts repliés sur la paume, enfermant les « autogriffes » joueraient le rôle de magasin ; et de là, les agrafes glissant vers l'index seraient à leur tour saisies puis serrées par les deux premiers doigts.

Ce travail manuel peut être réalisé, avec des garanties de régularité et d’asepsie, par deux organes

métalliques de forme équivalente : une pince et un magasin tubulaire.

Dans notre pince à chargeur, ces deux organes confondus à leur extrémité supérieure en une même masse, entrent en rapport par leur extrémité infé-

rieure, pour assurer l’échappement et la pose des agrafes.

La pince reproduit le profil général d’une pince

porte agrafe, dont elle diffère uniquement par la courbure terminale des deux branches : celles-ci, avant de former leur mords, se coudent de 110 degrès, et se prolongent en un segment horizontal, qui s'étend trahsversalement sur quelques millimètres de longueur. Le bord supérieur de ce segment ferme l’ouverture du magasin; son bord interne — destiné à recevoir l’agrafe — est creusé en gouttière. Le profil de la mâchoire est donc représenté par un arc, mais il y a lieu de remarquer que les deux extrémités de cet arc ne sont pas situées sur la même verticale, autrement dit que la corde qui les joint est oblique.

Le magasin est un tube plat dont les dimensions intérieures correspondent à une pile de 25 agrafes, et dont la face antérieure, fenêtrée, permet le nettoyage et le chargement.

À l'intérieur du tube, glisse à la manière d’un piston, une cloison mobile; sans cesse refoulée par un ressort, cet organe maintient les agrafes et les chasse vers l’orifice du magasin. À cette extrémité, le tube confine aux mords de la pince et les déborde légèrement sur certains points, constituant ainsi au-dessous du magasin une rainure transversale dans laquelle les extrémités libres de la pince exécutent leur mouvement de va-et-vient ; l’'écartement des mâchoires est limité à la largeur de l’agrafe (Fig. ).

Considérées au point dé vue de leur fonctionnement les deux parties de l'instrument ont un rôle simple : la première écrase les agrafes que la deuxième lui présente entre les dents.

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Un seul point reste mystérieux : c’est la zone dans laquelle les deux organes entrent en rapport et s’associent pour constituer — à eux seuls .— un mécanisme d'échappement. Chargeons donc la pince et voyons-la à l’œuvre.

Les agrafes sont introduites dans le magasin et conservent, dans cette superposition, l'orientation qu'elles auront plus tard sur la plaie ; dans ces conditions, un simplé mouvement d’abaissement suffira à leur mise en place :

Tout d’abord, la pince étant ouverte, les différents éléments (magasin, mâchoires, agrafes) affectent entre eux les rapports que le schéma n° r de la figure ci-contre met en évidence : au-dessous du magasin, les mâchoires écartées interceptent entre leurs surfaces concaves un espace de même largeur, qui prolonge le canal de la hauteur d'une agrafe, Ainsi aliongé au maximum le magasin est occupé sur toute sa hauteur par la pile des agrafes. L’agrafe tête de file, sous la pression du ressort de refoulement ,a pénétré dans l’étage inférieur, sorte de chambre, dont les parois latérales incurvées en gouttière, et mobiles, ont pour rôle de saisir et d'écraser ensuite la griffe qui s’y est aventurée.

Premier temps. — Portons l’agrafe sur la plaie, et plaçons-la à cheval sur les lèvres qu’un aide maintient affrontées ; pendant cette manœuvre,et comme s’il s'agissait d’une pince porte-agrafe ordinaire, nous exerçons sur la pince une très douce pression pour immobiliser l’agrafe entre les mâchoires.

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