‹ Contribution à l'étude de la suture cutanée au moyen d'agrafesChapitre 19 sur 22 · AGREE · texte numérisé non relu

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Deuxième temps. — Serrons alors l’agrafe ; cette lamelle métallique plie sous la pression ; elle « fait le gros dos »et sa courbe s'inscrit dans le sinus de l’agrafe immédiatement supérieure. En même temps ses extrémités se rapprochent, les picots pénètrent les chairs : l’agrafe est en place (Sch. 2). Suivons alors les mâchoires dans le mouvement d’écartement :

Troisième temps. — Un léger relâchement de la pince permet à l’agrafe amoindrie par lassement d'échapper. Quant aux autres griffes, trop longues encore, car non déformées, elles sont retenues par le segment terminal et horizontal de la pince (Sch. 3).

Enfin l'ouverture de la pince se complète; un vide s'établit entre les mords ; l’agrafe suivante vient aussitôt le combler; elle franchit le détroit DD” dont la largeur est celle du magasin; mais le détroit dd’ plus petit que DD” la retient.

A ce moment (Schéma n° 1) la pince est à nouveau armée; l’agrafe n° 2 est prête à être posée.

Ces explications, un peu longues, étaient nécessaires ; car le principe de léchappement, en raison même de sa simplicité, tendait à passer inaperçu. Elles paraissent d’autant plus longues, qu'en pratique, la pose des agrafes à l’aide de cet appareil — toujours armé — est encore plus rapide qu’à l’aide de la pince-revolver.

En résumé, cette pince à répétition, qui fonctionne avec une parfaite régularité, offre les avantages inhérents à sa simplicité : robustesse, prix modique ; mais

nous convenons de la lenteur dans le chargement à laquelle nous condamne l'orientation particulière des agrafes dans le magasin.

De plus, cette pince, qui ne peut que suturer, suppose un affrontement préalable, c’est-à-dire la présence d’un aide ; et dans la pratique journalière, le médecin, souvent isolé, aura besoin de deux pinces à disséquer pour réaliser cet affrontement. Ces considérations réduisent l'intérêt pratique de cet appareil, qui ne doit une mention spéciale qu’à son ori-

ginale simplicité.

II. — Ce que doit être une pince pour sutures cutanées. — Affronter convenablement les lèvres d’une plaie à l’aide d’une seule pince, sans le secours de l’aiguille, qui fixe l’un après l’autre les deux bords, est une chose à peu près impossible ; le concours des deux mains, armées chacune d’une pince à griffes est nécessaire.

Dans le ces qui nous occupe, la main gauche, jouant le rôle d’auxiliaire sera pourvue d’une pince à disséquer; la main droite, qui se propose tour à tour d’affronter, puis d’agrafer les lèvres de la plaie, sera nécessairement munie d’une « pince à double effet ».

M. Paul Michel avait prévu l'intérêt de ce double rôle, et l'emploi de sa pince-revolver sous-entendait — au prix de certaines manœuvres — les avantages d’une seule pince cumulant deux fonctions :

«Si ou rabat le bras mobile à l’aide de l’annulaire.

pe 4o 2-4 on possède une pince pour l'affrontement ; elle reste dans cet état sans qu'on ne l'ouvre pas en grand (1). » F

L'opérateur pouvait donc, — s’il s'imposait cette discipline de libérer ou de paralyser en temps utile le « bras mobile », — modifier le jeu de son iastrument, qui fonctionnait tour à tour comme pince à disséquer, ou comme pince porte-agrafe. Mais que de manœuvres, que de gestes supplémentaires accaparant lattention du chirurgien !

Les opérateurs semblent d’ailleurs avoir eu rarement recours à ces débrayages fastidieux, et n'avoir vu dans la pince-revolver qu’une pince à agrafer les plaies.

& Il faut qu’une traction exercée sur les extrémités puisse en affronter les bords » (2).

En somme, la pince-revolver, qui réclamait l’affrontement préalablement réalisé par un aide, ne permettait en pratique que la suture ; elle: ne constituait pas une pince à double effet, et, à travail égal, son mécanisme compliqué pourrait être mis en parallèle avec notre pince précédemment décrite.

De l’ensemble des critiques qui précèdent, nous déduirons maintenant les qualités que l’on exige

d’une pince à suture, et nous les résumerons en ces termes :

1° Simplicité ;

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