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laire de la manivelle, et tend à s'engager dans son encoche.
FoNcrionNEMENT. — Une pince ainsi construite sé prête d’elle-même aux différentes phases de la suture : saisie entre le pouce et l’index, et secondée par une pince à disséquer tenue de la main gauche, la pince à double effet réalise d’abord sur quelques centimètres de la ligne d’incision un affrontement parfait; dans ce travail notre appareil se laisse manier aussi facilement qu’une pince à disséquer ordinaire, car en raison de la direction oblique donnée à l'instrument, ni le magasin récliné loin des mâchoires, ni le ressort indifférent à la fermeture de la pince, ne viennent entraver le libre jeu de ses branches ; cet état de choses dure tout le temps de l’affrontement, c’est-à-dire tant que l'affrontement oblige le chirurgien à maintenir sa pince dans l’inclinaison qui convient à cette opération.
Lorsque les agrafes deviennent nécessaires pour rendre permanent cet affrontement, le chirurgien instinctivement redresse sa pince, et la met ainsi en mesure de jouer son deuxième rôle. Cet appel aux agrafes suffit à déterminer leur venue : le magasin tombe, et la première agrafe se présente à hauteur des mâchoires, exactement en face des gouttières réservées aux « volutes ». L'opérateur ferme la pince sur cette agrafe, et l’immobilise. Reste à renvoyer le magasin.
Pour rendre intelligible le mécanisme par lequel le magasin est renvoyé loin des mâchoires, il est
nécessaire de préciser les rapports des divers organes de l’appareil à cette période :
Le magasin est tombé, et la masselote sous l’influence de la pesanteur s’est engagée dans l’encoche de la manivelle ; ce « bâton mis dans la roue » immobilise le magasin, et fixe les rapports de l’agrafe avec la pince. Sur l’agrafe ainsi immobilisée, la pince a serré ses mords.
Quant au ressort ? Sa branche C, refoulée par la branche B de la pince, est devenue horizontale 5 sa branche D exerce sur le magasin une pression qui tend à le repousser vers le haut ; entre ses deux chefs rapprochés la partie hélicoïdale du ressort est sous tension, mais la masselote, verrouillant le système, s’oppose à la détente.
Il s’agit alors de réaliser du même coup le déclanchement du mécanisme et le dégagement de l’agrafe (car cette dernière, déjà saisie par la pince est cependant encore emprisonnée dans le magasin).
Un seul mouvement,—l’abaissement de l’arbre O, — va permettre la double libération de la manivelle et de l’agrafe.
Ce mouvement, qui n’est l’effet d'aucun geste spécial, intervient automatiquement en temps utile : lindex (ou l'index et le médius) qui semble appuyé sur la branche A de la pince, repose en réalité sur une lame d’acier arquée, qui double la face externe de cette branche ; assez forte pour supporter sans fléchir la contre-pression qu’en réponse à l'effort du pouce (qui ferme la pince et bande le ressort) l’in-
ra
dex exerce sur elle, cette lame fléchit sous une pression plus forte. Cette condition est précisément réalisée par l’interposition d’une agrafe entre les mords de la pince ; sur cet obstacle la pince se ferme, la pression croît et retentit sur la lame ; l'arc fléchit sous l'index, redresse sa courbure et allonge sa corde ; l’arbre O, implanté à l'extrémité de cette corde, est de ce fait abaissé.
L’abaissement du pivot, ou si l’on veut de la manivelle fixée sur lui, a deux conséquences :
D'une part (au-dessous de la manivelle) l’abaissement du pivot a pour effet d’entraîner vers le bas le magasin articulé sur lui ; relativement à l’agrafe, immobilisée par la pince à hauteur de ses mords, l’'abaissement du magasin équivaut à un soulèvement de l’agrafe, qui, refoulant légèrement la lame supérieure du magasin, s'élève au-dessus de la butée. Il est évident qu’à ce moment il suffirait, pour isoler complètement l’agrafe, d’une rotation de la maninelle projetant l'extrémité inférieure du magasin en avant.
D'autre part (au-dessus du pivot), la manivelle en s’abaissant, tend à se dégager de la masselote ; le déclanchement se produit finalement, permettant la rotation du système.
En résumé, le mouvement d’abaissément imprimé au pivot du mécanisme prépare d’abord l’échappement de l’agrafe en Ja soulevant au-dessus de la : butée ; ce même mouvement parfait ensuite l’isole ment de l'agrafe en laissant le magasin s'éloigner :
a Ari cel
celui-ci sitôt déclanché, remonte sous l’action du ressort, par un rapide mouvement de bielle.
La pince tient alors entre ses mords une agrafe isolée ; on la met en bonne place sur les lèvres affrontées de la plaie. Puis laissant la pince se rouvrir, et le magasin retomber, on saisit une nouvelle agrafe... et ainsi de suite, car tant que la pince sera tenue verticalement, elle fonctionnera comme une pince-pose-agrafes à répétition.
Bientôt, lorsque la plaie est suturée sur les premiers centimètres, il convient d'affronter sur une nouvelle longueur les lèvres de la plaie : solidaire de notre main qui-à cet effet, comme par un réflexe retombe en arrière, la pince revient à sa position oblique ; le magasin, qui depuis la pose de la dernière agrafe est maintenu relevé par la fermeture de la pince, profite de celte inclinaison pour se caler dans cette attitude qui durera le temps de l’affrontement. |
Comme on le voit dans cet exposé, notre pince toujours saisie entre le pouce et l'index, ne reçoit jamais de nos doigts qu'un seul et même mouvement de flexion ; mais à ce mouvement toujours le même succèdent des effets de deux ordres : de la position de la pince dépend sa fonction.