DIAGNOSTIC
Le diagnostic, dans Les cas synostose radio-cubitale bilatérale est, en général facile, si on connaît cette malformation et si on en a déjà vu.
L’attitude du sujet qui en est atteint est assez caractéristique. La position des deux membres en pronation complète et l’impossibilité de la supination signe le diagnostic. Si les mouvements exigeant la supination sont effectués correctement, le diagnostic de synostose radio-cubitale se trouve éliminé 1pso-facto.
Dans les cas unilatéraux, et notre cas en était un, le diagnostic présente souvent des difficultés plus grandes et l’hésitation entre synostose congénitale et synostose acquise est justifié.
Si l’ensemble des symptômes permet d’aflirmer l'existence d’une soudure osseuse radio-cubitale, 1l ne faut pas oublier qu’une telle lésion peut être acquise et il faut rechercher dans les antécédents du sujet tous les indices permettant de rattacher cette synostose à un traumatisme. D'ailleurs, les parents
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du malade ou le malade lui-même, a toujours tendoace à rattacher n'importe quelleinfirmité à un traumatisme. Dans quelques observations de la statistique de Madrange (Thèse Paris, 1914), le doute persiste au point de vue de la nature congénitale de la malformation. Les synostoses radio-cubitales supésupérieures traumatiques, ainsi que le démontrent les observations de Malgaigne, d’Hamillon, d’Helferich, P. Delbet, Pirquet, Mouchet, sont assez fréquentes.
D'après ces auteurs, les affections pathologiques des os (rhumatisme, tuberculose, syphilis, ostéomyélite-exostoses) peuvent aussi produire des soudures radio-cubitales. On recherchera donc attentivement la possibilité d’un treumatisme antérieur, l'existence de maladies infectieuses pendant le jeune âge, et l’on examinera le rôle que l’une ou l’autre cause a pu Jouer dans la genèse de la difformité.
L’existence de malformations concomitantes voisines ou éloignées, l’atrophie musculaire, la recherche de l’hérédité chez les ascendants, les complications de l’accouchement seront de précieux arguments en faveur de la nature congénitale de l’affection. Le diagnostic sera surtout basé sur les commémoratifs et sur les caractères radiographiques de la soudure — assez caractéristiques, suivant qu'il s’agit d’une synostose congénitale, d’un cal traumatique, d’exostoses, d’arthrite infectieuse. Le cal traumatique est en général irrégulier, assez volumineux, et ne cache pas la tête radiale qui reste appréciable à la palpa-
A) ne Prés
tion. Tous ces signes permettront de rapporter à sa juste cause, la lésion que le simulateur atteint de synostose congénitale, chercherait à faire attribuer à un accident de travail (Kréglinger) ou à une inaptitude au service militaire (Jean de Toulon).
D’autre part, l’absence de douleur, de gonflementde déformations permettra d'éliminer les affections pathologiques des os (tuberculose ankylosante, syphilis, ostéo-myélite, exostose).
Le cas de pronation permanente cité par Jean de Toulon (Bulletin et mémoire de la Société de Chirurgie) et causé par une malformation de la tête radiale chez un homme qui avait à l’autre avant-bras une synostose radio-cubitale classique est très rare et peut être unique.
C’est l’image radiographique seule qui entraîne la conviction dans ces cas douteux.
L'examen clinique complété par l’exam2n radiographique permettra, de même, facilement, d’éliminer deux lésions qui, à première vue, donnent quelques-uns des symptômes de la synostose radiocubitele.
La fracture ancienne et isolée de l’extrémité supérieure du radius et la fracture de Monteggia (fracture isolée du cubital avec luxation de la tête humérale.
Thèse Derveaux.