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que l'interrogatoire aura fourni au sujet de l’impotence fonctionnelle et analysera les processus compensateurs.
D'abord, on cherche à palper la tête radiale. En général, on ne la sent pas. Parfois, il existe à son niveau une petite dépression. Ensuite, on examinera de près le squelette de l’avant-bras. On le saisira immédiatement au-dessous du coude, et, d’autre part, au niveau des styloïdes radiale et cubitale. Dans ces conditions, on arrivera parfois à vérifier que Radius et Cubitus forment un tout homogène incapable de tout mouvement de torsion — c’est là — quand on le trouve — un symptôme très intéressant.
Les mouvements de flexion et d’extension du coude, sont tantôt libres, tantôt limités, et ce fait semble dû à la présence ou non d’une luxation de la tête radiale. C’est, ou cette luxation ou des ostéophytes qui bloquent l’articulation et on conçoit qu’il en résulte une limitation, soit dans les mouvements de flexion et d'extension, soit dans un seul de ces mouvements.
De plus, après avoir acquis la certitude d’une synostose, 11 faut essayer de la localiser, sans doute, nous savons que la plupart du temps, la synostose est supérieure. Mais nous savons qu’une synostose inférieure peut coïncider avec une synostose supérieure. Aussi devra-t-on toujours explorer avec soin la partie inférieure du squelette anti-brachial.
Pour cela, on saisit entre le pouce et l'index d’une main, l'extrémité inférieure du radius ; de l’autre
celle du cubitus. On les saisit bien en s’efforçant de ne pas prendre en même temps les tendons, qui, glissant sous les doigts fausseraient les indications.
Alors, on cherche à faire mouvoir les 2 os l’un sur l’autre, dans le sens antéro-postérieur. À l’état normal, on perçoit de cette façon, une mobilité très nette. Dans les cas qui nous occupent, l’étendue de ces mouvements est celle que permet l’élasticité des tiges osseuses situées au-dessous de la synostose, c’est-à-dire qu’elle est extrêmement faible et demande
à être recherchée très minutieusement.
EN RÉSUMÉ : À toute synostose Radio-Cubitale, il existe trois signes principaux communs.
19 Pronation permanente.
20 Impossibilité d'augmenter la Pronation.
39 Impossibilité de la Supination.
Mais les synostoses, avec ou sans luxation de la tête radiale se différencient par certains signes.
Les synostoses, non accompagnées de luxation de la tête radiale sont caractérisées :
1° Par une absence de déformation du poignet.
29 Par une absence de gêne dans les mouvements de flexion et d'extension du coude ; sauf s’il existe
des ostéophytes,
Les synostoses accompagnées de luxation de Îa tête radiale sont caractérisées :
19 Par une gêne dans les mouvements de flexion et d'extension du coude.
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20 Par une pseudo-déformation du poignet due à la déviation des axes des os de l’avant-bras.
Très souvent il n’y a pas beaucoup de diminution, de la force musculaire. Il n’y a pas non plus de troubles des réactions électriques, tant à l'excitation faradique qu’à l’excitation galvanique. C’est le cas de notre observation.
D’après certains auteurs, en particulier Leleu, Mouchet et Rais, l'examen général des sujets atteints de synostose radio-cubitale montrerait dans une forte proportion des malformations associées. Outre la luxation congénitale du radius, on trouve l’atrophie et même l’absence de l'extrémité supérieure de cet os.
Dans l’observation [ de Schnudt, le membre lésé était atrophié et portait un pouce surnuméraire ; un frère du malade portait six doigts à chaque main. Dans lobservation de Longuet et Péraire, le malade avait la main bote et présentait un arrêt très marqué du développement psychique. Une malade de Davenport présentait un torticolis congénital, une autre de Rocher avait un pied bot, une autre de Joachimsthal avait les pieds plats, une absence du pouce et de son métacarpien. On retrouve aussi comme autres malformations associées à la synostose Radio-Cubitale, les sillons congénitaux cutanés (Schmidt- Kümnel), la luxation de la hanche, labsence des os du carpe, la déformation congénitale de la poitrine, la syndactilie. Dans les cas que nous rapportons ici, la synostose Radio-Cubitale supérieure existe seule,
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l'enfant ne présente aucune malformation ni aucun signe de rachitisme.
La Radiographie
La radiographie esi d’une importance capitale ; c'est elle qui, la plupart du temps, permet de faire le diagnostic. Elle donne l’image caractéristique de la synostose Radio-Cubitale : la soudure des extrémités supérieures du radius et du cubitus.
En outre, la radio permet de voir si la synostose existe seule ou s’il existe d’autres lésions associées. Elle peut aussi parer à une erreur de diagnostic, révélant la présence d’un corps étranger, d’un cal profond ayant échappé aux autres moyens d’investigation.
La radiographie montre deux signes capitaux.
10 La FUSION DES ÉPIPHYSES RADIALE ET CUBI- TALE en un bloc osseux dans lequel ces deux os perdent leur individualité propre pour ne former qu’une seule épiphyse articulaire, gardant dans l’ensemble la forme d’une épiphyse cubitale renforcée et élargie. Il existe ainsi au niveau de l'articulation radio-cubitale supérieure un tissu compact de néoformation s'étendant sur un espace variable de 2 à 7 centimètres dans les observations citées par Leleu, de la moitié supérieure des 2 os dans le cas qui nous intéresse. Ce tissu néoformé unit en bloc radius et cubitus. La fusion de ces 2 os se fait intimement et
largement.
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20 LA DISPARITION DE L'EXTRÉMITÉ SUPÉRIEURE pu RADIUS (Tête et col).
Mardrange, en 1914, signalait dans sa thèse qu’il y avait dans les observations qu’il citait, fonte osseuse et perte de l’individualité des extrémités supérieures du radius et du cubitus. Il conclut lui aussi à l’existence (Thèse Paris, 1914, p. 83) d’un tissu compact néoformé au point où les 2 os se croisent.
Pour Raiïs, l’union osseuse se ferait par fusion de la substance compacte de la surface des deux os. Chacun garderait son individualité, même au niveau de la soudure. Quand la synostose est pure, dit-il, (S. R. C. Revue d’orthopédie, 1907, p. 437), il semblee rait qu’un trait d’une scie fine dédoublant le mur osseux épais compact et résistant, commun aux deux os, serait suffisant pour rendre à l’avant-bras, un squelette normal. Cependant, ajoute-t-il, à la limite des aires suivant lesquelles les os entrent en connexion, il semble qu’il y ait eu une légère prolifération osseuse.
Dans notre observation, la soudure est absolue entre le cubitus et le radius. Il existe un bloc d’apparence osseuse au niveau de l'articulation radiocubitale supérieure.
La diaphyse radiale est souvent hypertrophiée et tordue sur son axe ; rarement amincie.
Le cubitus présente parfois une augmentation de courbure et peut être atrophié et déformé.
La radiographie permet de voir aussi s’il existeune luxation de la tête radiale. Cette dernière est,
le plus souvent luxée en avant du cubitus, parfois en arrière, plus rarement en dehors ou en dedans.
La radiographie peut encore révéler d’autres déformations :
19 Les ostéophytes, comme dans l'observation de Beuchard, en 1921. Il existait deux ostéophytes donnant à l’extrémité proximale radio-cubitale la forme d'une clé anglaise, plus fermée que normalement, qui enserrait comme un écrou la trochlée humurale.
2° Une synostose supérieure et inférieure ;
30 Une synostose radio- dde (M. Chellsson, 4921).
49 Enfin, des malformations humérales.
Voici l'observation que M. le D' de Fourmestraux de Chartres a bien voulu nous communiquer :
Enfant. 3 ans 1 /2, adressée au D' de Fourmestraux par le Dr Martin de Chateauneuf-en-Thymerais, qui avait remarqué la difficulté de l'enfant à utiliser sa main droite. A:
Enfant d’aspect tout à fait normal, une sœur bien portante (Appendicite aiguë). Aucune tare organique précise dans la famille. Les parents sont très vigoureux et on ne retrouve ni tuberculose ni syphilis- La mère n’a jamaïs fait de fausse-couche.
Les grands-parents vivent encore et n’ont jamais présenté d’affection grave. En résumé, on ne retrouve aucune tare organique, ni aucune malformation dans la famille.
L'accouchement a été facile (secondipare), et la fillette est née dans des conditions normales. Les
premiers pas ont eu lieu à un an. Depuis quelques mois seulement, la famille s’aperçoit que le bébé se sert de façon maladroite de sa main.
L'examen clinique est fait en octobre 1933 par M. le DT de Fourmestraux. L’enfant a un aspect extérieur superbe. Le membre supérieur gauche est absolument normal.
À droite, il existe une atrophie musculaire légère portant sur la totalité de la musculature du membre.
Les bras pendant le long du corps, on remarque une attitude très spéciale de la main et de l’avantbras. La main est en pronation, la face palmaire orientée en dedans, et si on demande à l’enfant, fort intelligente, de la tourner en dehors, elle mobilise immédiatement son épaule qui exécute un mouvement de rotation et d’abduction.
EN Demi-FLExION, la face palmaire de la main gauche est orientée en haut ;
La face palmaire de la main droite est orientée en dedans, prenant l'attitude qu’a décrit le D' Mouchet, « du prêtre à l’autel ».
Quand l'enfant ramasse un objet, ce qu’elle fait sans difficulté, elle mobilise son épaule, ramasse l’objet facilement de bas en haut, très difficilement de haut en bas.
Pour manger, et dans les actes courants de la vie, l'enfant se sert de préférence de la main gauche, et c’est du reste le symptôme qui a attiré le premier l’attention de la famille.
Quand elle veut avec une cuiller, prendre du li-
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quide dans une assiette, elle exécute de façon facile, le premier mouvement, mais renverse les aliments, quand, pour porter la cuiller à la bouche, elle est obligée de prendre l'attitude de supination. Malgré cela, elle est relativement peu gênée dans les actes courants de la vie.
Examen oBJEcrir. — L’attitude a déjà été décrite. La musculature est à peine moins développée à droite qu'à gauche avec une atrophie légère qui porte sur les muscles épitrochléens et olécraniens. Les sensibilités tactile et thermique sont normales. L'examen électrique ne montre aucune réaction de dégénérescence.
Les mouvements de flexion et d'extension du coude sont normaux.
EN RÉSUMÉ, on constate deux signes principaux :
19 Pronation permanente. — Si l’on veut augmenter la pronation, il y a rotation et abduction de l’épaule.
20 Supination presque impossible, très limitée. Il y a pseudo-supination de la totalité du membre, grâce à la mobilité scapulaire.
Examen du thorax: Rien d’anormal à l’auscultation.
Examen radioscopique : Les poumons sont normaux, le sinus costo-diaphragmatique gauche est légèrement obscur. Il y a quelques ganglions trachéobronchiques sans grande valeur clinique, quelquesuns récents, d’autres groupes trachéo-bronchiques sont calcifiés noirâtres de plus ancienne date.
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Cœur normal.
Pas de malformations des membres inférieurs. La colonne vertébrale est normale. Le membre supérieur gauche est normal. À droite, on constate la synostose dont on précise l'existence par la radio ci-jointe.
Examen radiographique
Il s’agit d’une synostose radio-eubitale s'étendant presque jusqu’à la moitié des deux os de l’avantbras. La soudure est véritablement absolue entre le radius et le cubitus.
Au niveau de l'articulation radio-cubitale supérieure, 1l existe un bloc, d'apparence osseuse.
La tête radiale est entièrement soudée et son extrémité distale paraît très atrophiée.
L’articulation du coude est intacte.
Conduite à tenir
En raison de l'étendue des lésions et de la gravité possible d’une intervention, on s’abstient, d’autant que les mouvements de suppléance de l'épaule permettent l’utilisation de la main dans la plupart des” actes courants de la vie.
Pro fil
Face
Bain
SU