‹ Contribution à l'étude de La syphilis héréditaire précoceChapitre 14 sur 37 · pour 100 dans le cas de syphilis des deux parents · texte numérisé non relu

pour 100 dans le cas de syphilis des deux parents

60 — — maternelle seule.

28 — — paternelle »

ie Voici une autre statistique des enfants nés de syphilitiques en dehors de la mortalité :

92 pour 100 dans le cas de syphilis des deux parents. D4 — — maternelle seule.

31 — —— paternelle »

D’après ces chiffres, il est facile de se rendre compte combien est nocive l'influence de la syphilis sur le produit de la conception. Et si la syphilis paternelle semble moins grave pour l'enfant, c’est que la plupart de ces enfants syphilitiques du fait de leur père meurent avant de naître. Cependant, cette hérédité n’est pas absolument fatale, comme nous lPavons vu dans un chapitre précédent.

L'influence de la syphilis héréditaire dans la dépopulation dans bien des pays où la syphilis est extrêmement fréquente, ressort clairement de ces statistiques.

Il estimportant de connaître l'influence du temps sur la transmission de la syphilis. Tout le monde est d'accord sur l’action variable de la syphilis des parents, suivant son âge au moment de la conception ; mais l'on est moins bien renseigné sur la manière dont elle s'exerce. Pour Henocb, la syphilis n’est pas dangereuse en dehors des accidents secondaires. C’est une opinion qui est trop exclusive, car on & vu son influence nocive s'exercer après dix et même quinze ans. [l est plus conforme à l'observation d'admettre que l'influence de la syphilis devient d'autant moins redoutable, qu'elle est plus ancienne. Sur 62 grossesses avec enfants syphilitiques, le professeur Fournier n'en a relevé que 60 après la sixième année de l'infection. Le temps atténue donc nettement cette transmission héréditaire.

Le traitement agit de même. Cette dernière influence est

; — 31 — parfois provisoire, elle cas suivant cité par Turhmann ({),qui est devenu classique, est Lypique à cet égard :

« Une femme syphilitique a sept grossesses, avec sept enfants syphilitiques. Surviennent une huitième, une neuvième grossesse pendant lesquelles elle se soumet au traitement et qui se terminent par la naissance de deux enfants sains. La femme se croyant guérie ne se traite pas pendant une dixième grossesse et celle-ci donne un enfant syphilitique mort à six mois. Une onzième grossesse pendant laquelle la mère reprend le traitement évolue normalement et se termine par la naissance d'un enfant absolument sain» (Atlas manuel de la syphilis et des maladies vénériennes. Fr. Mracek. E. Emery. Paris, 1900).

Les cas de ces alternances héréditaires ne sont pas fréquents. Ils sont même très rares. Kassovitz, Taylor, Turhmann, en ont cilé.

Dans un nombre de cas, ces alternances s'expliquent par l'influence du traitement, « mais il est d’autres cas — et en bien plus grand nombre — où ces alternances restent absolument inexplicables. » (Fournier).

L'hérédité syphilitique est donc profondément modifiée par le traitement spécifique et les observations de cet ordre ne sont point rares.

(4) Turhmann. Gazette médicale, 24 juin 1843.

Page 1