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DIAGNOSTIC

Comme il n’est pas toujours facile de reconnaitre la syphilis chez le nouveau-né, car il importe de diagnostiquer la maladie, non seulement à l’état d'activité, avec toutes ses apparences, mais encore lorsqu'elle a cessé d'exister et que l'enfant ne porte plus que des traces, il est d’une grande importance de bien connaitre toutes les règles sur lesquelles elle repose.

Beaucoup de praticiens ont de la tendance à voir souvent de la syphilis quand ils sont en présence d’une éruption cutanée. Il est donc nécessaire de pouvoir distinguer ces éruptions, qui, par rapport à la syphilis, sont très fréquentes chez les enfants. En effet, les frottements et la malpropreté peuvent irriter la peau fine et délicate du nouveau-né et produire ainsi des lésions, qui prennent l'aspect des accidents spécifiques et font hésiter le praticien le plus consommé.

D'autre part, étant donné que les éruptions syphilitiques se manifestent habituellement sur les parties 1rritées : les fesses, les cuisses, le pourtour de l'anus, la plante des pieds, le diagnostic certain devient plus difficile.

Etant donné aussi que les cachexies, quelles qu’elles soient, frappent surtout la peau et la muqueuse, et que la syphilis se manifeste souvent par une cachexie, le diagnostic uevient encore plus difficile.

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Il faut donc, pour poser le diagnostic, se demander si ces accidents sont réellement dus à la syphilis.

De toutes les manifestations de la syphilis héréditaire, les altérations de la peau sont celles qui peuvent être les plus utiles pour le diagnostic. Ces éruptions cutanées ont généralement une teinte violacée qu'un œil attentif distinguera toujours des autres éléments éruptifs.

Le facies a aussi une grande importance pour le diagnostic. La face est atteinte d’une manière plus apparente ; ridée et d'une teinte toute particulière, elle donne à l'enfant l'aspect d’un petit vicillard. « Dans plus d’un cas, dit Trousseau, le médecin, instruit par une longue habitude, diagnostiquera presque à coup sûr la syphilis à la seule vue du visage de l’enfant, et cependant cette coloration ne peut être que grossièrement définie par le discours ».

Les accidents qui éclatent du quinzième jour au troisième mois, et qui consistent en coryza, bulles de pemphigus, ulcérations, plaques muqueuses, ete., seront rapportés à la syphilis héréditaire.

L’athrepsie, la diarrhée, les vomissements d'origine inconnue doivent toujours nous faire soupçonner l’hérédo-syphilis. L’athrepsie, surtout si elle présente les apparences attribuées à la cachexie syphilitique, doit éveiller le soupçon de la contagion.

Les lésions les plus constantes de la syphilis héréditaire sont celles des testicules. «Quand, chez un enfant suspect, on trouve des testicules volumineux, durs comme des billes et indolores, on peut presque toujours affirmer qu'il est atteint de syphilis héréditaire. En dehors de cette maladie, en effet, l'hypertrophie n’est pas commune », dit Sevestre.

À part ces lésions, la syphilis, nous le savons, attaque aussi

le foie, la rate et plus spécialement le système osseux, qu'on ne doit jamais négliger d'examiner.

L'enquête doit être faite avec un soin particulier, quand on soupçonne la syphilis chez les parents. Les grossesses antérieures, les avorlements en série, suivant l'expression adoptée, la céphalée nocturne, fourniront au médecin des renseignements précieux pour poser le diagnostic. |

La question du diagnostic de la syphilis héréditaire chez un enfant est importante aussi à un autre point de vue : celui de la nourrice, qu'on va lui donner, si sa mère ne peut pas l'allaiter. Dans le cas où l'enfant est nourri par sa mère, il est moins urgent de se prononcer, puisque, d’après la loi de Colles, le fait d'avoir engendré un syphilitique lui confère une immunité certaine contre la contagion.

Si on doit confier l'enfant à une nourrice pour une cause quelconque, il faut l’examiner avec beaucoup de soin, pour voir s'il ne présente pas d'accidents spécifiques.

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