‹ Contribution à l'Étude de la Syphilis Post-TraumatiqueChapitre 14 sur 29 · AE PE · texte numérisé non relu

AE PE

en 1909, le malade a un seul enfant, né après une grossesse de 7 mois; la femme n’a pas eu de fausses couches.

L’ulcération nécessitant l’hospitalisation de M. a débuté en août 1925; le malade tomba sur le bord d’une plaque tournante et se fit une plaie superficielle à la face interne de la jambe gauche. Depuis, cette plaie ne s’est jamais cicatrisée; à la suite de traitements locaux, il s’est formé plusieurs fois une pellicule noirâtre sans qu’il y ait restitution complète des téguments au niveau de la plaie initiale. Puis apparut tout autour de l’ulcère une vaste plaque brunâtre avec des zones violacées; deux petites ulcérations ovalaires se développèrent au voisinage et mirent longtemps à se cicatriser. Le malade signale qu’à plusieurs reprises, la nuit, il est réveillé par une violente douleur, fugace, au niveau du tiers inférieur de la jambe gauche.

A l'entrée, on note au niveau de la face interne de la jambe gauche, à l’union du tiers inférieur et du tiers moyen, une petite ulcération de 1 cm de longueur, ovalaire, à bords nets et réguliers, non décollés, à fond rouge; elle est légèrement adhérente aux plans profonds. Autour de la lésion existe avec les dimensions d'une paume de main, une zone où les téguments sont violacés et desquamants ; en bordure, la coloration est brun clair.

A la face externe de la jambe, cicatrices blanchâtres des deux ulcérations apparues postérieurement à la lésion initiale traumatique. Il existe un léger œdème de la jambe et du pied.

Pas de signes de lésions viscérales, sauf l’existence d’une rate un peu augmentée de volume.

En somme, il s’agit d’un malade présentant depuis plus d’un an, une ulcération de la jambe, apparue après un traumatisme, rebelle à la cicatrisation et s’accompa-

gnant d’une vaste zone de dermite pigmentée et purpurique,

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Note du Docteur Favre, 22 juillet 1927. — Le malade est entré dans le service, atteint d'accidents ulcéreux de la jambe gauche, au tiers moyen, consécutif à un traumatisme ayant porté vers le bord antérieur du tibia. Le traumatisme s’est rapidement accompagné de modifications à distance inexpliquables par cette seule étiologie. L'ensemble des modifications tégumentaires s'étend sur une zone de 12 em. de hauteur; à côté de l’ulcération traumatique, deux autres plaies sont apparues, l’une à la face externe -du membre, l’autre sur le bord antérieur du tibia; elles furent longtemps sans se cicatriser. Quant à l’ulcération traumatique proprement dite, lorsque le malade est venu demander conseil, elle est encore ouverte, à fond rouge; elle s’accompagnait d’un épaississement de tout le placard pigmenté et purpurique et de douleurs très marquées.

L'existence de ces singulières ulcérations sans rapport avec un traumatisme très localisé qu’elles débordent largement, la netteté de l’aspect des lésions cutanées pigmentées et purpuriques fait instituer un traitement antisyphilitique qui amène la cicatrisation des lésions et la disparition des douleurs. Il existe encore un peu d’épaississement dermique et l’activité de la lésion se traduit encore par de petits points purpuriques dans la cicatrice. Sur le dos du pied se sont développées de nombreuses varicosités en réseau et sur leur trajet de petites plaques rouge violacé qui sont comme les feuilles de ces arborisations vasculaires et disparaissent par la pression du doigt pour se remplir ensuite instantanément. L’aspect est celui d’angiomes maculeux, développés le long d’un réseau de varicosités néoformées; ces singulières productions se prolongent sur la région malléolaire externe.

La réaction de Wassermann pratiquée le 21 juillet est négative. L’examen général ne révèle pas de signe pathologique viscéral autre qu’une rate un peu grosse,

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