CHAPITRE IV
Pathogénie
Le mécanisme de la production des manifestations syphilitiques post-traumatiques a été très diversement interprété. Verneuil, dans ses premiers travaux, avait invoqué la vieille théorie du « locus minoris resistentiæ » créé par le traumatisme. Les éléments anatomiques sont endommagés, amoindris en leur résistance par des modifications circulatoires et deviennent ainsi une proie plus facile pour l’infection, qui s’y localiserait avec élection. Cette ancienne loi de pathologie générale conserve toute sa valeur et un certain nombre d’auteurs ayant risqué des théories pathogéniques sur la Syphilis post-traumatique, n’ont fait que l’adapter aux données nouvelles sur l’infection spécifique.
Pasini suppose que les tissus de néo-formation consécutifs au traumatisme, ne sont pas doués des mêmes propriétés biologiques que les tissus sains : ils seraient en particulier dépourvus d’immunité. Les
modifications apportées aux éléments anatomiques par le traumatisme, aboutiraient donc à la création de régions non immunisées où s’arrêteraient, par une véritable métastase, les trépomènes venus d’un foyer plus ou moins éloigné et véhiculés par le sang.
Reste la question de l’origine de ces trépomènes se localisant au niveau de la région traumatisée. Dans les cas d'infection syphilitique postérieure au traumatisme, les théories précédentes se conçoivent aisément : l’agent infectieux est alors transporté par la circulation sanguine, voire même lymphatique et on s'explique très bien son arrêt au lieu de moindre résistance ou de moindre immunité créé par le traumatisme, Mais ces cas sont d’une excessive rareté.
Pour ce qui est de la Syphilis post-traumatique telle que nous l’avons définie, le traumatisme étant bien postérieur à l’époque de la contamination syphilitique, diverses hypothèses ont été proposées.
Milian pense que la syphilis, comme les autres infections (tuberculose, lèpre), essaime de temps en temps des parasites dans la circulation générale, par de véritables poussées septicémiques et ceux-ci se localiseraient et pulluleraient en particulier dans les régions traumatisées, là où il y a interruption, ralentissement ou remous de la circulation capillaire. Cette théorie explique parfaitement les cas, rares d’ailleurs, de manifestations syphilitiques après un traumatisme survenu au cours de la période secondaire de l’infection. Les notions nouvelles de patho-
logie générale de la syphilis montrent en effet qu’il