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existe souvent alors un très grand nombre de tréponèmes en circulation, un véritable état septicémique et dans ces cas, les manifestations syphilitiques sont généralisées et le traumatisme ne fait que les localiser, les concentrer en quelque sorte sur un point particulier.
Mais le plus souvent, le traumatisme porte sur des sujets très anciennement contaminés ou ayant une syphilis absolument latente. L’infection existe bien, certes, mais très ralentie et on ne conçoit guère à cette période les poussées septicémiques se traduisant uniquement au niveau de la région lésée.
Dans un très grand nombre de cas rapportés, et nous faisons remarquer que certaines des observations de M. le Docteur Favre rentrent dans ce cadre, il existe parallèlement aux lésions de la peau, des lésions osseuses. Parfois même, il est noté que les os présentaient des lésions syphilitiques antérieures au traumatisme. CI. Simon pense que le traumatisme agit en mettant en liberté les trépomènes jusque-là enfermés sous le manchon périosté. Il s’appuie sur une observation personnelle qui a presque la valeur d’une expérience. Il s’agit « d’un homme qui présentait des syphilides tuberculo-squameuses de la région cubitale gauche, qui s’étaient développées au niveau de la cicatrice d’une plaie par balle qui avait : intéressé le cubitus. Or la radiographie montra que les deux cubitus étaient atteints de graves lésions de syphilis héréditaire. La balle, en érodant le cubitus gauche, avait mis en liberté des tréponèmes qui, gagnant de proche en proche, avaient atteint la cica-
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trice et les téguments voisins. L’avant-bras droit qui n’avait reçu aucun traumatisme et dont cependant le cubitus était plus malade que son congénère, ne présentait pas de lésions cutanées. »
L'auteur appuie également son hypothèse sur des recherches expérimentales faites sur le singe par Neisser, Barmann, Bruck, Halberstadter, Schereschewsky, qui ont montré que les tissus les plus favorables à la conservation des spirochètes sont les organes hématopoïétiques et surtout la molle osseuse.
Mais il existe des cas où le traumatisme n'’intéresse que les parties molles, le mollet par exemple. CI. Simon pense que le traumatisme a porté sur des points où vivaient, d’une vie ralentie, des tréponèmes. Il voit une preuve clinique de cette hypothèse dans une des observation de Klander où une gomme se développe, à la suite d’un traumatisme éin situ, sur la cicatrice d’une gomme ulcérée antérieurement. On peut sans doute objecter que ce fait est exceptionnel et que presque toujours le traumatisme porte sur des régions indemnes de toute trace de lésions syphilitiques. Mais l’auteur répond en citant de nom- Preux travaux montrant que les tréponèmes peuvent -se conserver dans les tissus les plus variés de l’organisme pendant les périodes de latence de l’infection syphilitique : en particulier après une éruption secondaire généralisée, les tréponèmes continuent à vivre en saprophytes dans des territoires tégumentaires, alors que l’éruption est guérie depuis longtemps, deux ans dans quelques cas,
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Si le traumatisme vient à porter sur un de ces foyers, il pourra déterminer l'apparition d’une manifestation syphilitique. Cette théorie des foyers locaux de tréponèmes momentanément saprophytes, explique les cas où le malade subit des traumatismes multiples et ne présente cependant qu’en un point, des syphilides, celui précisément où se trouvait un des foyers. Elle explique enfin la rareté de la Syphilis post-traumatique, eu égard à la fréquence des traumatismes observés chez les syphilitiques, surtout pendant la guerre.
En terminant cet exposé rapide des différentes théories émises, nous faisons remarquer qu’elles présentent entre elles certains points communs et qu’on peut se faire, en les réunissant, une conception de la pathogénie de ces manifestations. Un traumatisme, surtout s’il porte sur un foyer latent de tréponèmes, plus souvent osseux que tégumentaire, peut facilement, après libération de ceux-ci, créer un terrain favorable à leur développement, grâce aux désordres apportés aux éléments anatomiques. Si le traumatisme porte sur une région indemne, il créera cependant un lieu de moindre résistance ou de moindre immunité, les deux termes ont dans ce cas la même valeur, et l’agent infectieux, véhiculé par le sang dans des circonstances encore mal expliquées, viendra s’y localiser et y produire des manifestations spécifiques.
Peut-être ces théories ne sont-elles que provisoires : l’expérimentation est difficile et bien que Tarnowsky ait prétendu avoir obtenu lapparition de
papules syphilitiques en des points soumis à des irritations superficielles, elles n’ont jamais pu être re- produites par d’autres auteurs. Ces hypothèses, appuyées par quelques faits cliniques et quelques constatations microscopiques, peuvent toutes être défendues; mais nous pensons qu’il convient, avant de se prononcer définitivement sur leur valeur, d’attendre des données plus précises sur la pathologie
générale de la Syphilis.