‹ Contribution à l'Étude de la Syphilis Post-TraumatiqueChapitre 7 sur 29 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

X... est blessé en Syrie à l’avant-bras droit par une balle qui provoque une fracture des deux os; à la suite de la blessure, la plaie se cicatrise très lentement, mais surtout il persiste une absence de consolidation de la fracture du radius et du cubitus et une pseudarthrose s'établit.

De retour en France, le blessé subit une première opération destinée à coapter les surfaces osseuses et à guérir la pseudarthrose, L'intervention est effectuée sui-

vant toutes les règles par un chirurgien très au courant de la chirurgie osseuse et qui assure le malade d’un résultat rapide et certain. L'événement ne justifie pas son pronostic et l’on constate bientôt que, le plâtre enlevé, la pseudarthrose persiste.

Une nouvelle intervention est pratiquée quelques semaines plus tard avec un soin tout particulier par un des maîtres de la chirurgie. Le résultat n’est pas meilleur que celui de la première opération. C’est après l’échec de ces deux tentatives que M. Favre voit le blessé venu pour lui donner des nouvelles de son père que le Docteur Favre avait traité fort tardivement pour un tabès avancé à grande ataxie. Après avoir écouté l’histoire du jeune malade, M: Favre demande à l’examiner. Il s’agit d’un jeune garçon pâle et d’aspect malingre; on ne constate pas chez lui de stigmate net de syphilis héréditaire, sauf l’absence d’appendice xyphoïde et l’existence d’une tuméfaction légère, mais nette de la rate. Le fait le plus important est la notion du tabès du père.

Une troisième intervention ayant été proposée, M. Favre conseille de ne pas l’entreprendre avant qu’un traitement préalable ait été institué. On fait alors au blessé une série de six injections d’arsénobenzol en même temps qu’on lui administre du sirop de Gibert.

Les effets de cette médication sur l’état général se manifestent bientôt par la reprise du poids, par la coloration du visage, une importante amélioration des forces. L'intervention est alors pratiquée par un chirurgien dont c’étaient les débuts en chirurgie osseuse. A sa grande satisfaction et à celle plus grande encore du blessé, le résultat opératoire est rapide et complet. Quelques semaines plus tard, le blessé était renvoyé dans sa famille avec un résultat physique et fonctionnel absolument complet.

Anis:

Page 1