‹ Contribution à l'Étude de la Syphilis Post-TraumatiqueChapitre 6 sur 29 · D FA · texte numérisé non relu

D FA

rieurs au début du conflit, comme la découverte du tréponème, celle des réactions sérologiques, celle d'agents thérapeutiques d’une merveilleuse efficacité, était à même de profiter de l’expérimentation forcée faite, au point de vue des traumatismes de tous ordres, sur les syphilitiques mobilisés et les observations de Syphilis post-traumatique furent assez fréquentes. De 1915 à 1924, une soixantaine de cas valables furent publiés; ils sont cités dans lindex bibliographique qui fait suite à ce travail. Ils furent d’ailleurs rassemblés et étudiés dans un remarquable chapitre du livre de M. CI. Simon « Questions actuelles de Syphiligraphie », et firent l’objet d’un rapport du même auteur à la Réunion Dermatologique de Strasbourg, en mai 1926.

Ces cas furent diversement interprétés. Certains auteurs, sans vouloir amoindrir la valeur de ceux qui les publièrent, ni critiquer leurs moyens d’investigation clinique, cherchèrent à montrer qu’on était fréquemment en présence d’erreurs de diagnostic, facilitées par les examens trop hâtifs et la simulation souvent observée pendant la guerre. En janvier 1925, Thibierge, dans un article paru dans la Gazette des Hôpitaux, critiquait ces observations ; en se plaçant surtout à un point de vue médico-légal que nous ne voulons pas envisager ici, et tout en admettant la possibilité, très rare à son avis, de lésions osseuses syphilitiques consécutives au traumatisme, il se proposait de « montrer que le traumatisme ne provoque pour ainsi dire jamais le développement de syphilides à localisation primitivement dermo-hypodermique ».

Ne

Les opinions, pour ou contre l’existence de la Syphilis post-traumatique, firent l’objet de controverses, principalement à la Société Française de Dermatologie et de Syphiligraphie. Mais l’attention une fois attirée sur ces faits, les observations publiées de 1925 à 1927 furent loin d’être exceptionnelles et, actuellement, la réalité de la Syphilis post-traumatique est de moins en moins contestée,

Nous nous proposons, dans ce travail, en publiant les observations de M. le Docteur Favre, d'apporter des preuves cliniques de l’existence indiscutable de ces lésions. Nous les classerons ensuite, et nous étudierons leurs conditions d’apparition au point de vue pathogénique. Nous chercherons enfin, dans une étude d'ensemble, à dégager quelles sont les notions pratiques qui doivent rester du problème.

Il est à remarquer que nous n’avons pas observé de cas de traumatisme externe atteignant un viscère et y provoquant des manifestations syphilitiques. Si l’on en excepte certains cas, rares d’ailleurs, de sarcocèles syphilitiques post-traumatiques, nous n’avons pas trouvé, dans les travaux déjà publiés, d’observations de cet ordre. Nous bornerons donc notre étude à la SYPHILIS POST-TRAUMATIQUE OSSEUSE, ARTICU-

Page 1