‹ Contribution à l'étude de la syphilis primaire et secondaire du col utérinChapitre 18 sur 19 · ETUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE CLINIQUE

Ces exemples variés de lésions secondaires du col utérin nous donnent une idée suffisante de l'affection. Il importe toutefois de les classer et d’insister sur quelques caractères importants. Dans son Traité de la Syphilis étudiée plus particulièrement chez la femme (1873), Fournier a donné des lésions secondaires utrines une classification qui les distingue en svphilides érosives, papuleuses et ulcéreuses. Malgré des classifications plus récentes, nous préférons nous en tenir aux cadres tracés par le maitre français.

La forme érosive est constituée par de simples érosions superficielles du type de celles mentionnées dans les observations XXVI et XXVII. Dans le premier de ces cas, trois zônes rouges existaient sur le col utérin qui représentaient sans aucun doute le reliquat de 3 érosions en train de guérir, alors qu'une quatrième était en plein développement à côté, Leur fond est plat, au même niveau que la muqueuse

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d'alentour, lisse ou très rarement granuleuse. Leur coloration est rouge sombre, ou parfois opaline, grisâtre, due dans ce Cas aux sécrétions accumulées à la surface de la lésion.

Quelques-unes saignent facilement au contact d’un instrument. Leur diagnostic se fait aisément lorsqu’elles affectent la forme cerclée ou annulaire, particulière aux lésions spécifiques, et quand elles sont accompagnées d’accidents secondaires sur d’autres parties du corps. Il y a lieu de les distinguer des érosions de métrite, granuleuses, de forme irrégulière, qui s’accompagnent de réactions inflammatoires sur le col utérin et de troubles fonctionnels marqués ; -— des vésicules d’herpès ulcérées, réunies en placards à contours polycycliques, coïncidant en général avec d’autres vésicules caractéristiques dans le voisinage ; -— du chancre mou à sa période de réparation, grâce aux résultats de l’auto-inoculation.

Dans tous les cas, on ne négligera pas les témoignages fournis par la recherche des spirochètes, la réaction de Bordet-Wassermann et le traitement d’épreuve.

- La forme papuleuse est en général considérée comme la plus fréquente. Pour en fournir quelques types nous avons emprunté à latlas d'Oppenheim 3 observations (XXVIIT, XXIX et XXX) qui jointes à quelques cas de Gel- Ibom et à une observation inédite (XXXIV) constituent des exemples assez variés.

Les papules représentent au début des proliférations épithéliales au-dessus du niveau de la muqueuse, ayant en général débuté par de simples macules. Ce sont de petits plateaux légèrement saillants, ronds ou elliptiques, de la dimension d’une tête d’épingle ou d’une lentille au maximum, isolés ou confluents. Dans leur réunion même en plaques plus importantes il est possible de distinguer à la périphérie les éléments simples du début. Les 3 observations d'Oppenheim en représentent des cas typiques ainsi que les observations XXXII, XXXIV, Aussi longtemps que

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l’épithélium est intact, leur surface est lisse, polie, leur cou- Jeur blanchâtre, opaline. Un peu plus tard on'assiste à une processus d’érosion débutant par le centre (type papuloérosif de Fournier, lenticulaire érodé d’Oppenheim) qui peut transformer la coloration primitive en un rouge vif que les sécrétions de la surface dissimulent sous un revêtement grisâtre diphtéroïde.

Fournier nie avoir rencontré au niveau du col des formes papulo-hypertrophiques, si fréquentes sur les autres muqueuses. Cependant Oppenheim donne quelques planches assez suggestives d’une lésion qualifiée par lui d’hypertrophique ulcérée qui semble représenter parfaitement ce type. Les 4 cas de condylomes rapportés par Rille, une des observations de Gellhorn (obs. XXXVI) pourraient fournir autant de témoignages de l'existence d’une forme papulo- ‘hypertrophique, rare sans doute, mais digne cependant de figurer dans une description complète.

Le diagnostic de ces syphilides papuleuses est facile lorsqu'elles sont situées en dehors du museau de tanche. A l’orifice, leurs caractères peuvent se modifier : elles peu: vent y être confondues avec les érosions granuleuses de la métrite et dès lors les moyens généraux de diagnostic déjà mentionnés devront venir apporter leur témoignage Rue une APPARUE délicate. ;

La forme ulcéreuse n’a pas de caractères bien particuliers. Aussi est-ce sans doute la plus souvent méconnue parmi les variétés de svphilis secondaire. Nous rangerons sous cette rubrique tous les types rapportés par les observations que nous n'avons pu faire figurer dans les cadres précédents.

Il s'agit d’ulcérations assez souvent localisées à la partie centrale du col, d’un jaune foncé qui est dû d’après Gellhorn à la dégénérescence graisseuse superticielte des cellules.

Le contour en est bien défini ; il facilite le diagnostic

= , & . y ù lorsqu'on y trouve une disposition en arcs de cercle, en festens (observation XXXXII) caractéristique de la syphilis.

L'état du col n’est pas par ailleurs influencé, sauf den le cas d’une infection surajoutée et l’indolence, l’absénce de troubles fonctionnels, d’adénopathie, contribue beaucoup à rendre de telles lésions suspectes.

La principale difficulté du diagnostic tient à la confusion possible avec le chancre simple. Fournier prétendait que c’était un des diagnostics différentiels les plus ardus, les plus délicats de toute la syphiligraphie. Il citait en faveur de la syphilis : les commémoratifs A éloignée dernier coït), la configuration arciforr faveur du chuncre simpk Le ; flammatoire, les bords inégaux, à pit, décoll gal, vermoulu, alvéolaire, la coloration jaune eiair, vives là multiplicité et l'inégalité de développement des diverses lésions (c’est un chancre qui vit en famille, entouré de ses enfants, disait Ricord), enfin la présente du bacille de Ducrey. Nous conseillerions aujourd’hui de rechercher en plus les spirochètes, le résultat de la réaction de Bordet- Wassermann et ceux du traitement d’épreuve.

Evolution.

L'évolution de ces lésions est particulièrement rapide en ce qui concerne les 2 premières formes. En quelques jours, en une ou deux semaines les érosions ou les papules peuvent avoir disparu sans laisser de traces.

Les ulcérations peuvent être plus longues à guérir si le traitement laisse à désirer. Pinkuss (obs. XXXIX) en observa une pendant sept semaines. Gellhorn (obs. XXX VIT) retrouva un mois et demi après l’avoir déjà observée, aggrandie et aggravée, une ulcération du col utérin laissée sans traitement. | F4: F

Traitement.

Le traitement de ces lésions, comme du reste celui du chancre, ne s’écarte en rien des règles générales du traitement spécifique. En dehors d’injections de propreté, la cure classique de novarsénobenzol arrive à cicatriser rapidement ces lésions sans le secours d’une thérapeutique locale spéciale. I] est à noter que dans tous les cas que nous rapportons, une fois la malade guérie de son accident utérin, le traitement spécifique fût continué à la consultation externe.

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