CHAPITRE I
La Syphilis primaire du Col utérin
LE
FREQUENCE.
Tous les auteurs ne sont pas d’accord sur la fréquence qu'il convient d’attribuer aux accidents primaires syphilitiques du col utérin. Les statistiques publiées sont nombreuses et plusieurs remontent à un passé déjà lointain. Aussi n’avons-nous pris en considération que les travaux postérieurs à l’époque où la distinction entre le chancre mou et le chancre syphilitique fut chose établie, c’est-àdire vers 1870.
Tableau comparé des diverses statistiques.
: 6) FT SERRES d’ap. 332 mal. obs., estime la fréq. à 2,4%; Aasumow .. — 1347 — — 0,94 ; Fournier ... — 249 — RATS Mrazech ..., — 437 ses — Lies Neumann ... — 757 — — 192,2:
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OL de ue a nn en LA TENERE Da Wile et Senear — 50 — — LE Le Pileur ... — 546 — — LA TETAR
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Il conviendrait d'ajouter à ce tableau les chiffres fourpis par Rille, qui, en 1904, prétendit avoir observé en l’espace de 5 ans 160 chancres indurés du col, ce qui entraine un pourcentage très élevé.
Nous ferons remarquer qu’un grand nombre de ces siatistiques, celles de Neumann et de Rille, notamment, qui semblent les plus excessives dans leurs résultats, datent d’une époque où n’existaient en somme que des certitudes cliniques. On ne connaissait ni le spirochète ni la réaction de Bordet-Wassermann et c’est justement en grande partie sur les témoignages de laboratoire que nous comptons à l'heure actuelle pour trancher les cas douteux. Les statistiques actuelles sont plus près de la vérité en ce sens qu’elles reflètent les progrès accomplis en matière de diagnostic. En dehors des recherches de laboratoire, n’avons-nous pas pour nous éclairer les effets rapides du traitement arsenical qui, en guérissant rapidement les lésions suspectes, révèle du même coup leur nature spécifique ? Pour toutes ces raisons, nous accorderons plus de crédit aux statistitiques de Skutul (1911), qui, en compilant de nombreux documents, conclut à un pourcentage de 1,5 % ; de Zomakion, qui, à la clinique d’Odessa, n’a trouvé que 2 cas absoluments nets de chancre du col sur 8.500 malades observées. M. le Professeur Petges a bien voulu mettre à notre service les résultats de son expérience personnelle. De 1919 à 1922, il a pu suivre à l'hôpital Saint-Jean 542 prostituées syphilitiques hospitalisées d'office, soit pour des manifestations contagieuses de leur syphilis, soit pour gonococcie ou chancre mou. Nous n’avons retenu que les 327 observations de malades atteintes de syphilis floride, parmi lesquelles 8 ont présenté un chancre induré du col utérin. Le pourcentage s'élève donc pour nous à 2,4 %. Une remarque s'impose toutefois : quelques-unes des statistiques antérieures sont établies par rapport aux chanéres constatés sur les autres parties du corps; si nous avions procédé de la sorte, notre pourcentage serait beaucoup plus important, mais inexact,
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car, dans ?£ eu qui nous occupe, il est rare &’observer les chancres habituels, extérieurs. La raison en est simple : Ja malade a vite fait de remarquer elle-même un chancre vulvaire et, comme son plus vif désir est d'échapper à l’hospitalisation d'office, elle s'arrange de façon à se faire soigner en ville, ce qui est bien, ou de façon à échapper à la visite fatale, ce qui est déplorable au point de vue de Ja prophylaxie. Il en résulte que, dans ces conditions, on n’arrive à surprendre que les chancres ignorés des malades elles-mêmes, et une statistique faite sur ces bases ne donnerait qu’une fausse idée de la fréquence de l'accident cervical. Si nous disions, par exemple : « La localisation utérine ne rencontre une fois sur 5 », la proposition vaudrait pour la pratique du dispensaire, mais serait fausse au point de vue général. Il est plus rationnel de tenir compte de tous les cas de syphilis récentes, florides, et de baser sur eux une appréciation. Nous dirons donc que, sur 100 femmes en période de syphilis floride, il y en a 2 ou 3 chez lesquelles on découvre un chancre cervical.
Les gynécologues penseront encore que c’est beaucoup, car ils n’ont pour ainsi dire pas l’occasion de voir des chancres du col utérin : cela tient tout simplement à ce que ces lésions n’ont pas de symptôme-signal susceptible de conduire la malade à l'examen du gynécologue, tandis que les prostituées en carte subissent une visite périodique du vagin et du col au spéculum.
A défaut de certitudes scientifiques, beaucoup de raisons nous donnent à penser que cette fréquence est ainsi sous-estimée.
Comment arrive-t-on, en effet, à la constatation d’un chancre cervical ? En dehors de l’examen systématique des prostituées, qui offre, en somme, une des meilleures chances d’information, on ne découvre que par hasard un accident primaire aussi bien dissimulé. La plupart du iemps, c’est une femme inquiète de l'apparition de phénomènes secondaires, locaux ou généraux, ou de la présence