LENS
L'examen des urines et l’auscultation du poumon ne révélaient rien, mais le deuxième bruit aortique était accentué, et la tension artérielle est de 22 au Potain.
Le traitement prescrit ne soulage pas le malade.
Vers le 15 mai 1910, étant dans son pays, il commence à tousser; son médecin lui déclare qu'il est repris de lésions bacillaires et conseille d'entrer dans un sanatorium.
La. toux empire malgré tous les calmants.
Le 6 août 1910, nouvel examen des poumons; on ne note qu'une submatilé à la base du poumon droit.
L'état général est bon, le malade présente un léger amaigrissement et de l’anorexie.
Un seul symptôme prédomine, c’est la Loux qui est coqueluchoïde, pénible pour le malade et son entourage, avec une expectoration insignifiante.
L'examen des crachats, fait à plusieurs reprises, est négatif.
Au bout de quinze jours, c’est-à-dire vers le 20 août 1910, l'état du malade à beaucoup empiré. La toux augmente, les quintes sont plus fréquentes et durent plus longtemps, l’expectoration est toujours rare, mais le malade vomit presque tous ses aliments.
Deux autres signes surviennent : la dyspnée et le cornage.
Le cornage est bruyant, continuel, avee exaspération pendant les accès.
La dyspnée et l’oppression sont telles que le malade marche courbé, avec de grandes précautions, car le moindre mouvement l’étoulfe littéralement et provoque des quintes.
Malgré cela, il vaque à ses occupations et ne se plaint que de sa toux et de pertes de sang hémorroïdaires. Sans quoi, dit-il, il se sentirait fort.
Son médecin institue alors un (railement par injections de benzoate de mercure (0 g. O1 par jour), au bout de la huitième piqûre, l'état s’est sensiblement amélioré.
La dyspnée, la toux et même le cornage diminuent, mais on est obligé d'interrompre le traitement à cause de la stomatite.
Au bout de quatre ou cinq jours, le malade reprend les injec-
tions avec du benzoate de mercure, mais son état. qui s'est amélioré avec la première série, ne fait qu'empirer pendant la deuxième série et on doit s’arrêter à la seizième piqûre.
La dyspnée augmente au point que R... ne peut plus travailler.
Il se décide à entrer dans une maison de santé à Bucarest. Un nouveau B.-W. est positif. Les professeurs Buichu et Nanu Marcel, consultés, éloignent la syphilis à cause de l'inefficacité du traitement bydrargyrique et penchent vers le diagnostic d’une néoplasie pulmonaire avec adénopathie secondaire.
Un examen radiologique est fait
Sur la plaque représentant les organes thoraciques de face, on distingue la présence de ganglions broncho-pulmonaires, augmentés de volume et plus opaques qu'à l’état normal. Les ganglions s’observent mieux à droile, car ceux du côté gauche sont en partie cachés par la projection du cœur.
Sur la plaque du thorax vu de dos, on constate pareillement le groupe de ganglions augmentés de volume.
On n'’observe aucune lésion pulmonaire ni bronchique. Pas de dilatation de l'aorte.
Le malade fait une série de dix séances de rayons X, mais il se
cacheclise progressivement, perd lappétil et les forces.
La toux à tellement empiré que les quintes durent quinze heures consécutivement, et nécessitent l'emploi d'injection d’héroïne pour être calmées.
L’expeeloration augmente dans de notables proportions.
Les progrès de la maladie décident le malade à aller voir Île Professeur Neuser, à Vienne, qui aurait hésité entre les diagnostics de néoplasme, dilatation des bronches, actinomycose où sporotricose, mais élimine la syphilis el preseril un traitement antispasmodique.
Toujours pas de B. K. dans les crachats. |
Au mois de novembre, le malade consulte le Docteur Vaquez, à Paris, qui, après l'avoir examiné aux rayons X, fait le diagnostie de médiastinite chronique à point de départ interlobaire
avec propagation ganglionnaire secondaire, de nature indéterminée,
AT) Red
mais probablement luberculeuse ou d’une affection néoplasique du poumon.
L'existence d’une adénopathie sus-claviculaire gauche plaiderait plutôt pour le second diagnostic.
Le traitement prescrit est la radiothérapie.
Le 29 novembre 1910, le malade présente une légère dyspnée el un cornage, mais une toux avec deux caractères : [toux coqueluchoïde sans expectoration et loux grasse avec expectoration abondante. =
Le malade rendait par jour de 300 à 400 grammes de erachats purulents, d’odeur fade.
I n’y a pas de vomique matinale, les crachats sont rendus dans la journée.
A l’auscultalion : on constate des râles ronflants et sibilants généralisés, mais plus marqués à droite.
À la base droite, il existe de la submalité avec exagération des vibrations vocales, la respiration est diminuée.
L'état général est profondément touché. Il y à de la fièvre avec exaspéralion vespérale.
Le poids est de 63 kilos.
Il n’y a pas de troubles digestifs, ni le foie, ni la rate, ne sont augmentés de volume.
Les réflexes rotuliens sont normaux.
Pas d’Argyl-Robertson.
La radiographie du thorax montre qu'il y a une légère diminution de l'amplitude des mouvements du diaphragme, surtout du côté droit pendant l'inspiration.
On trouve dans le champ pulmonaire gauche une légère diminution de la clarté du sommet pulmonaire gauche et de ladénopathie péribronchique gauche, avec quelques ombres ganglionnaires nettement arrondies.
A droite : l'aire pulmonaire éclaire, sauf dans la partie correspondante au hile et dans la partie inférieure du poumon droit.
Toute cette région est occupée par une ombre triangulaire à base correspondante au hile pulmonaire, et dont le sommet corres-
pond à la périphérie et est siluée Tout près du diaphragme,
Dans cette ombre, on note des taches plus foncées, mais pas netlement arrondies : on ne voit pas l'aspect des arborisations bronchiques, ni des stries irradiant en éventail.
Les contours de cette ombre sont Vazues.
Lorsqu'on examine le malade de face, on constate les mêmes lésions,
Dans la position oblique postérieure gauche et oblique antérieure droite, on note que toute a partie moyenne de l’espace clair médian est occupée par une ombre opaque.
Seules, les extrémités supérieure et inférieure de cel espace sont claires.
Quelle que soit la position du malade, on ne peut trouver de séparation entre l'ombre du médiastin et celle du poumon.
Le diagnostic qui sembla le plus probable fut celui de Fymphadénie aleucémique ou celui de cancer du poumon avec adénopathie médiastinale.
On prescrit des injections d'hectine el concurremment des séances de rayons X.
Le malade reprend des forces, de Fappélil; lexpectoration diminue un peu, mais Ja toux persiste, quoique moins violente.
Un nouvel examen du pharyvnx est fait el on découvre une Lomme,
Aussitôt, une injection de 606 est faite, et, dès le troisième jour, l'amélioration commence; La toux el lexpecloralion diminuent.
Le malade reprend des forces.
A l'auseullation du poumon, il semble que la respiration s’entende plus facilement à Ja base droite, mais les râles bronchiques persistent foujours.
Le B.-W., reste toujours positif.
Le 17 janvier, on fait une deuxième injection, L'amélioration persiste, le poids augmente.
La radiographie montre que l'ombre du poumon droit persiste, mais a diminué d'intensité,
Les mêmes accidents reparaissént après trois mois de guérison en apparence complète, mais cèdent de nouveau sous l'ellet de
vingt-quatre injections d’hecline et d'une nouvelle injection de 606.
A partir de l’été de 1911, la santé de M. R... est parfaite.
Une radiographie: faite en octobre 1911 montre au niveau du lobe inférieur du poumon des stries divergentes et des arborisalions qui n'étaient pas visibles sur la première radiographie.
Pendant l'automne, on fit d’autres injections de novarsénobenzol, la dernière en novembre 1942.
Le B.-W. est devenu négatif après cette injection.
Le #4 janvier 1913, R... ne présente aucun symptôme morbide, il ne tousse pas, ne crache pas. Il pèse 85 kilos.
A l'examen radiographique les deux aires pulmonaires sont claires. s
A gauche, on constate dans la région du hile quelques ombres ganglionnaires, nettement arrondies.
A droite, on note quelques arborisations partant du hile et pénétrant dans le Îobe inférieur du poumon droit; ces stries correspondent à la limite interne de l’ombre triangulaire constatée au début de la maladie.