‹ Contribution à l'étude de la syphilis pulmonaire et de quelques formes gommeuses en particulierChapitre 34 sur 48 · OBSERVATION XIX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIX

(MERKLEN, WoLr, SICHEL, Presse médicale, 5 oct. 1932.)

X..., 62 ans, boucher, avait loujours été bien portant, lorsqu'il

présenta, à la fin d'octobre 1931, un point de côté violent, au

niveau du sein droit, suivi peu après d’une élévation de la lempéralure, avec quelques crachats muco-purulents.

Grand fumeur, il niait tout éthylisme et tout antécédent vénérien.

Sa femme élait saine, de même que ses enfants el petits-enfants.

I avait, au surplus, travaillé sans encombre et supporté les latigues et les privalions de la guerre, sans dommage apparent pour sa santé.

A l'examen, le 21 novembre 1931, nous sommes en présence d’un sujet fort en couleurs, toussant, très gêné dans sa respiraion par la douleur persistante de l’hémithorax droit.

Les yeux sont un peu injectés. La langue est sèche et brillante sur les bords.

L'examen des poumons montre une matité de la base droite remontant assez haut et atteignant en avant la zone mamelonnaire.

Des vibrations vocales sont bien perçues dans les mêmes limites.

Il existe un souffle tubaire à la base, en arrière et dans le creux axillaire.

On trouve aussi beaucoup de frottements superficiels surajoutés, surtout près du mamelon.

La fièvre oscille entre 37 et 38 degrés.

Le traitement habituel des infections aiguës du poumon avee, en même temps, des piqûres de quinine uréthane, ne modifia pas srandement les choses.

La fièvre et le pouls se maintinrent jusqu'au 13 décembre avec atteinte identique de l’état général.

Par contre, le point de côté diminua de violence, pour finalement se dissiper.

Les 1% et 15 décembre, la température baisse à 38°8 et 3793; le pouls à 80, avec une amorce de diurèse à 1.500 et à 1.300 grammes.

Mais, dès le 16 décembre, nouvelle poussée fébrile, au cours de laquelle la fièvre oscilla aux environs de 38 degrés, jusqu'au 28 décembre, avec pouls vers 90.,

Les urines diminuent de volume.

L'examen des poumons révèle les mêmes signes à ce moment

HG

et une recrudescence de la toux et des erachats devenus brun rougeàtre.

L'examen de ces crachats montre la flore banale habituelle, avec surtout des strepltocoques el pneumocoques.

On lui fit des lavements créosotés matin et soir.

De plus, un fait important est à signaler : c’est la réapparition de la douleur du côté droit de moindre intensité, il est vrai, mais qui, tout de même, aura, aux yeux du malade, le caractère de symptôme émergeant. Ë

Néanmoins, durant la deuxième quinzaine de décembre, la matité et le souffle diminuèrent nettement d'intensité, sans toutelois donner l'impression d'atler à la résolution définitive, car les phénomènes généraux persistaient, à telle enseigne que, le 30, la fièvre monta à 39°2 et le pouls à 104.

Un examen radiologique s’imposait dans ces conditions.

Le 24 décembre, l'examen radiologique révéla dans les lobes moyens el inférieurs du poumon droit trois ombres allongées et à contours nets.

L'une siégeait près du hile; la deuxième longeait la paroi externe; la troisième coilfait l’hémidiaphragme droit sans s’en différencier.

En outre, on trouvait deux traînées interscissurales à hauteur du hile, de larges adhérences dans le sinus-costo-diaphragmatique droit et des adhérences entre la plèvre et le péricarde du même côté.

Rien d'anormal au poumon opposé ni aux aulres organes thoraciques. |

L'interprétation élail délicate. Les uns pensent à une suppuration pulmonaire, mais lhémalologie n'est pas en faveur de cette hypothèse.

Les autres, une syphilis éventuelle, malgré l'absence de tous anamnestiques et de tous signes actuels.

Le B.-W. se montra positif. On pensa alors à des gommes syphilitiques du poumon, mais en formulant des réserves.

Le traitement d'abord ioduré (20 g. dans 1 litre d’eau d'Evian

à avaler dans vingt-quatre heures, malade au régime lacté pur). Ce traitement fut fait deux fois : les 3 et 5 janvier. [1 n’amena pas de changement dans les signes locaux et radiologiques.

L'état général ne variant pas non plus, toutefois la fièvre disparut à partir du 14 janvier; elle avait, d’ailleurs, coïncidé avec des suppurations aseptiques au niveau des piqûres de quinine uréthane guéries après incision.

Le 22 janvier, reprise du traitement par une cure arsenicomercurielle. On fait du novarsénobenzol tous les deux jours; les jours intermédiaires, du mercure sous forme de suppositoires à O0 g. 04.

Le changement fut rapide. La respiration devenait plus libre, la toux et les crachats diminuèrent beaucoup. Les signes locaux disparurent comme au décours d’une pneumonie; au bout de quinze jours, on ne trouva ni malité ni souffle.

La troisième radiographie, faile le 11 février, montre que les masses ont diminué de volume.

Enfin, une dernière radiographie, le 2% mars, n’en laisse plus voir (race,

Quant à l’état général, le malade gagne 3 kilos les quinze premiers jours du traitement.

A Ja fin de février, on avait nettement l'impression d'une guérison complète.

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