‹ Contribution à l'étude de la Syphilis Tertiaire du FoieChapitre 19 sur 22 · HAT · texte numérisé non relu

HAT

quinine pour son paludisme macédonien a vainement cherché à combattre cette fièvre depuis six mois à l'aide de fortes absorptions de quinine.

Foie. — Le foie est très augmenté de volume. Son bord supérieur remonte jusqu'à un centimètre au-dessous du mamelon, son bord inférieur dépasse de trois travers de doigt le rebord costal sur la ligne mamelonnaire. La surface débordante paraît peu irrégulière, dure, très légèrement douloureuse.

L'extrémité droite du lobe droit semble plus hypertrophiée que le reste de l'organe. Elle forme une masse considérable qui descend jusqu'au niveau de l’épine iliaque, mais qui est un peu masquée par la sonorité colique. Cette masse fait penser un instant à une tumeur rénale. Mais

après un examen plus attentif, après un examen radiogra-

-phique précédé d'insufflation colique, il apparaît nettement

qu'il s’agit du lobe droit du foie considérablement hypertrophié.

Cette hypertrophie hépatique ne s'accompagne d'ailleurs d'aucun trouble fonctionnel.

On n'observe ni ictère, ni ascite, ni ciruculation veineuse anormale, ni hémorragie. Seule existe une gêne doulou-

reuse dans la région du foie.

Rate. — La rate est augmentée de volume, nettement perceptible par la percussion sur une hauteur d'un travers de main. Elle n’est pas accessible par la palpation.

Tube digestif. — L'appétit est nul, lés digestions pénibles, l'intolérance alimentaire presque absolue. Le malade accuse une diarrhée persistante. Rien à signaler à l'examen objectif, à part quelques frottements péritonéaux.

Examen du sang. — Globules rouges, 3.780.000 ; globules blancs, 12.000.

Equilibre ‘leucocytaire : Polynucléaires neutrophiles, #4

70 p. 100 ; polyn. éosinophiles, 1 p. 100 ; mononucléaires

granuleux, 5 p. 100 ; mononucléaires moyens, 14 p. 100 ; mononucléaires petits (lymphocytes, I p. 100). ; Pas d'hématozoaires. : 5 2 ; L s c 4

Examen des urines. — Les urines ne contiennent m1

albumine, ni sucre, ni pigments biliaires. On trouve seulement des traces d’urobiline. - F Diagnostic et évolution : En présence de ce syndrome, # le diagnostic d’hépatite dysentérique, qui avait été posé : : tout d'abord, ne paraît pas admissible en raison de l'échec $ complet du traitement à l'émétine et des explorations chirur- i & gicales. L'hypothèse d’hépatite paludéenne avec fièvre # n'est pas longtemps en raison de l'absence de chlorurie ë et même d'urobilinurie marquée. Un traitement de huit Ya jours de quinine-uréthane en injections sous-cutanées de + o gr. 80 entre le 26 janvier et le 3 février ne modifie en s rien la fièvre ni l'état hépatique. # Dans ces conditions, la discussion du diagnostic cir- % conscrit entre la cirrhose hypertrophique éthylo-bacillaire c à anascitique et l'hépatite syphilitique hypertrophique À fébrile. | £ Pour élucider ce second diagnostic, nous décidons de 3 pratiquer une réaction de Bordet-Wassermann et aupara- + vant de réactiver cette réaction par un traitement mer- : curiel, F Le traitement mercuriel de réactivation est commencé 3 le 5 février et continué jusqu'au 14. I consiste en injec- ;

tions quotidiennes de biiodure de mercure de © gr. or, 3

; puis de benzoate d'hydrargiré aux mêmes doses. Ce trai- EL 7 x ; : ASS

5 tement, mal supporté, détermine de l'entérite et de la ! -stomatite mercurielle. Il ne réactive pas la réaction

Bordet-Wassermann, qui pratiquée à sa suite, donne un

résultat négatif.

Mais dès le début de cette légère thérapeutique mercu-

rielle, l'état du malade se modifie de façon curieuse. Sa

E. fièvre qui continue depuis six mois, cesse complètement, l'appétit reprend, l'état général s'améliore avec une telle

rapidité qu'au cours de cette période le malade est passé

‘à de 47 kilos à 49 kilos 700 en dix jours.

Le traitement est alors cessé pendant huit jours, du

14 au 21 février, à cause de la stomatite mercurielle.

nn 4

“ Pendant ce court espace de temps, la fièvre reprend, les troubles digestifs reparaissent, les forces et le poids décroissent, si bien que le malade tombe de 49 kilos 700 à 47 kilos 500. Cette rechute constitue une contre-expérience à l'appui de l'action du traitement.

2 Le traitement est repris le 21 février et consiste en

une injection intravemeuse hebdomadaire du novarsé-

nobenzol. Des doses progressivement croissantes, mais

très prudentes, sont alors employées (0 gr. 15, © gr. 30,

O gr. 45, O gr. 60). Dès le lendemain de Ia première

piqure la fièvre tombe définitivement. Elle n'a jamais

reparu alors que pendant les mois précédents elle n'avait jamais cessé En même temps, les forces présentent une vive reprise, les fonctions digestives reviennent à la normale, caractérisées surtout par un appétit très impérieux et par un fonctionnement intestinal relativement satisfaisant. Ce dernier point laisserait seul encore quelque peu à

désirer.

RSR ES CO TES ee à Made UE Re EPP Le

es 52 —

L'augmentation de poids s’est faite avèc une rapidité et une intensité incroyable : de 47 kilos 500 le 21 février, le malade est passé à 50 le 26 février, 52 le 4 mars, 59 le 13 mars, ayant ainsi gagné 12 kilogrammes en vingt et un jours et une augmentation de 17 kilogrammes depuis le 16 janvier.

Le malade sort de Fhôpital à la date du 14 mars et. paraît à ce moment susceptible de reprendre le travail, sous. réserve qu'il revienne une fois par semaine pendant quelque temps pour continuer et terminer Île traitement arsenical

intraveineux. | ï

Page 1