‹ Contribution à l'étude de la Syphilis Tertiaire du FoieChapitre 8 sur 22 · DIAGNOSTIC — PRONOSTIC TRAITEMENT · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC — PRONOSTIC TRAITEMENT

Nous en aurons fini avec l'étude clinique de cette forme de syphilis hépatique tertiaire lorsque nous aurons indiqué les nombreuses erreurs de diagnostic auxquelles elle peut donner lieu. Dans la plupart des cas la fièvre constituant le phénomène dominant, c'est vers le diagnostic de tuberculose pulmonaire ou pleurale que les médecins se trouvent orientés. Dans d’autres cas les modifications considérables du volume du foie pourraient faire penser soit à un cancer massif, soit à un cancer nodulaire.

Dans d’autres, enfin, la coexistence de fièvre à type intermittent et d'hépatomégalie orientait vers le diagnostic d'hépatite paludéenne ou amibienne, ou même vers celui de cholécystite suppurée, ou abcès du foie.

Pour faire le diagnostic nous nous baserons : Fi

1° Sur l’hépatomégalie avec ou sans splénomégalie ;

2° Sur la survenance d’un accident suspect avec où sans Bordet-Wassermann positif. Cette réaction d'un si pré-

cieux appoint pour le diagnostic peut être en défaut ou elle

peut se montrer positive alors qu'il s’agit d’une hépatite paludéenne ou néoplasique chez un syphilitique ; |

3° Sur la longue durée de la fièvre, inexplicable et sur l'échec des traitements antérieurs ; ;

4° Sur l'absence d’une tuberculose pulmonaire où d'une affection susceptible d'être incriminée ;

3° Sur la ponction exploratrice du foie si nous étions orientés vers l'hépatite amibienne ou toute autre modalité d'hépatite suppurée ; et plus spécialement sur la notion avec laquelle il faudrait que désormais nous soyons familiarisés, à savoir que l'hépatite syphilitique peut comme d’autres et plus que d’autres manifestations de la syphilis tertiaire être fréquemment fébrile.

Avant de clore cette rapide étude de la syphilis hépatique fébrile nous pourrions nous demander quel est Île devenir de ces hépatites avec fièvre :

A cet égard nous croyons pouvoir conclure des observations réunies que dans les manifestations hépatiques de la syphilis fébrile il y a deux ordres de phénomènes bien distincts au moins cliniquement.

Il y a d'abord des lésions hépatiques profondes, gommeuses ou sclérogommeuses fébriles — l'opération nous en a fourni la preuve anatomique — et à côté de ce fait, il en est d'autres ou l'hépatomégalie n'implique pas forcément une atteinte profonde de la glande hépatique, mais paraît être, au contraire, l'expression d'une de ces hépatites congestives si fréquentes dans les états infectieux fébriles, en l'espèce une hépatite spécifique bénigne au cours d'une poussée évolutive profonde de la syphilis. Notre observation n° III paraît assez démonstrative à cet égard.

Le foie qui avant le traitement ne débordait pas de

Page 1