‹ Contribution à l'étude de la Syphilis Tertiaire du FoieChapitre 7 sur 22 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

Nous pouvons nous demander à quoi est due cette fièvre.

Il est tout d'abord certain, après l'observation faite par MM. Netter et Glasser que la fièvre syphilitique peut exister en dehors de toute lésion du foie. Elle est observée dans les affections syphihtiques des reins, des os, du systeme nerveux et en particulier des méninges.

Mais elle n'est pour aucun viscère aussi fréquente que pour le foie, et la question pourrait se poser de savoir si la fièvre de la syphilis tertiaire n'est pas, dans certains cas, conditionnée par des lésions latentes de la glande hépatique.

C'est une hypothèse qu'il est difficile de démontrer. Nous savons bien que la suractivité de la cellule hépatique s'accompagne d'hyperthermie comme dans certains cancers du foie. De ce fait classique indiscutable pouvonsnous conclure que dans les cas. qui nous occupent la fièvre est fonction de la lésion syphilitique des cellules hépattques ?

Au contraire, faut-il admettre l'intervention des toxines

des tréponèmes ou celle d’une infection surajoutée ?

Toutes ces questions posent autant de problèmes qu'il est difficile de résoudre. à

M. Klemperer a émis l'hypothèse que cette fièvre est le résultat de la résorption des masses gommeuses du foie. D'autre part, M. Glasser insiste sur la tendance générale de la syphilis tertiaire à faire des élévations de température.

Bien entendu il convient de tenir compte des erreurs d'interprétation. :

Dans un cas observé par M. Mouriquand cette fièvre était attribuée à une hépatite syphilitique, mais due en réalité à des abcès hépatiques révélés par l'opération.

Nous admettons avec MM. A. Gilbert, Chiray et Coury que la fièvre syphilitique pourrait bien être une -manifestation de l’activité du tréponème et de ses toxines. Nous croyons que si à une certaine période de son évolution celui-ci perd beaucoup de sa virulence extérieure, pour-. rait-on dire, et se dépouille de ses affinités cutanéomuqueuses,il acquiert, par contre, des affinités particulières pour les organes profonds, sur lesquels il reporte toute sa virulence de la période dermotrope de son évolution. Une de ces manifestations trop souvent méconnue du viscerotropisme d'évolution du tréponème pâle est, à notre sens, la fièvre syphilitique tertiaire.

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