Berbez. Uullelins de la Société clinique
« volume, tuméfaction ovoïde; elle occupe la partie moyenne « de l'articulation et remonte à 12 centimètres au-dessus de « l'interligne, et elle descend à 6 centimètres au-dessous. On « constate deux grosses saillies, qui correspondent l'une à « l'épicondyle, l'autre à l'épitrochlée. La saillie épicondy- « lienne est mobile ; elle a l'aspect dun gros ovoïde qu'on sent « se déplacer quand on imprime des mouvements à l'articula- « tion ; il est facile de percevoir des craquements. L'épitrochlée « est moins volumineuse, elle n'est pas mobile. L'extrémité « inférieure de l'humérus présente des rugosités qui vont à « la rencontre d'un olécràne volumineux, en forme de coin « élargi et qui s'insinue entre les deux saillies de l'humérus. « Les mouvements sont encore possibles ; cependant l'exten- « sion et la flexion sont difficiles. »
C'est aussi à des arthropathies de là colonne vertébrale que l'on a voulu attribuer la scoliose de la syringomyélie ; nous reviendrons sur ce point. Ajoutons que ces altérations articulaires prédisposent aux luxations ; Schultze a signalé une luxation de la tête du radius. A côté des altérations des synoviales articulaires, il convient de mentionner les lésions des synoviales tendineuses, aboutissant à des adhérences entre le tendon et sa gaîne, et amenant une déformation avec gêne des mouvements.
D. Troubles trophiques osseux
On a décrit diverses altérations dans la structure du tissu osseux : tantôt elles aboutissent à une augmentation du volume d'une épiphyse ou de la partie juxta-épiphysaire, amenant de véritables hyperostoses : tel était le cas du malade de M. Déjeriae (V. obs. X) qui portait au cubitus droit une hyperostose à grand axe longitudinal, du volume d'un œuf de pigeon, datant de trente-sept ans et diagnostiquée non syphilitique par Ricord. Tantôt, au contraire, l'altération amène une fragilité telledece tissu, que sousl'innuenced'unecausefutile, quelquefois même spontanément, l'os se rompt. Il y adonc des fractures
spontanées, qui sont en môme temps indolores. Rotli rapporte l'histoire d'un malade qui s'était fait une fracture de la clavicule, et qui ne s'en était aperçu que le lendemain par le gonflement de l'épaule. Le môme individu peut présenter une série de fractures : témoin l'histoire de ce boulanger^ rapportée par Schultze (1), qui dans l'espace de trois ans s'était fait une fracture de l'humérus, une fracture du radius, deux fractures de métacarpiens ; ces accidents lui étaient arrivés pendant qu'il pétrissait du pain; il a pu continuera travailler sans souffrir, sans savoir qu'il avait une fracture, jusqu'à ce que le gonflement du membre l'eût obligé de s'arrêter. Dans le cas de Schultze la consolidation se fit dans les délais normaux; quelquefois cependant elle est longue à obtenir; le cal est exubérant; dans d'autres cas il y a même absence de consolidation et formation d'une pseudarthrose.
Aux troubles trophiques que l'on observe d'ordinaire dans la syringomyélie, Holschewnikoff et Recklinghausen (2) viennent d'ajouter l'acromégalie. Ils publient l'histoire clinique très écourtée d'un charretier qui est venu mourir à l'hôpital ; ils ont trouvé à l'autopsie une syringomyélie gliomateuse bien évidente et une dégénérescence d'un certain nombre de nerfs notamment des plexus cervical et brachial. De plus leur malade présentait des mains et des pieds très hypertrophiés; ils concluent à l'acromégalie, laquelle, suivant eux, serait le résultat de la névrite, qui est elle-même la conséquence de l'altération médullaire.
Il nous paraît difficile de concevoir que l'acromégalie, ainsi que l'a décrite M. Marie, soit due à une névrite ; et dans le cas de Holschewnikoff, il nous paraît plus rationnel d'admettre une coïncidence : il n'y a aucun rapport, ce nous semble, entre l'acromégalie et la syringomyélie.