Arch. de Virchow. T
2" Des déviations de la colonne vertébrale
Les déviations de la colonne vertébrale se rencontrent très communément dans la syringomyélie : dans la plupart des mémoires récents elles sont signalées ; dans des observations anciennes, telles que celle de M. Lancereaux (1) sur un cas d'hypertrophie de l'épendyme, la scoliose avait été remarquée ; mais dans les cas oii il n'est pas fait mention de l'état de la colonne vertébrale, cela ne veut pas dire d'une façon absolue, qu'il n'y ait pas eu altération du rachis : les auteurs n'ont pas cru utile de relever le fait, croyant à une simple coïncidence. Bernhardt (2) dans un travail récent a insisté sur la fréquence de la scoliose dans la syringomyélie, et dit qu'il l'a rencontrée dix-huit fois sur soixante-dix cas, qu'il a passés en revue; ce qui donne une proportion d'environ 25 0/0. Nous croyons que Bernhardt est au-dessous de la vérité, et que les déviations delà colonne sont beaucoup plus fréquentes, puisque nous les avons retrouvées dix-sept fois dans les trente-six observations, annexées à ce travail ; ce qui constitue une proportion de 30 0/0. Il est même intéressant d'ajouter, que dans les huit cas nouveaux, que nous avons réunis, la scoliose existait sept fois, soit 87 0/0.
On est tout naturellement amené à rapprocher cette scoliose,de celle qu'on a décrite dans la maladie de Friedreich(3}, où on la trouve à peu près avec la même fréquence.
Ces déviations sont quelquefois précédées de phénomènes douloureux: la percussion des apophyses épineuses réveille cette douleur et l'exagère ; quand ce symptôme existe au niveau d'une ou de plusieurs apophyses épineuses voisines, il faut lui accorder une certaine valeur: il permet, en effet de songer à une localisation de la lésion spinale. Il n'est pas
d. Lancoreaux. Bullelins de la Société de Biologie. 1861.