C. Structure du gliome
A. Topographie de la syringomyélie
Lorsqu'on cherche à se rendre compte de la localisation de la lésion, on reconnaît aisément que la syringomyélie gliomateuse est primitivement une affection de la substance grise spinale. Elle débute, comme nous l'avons dit, dans les parties centrales de la moelle; le gliome, en effet, se développe le plus souvent dans la région du canal central, derrière ce canal, dans le tissu périépendymaire si riche en névroglie ; il peut aussi naître dans toutes les régions homologues, également constituées par de la névroglie, à savoir la substance gélatineuse de Rolando, la racine ascendante du trijumeau ; quelquefois même l'hyperplasie s'étend au noyau de l'hypoglosse et à l'olive.
La lésion envahit de proche en proche toutes les parties de la substance grise ; elle refoule, comprime, finalement détruit les cornes de la moelle et les colonnes de Clarke, atteignantplus souvent les cornes postérieures que les antérieures. M"" Bâumler en mettant à profit toutes les relations d'autopsies suffisamment nettes, a pu dresser le tableau suivant concernant le siège de la cavité ; colle-ci a occupé :
les deux cornes postérieures dans 21 cas ;
les deux cornes antérieures dans 1 4 cas ;
la corne antérieure droite dans 5 cas ;
la corne postérieure droite dans 5 cas ;
la corne antérieure gauche dans o cas ;
la corne postérieure gauche dans 6 cas.
La commissure grise est presque toujours détruite parla néoplasie, tandis que la commissure antérieure est très rarement atteinte; cependant Schullze, Simon, Scbûppel, ontcité des exemples oti la commissure antéi'ieure a participé à la lésion.
Quant à la substance blanche des cordons, voici comment la syringomyélie se comporte vis-à-vis d'elle. Les cordons antérieurs sont presque toujours indemnes; assez souvent on a noté la dégénérescence des cordons latéraux, surtout du faisceau pyramidal ; d'ailleurs dans nombre d'observations on retrouve les symptômes d'une paraplégie spasmodique ou le tableau de la sclérose latérale amyotrophique, preuve clinique de l'altération du faisceau pyramidal.
Les cordons postérieurs sont le plus souvent intéressés par la lésion; leur partie antérieure ou sommet est en contact avec la commissure grise ; aussi la lésion envahit-elle très rapidement ces cordons postérieurs ; on conçoit, dans ces conditions, qu'ils soient très fréquemment englobés dans la néoplasie, et Wichmann, en basant son travail sur l'analyse de 32 cas, arrive à cette conclusion, que les cordons postérieurs sont pris 18 fois sur 32, ce qui donne une proportion de 62 0/0.
B. Rapports de la cavité et du canal central
Il est du plus haut intérêt de bien se rendre compte des rapports de la cavité et du canal central. Le siège même de la lésion au voisinage du canal central, la forme quelquefois assez régulière de la cavité, devaient tout naturellement amener la plupart des auteurs à considérer la cavité comme le canal central lui-même ou comme une dépendance de ce canal dilaté ou anormalement développé. Cette façon d'envisager les choses a été le point de départ de la confusion entre l'hydromyélie et la syringomyélie. Mais actuellement, en tbéorie tout au moins, nous pouvons accepter avec Chiari (1) que dans l'hydromyélie la dilatation du canal est le phénomène primitif; dans la syringomyélie, au contraire, la cavité est consécutive à une altération de la substance grise de la moelle. On discute encore aujourd'hui sur les rapports de la