‹ Contribution à l'étude de la syringomyélieChapitre 39 sur 63 · Chiari. Zeilschrift f. Ileilkunde de Prague · texte numérisé non relu

Chiari. Zeilschrift f. Ileilkunde de Prague

cavité et du canal; et, il faut le reconnaître, il y a bien des points, qui demandent à être éclaircis.

Cependant dans la syringomyélie gliomateuse, un grand nombre d'auteurs a signalé d'une façon explicite l'indépendance absolue de la cavité vis-à-vis du canal central. Ces faits très importants ont été mis en lumière surtout par les travaux de Westphal et de Simon, qui datent déjà de 1873 ;tous deux ont eu l'occasion de constater que le canal restait partout intact, malgré l'existence d'une cavité considérable; de plus, ils ont remarqué que le canal était toujours situé en avant de celle-ci. Tantôt il occupe sa situation habituelle ; tantôt il est dévié de sa direction normale et refoulé sur les côtés de la cavité; quelquefois il est dédoublé, ou anormalement développé; d'autres fois, au contraire, sa lumière est oblitérée, et on trouve au centre de ce qui représente le canal des débris de cellules épitliéliales. Le calibre et la forme du canal peuvent également subir d'autres modifications: le calibre devient irrégulier et montre tour à tour des renflements et des rétrécissements, qui lui donnent l'aspect d'un chapelet. Quant à la forme, au lieu d'être arrondie ou plus ou moins elliptique, elle est modifiée par la compression qu'exerce le tissu ambiant ; la paroi antérieure se laisse refouler contre la paroi postérieure et la coupe représente la forme d'un rein horizontalement placé; l'étranglement peut s'accentuer davantage et môme devenir complet ; il constitue alors une véritable cloison, qui subdiviserait le canal en deux canaux parallèles.

Il arrive assez souvent qu'on ne retrouve pas trace du canal central; il est étouffé par la prolifération delà névroglie ; il a totalement disparu ; c'est ce qui arrive surtout lorsqu'on est en présence d'une cavité très considérable, amenant par suite une déformation de l'organe. D'autres fois on retrouve des vestiges du canal, représenté par une lumière bordée de cellules épithéliales ; ou bien on retrouve seulement des amas de cellules cylindriques à la place môme qu'aurait dû occuper le canal central. Mais ce qu'il importe de retenir c'est que Westphal, Simon, Bâumler, Schultze ont tous pu constater

l'intégrité du canal et son indépendance vis-à-vis de la cavité. 11 faut en déduire que le canal central n'est pas un élément indispensable pour expliquer la genèse de la cavité.

Dans un certain nombre de cas, cependant, on a décrit la fusion du canal et de la cavité, l'un venait s'ouvrir dans l'autre, et ces deux lacunes se confondaient -sur une certaine bauteur. Nous avons nous-mcme pu nous rendre compte de la façon dont s'opérait cette fusion, sur des préparations que nous avons faites. L'examen miiiroscopique permettra, comme nous le montrerons un peu plus loin, de distinguer ce qui appartient à l'un et à l'autre.

En résumé, dansla syringomyélie, le canal central peut être à sa place habituelle, ou bien dévié de sa situation normale, refoulé sur les côtés de la moelle; il est presque toujours situé en avant de la cavité, dont il est indépendant ou avec laquelle il peut se confondre sur une plus ou moins grande étendue ; il fait alors accidentellement partie de la paroi cavitaire.

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