Herzen. Arch. de Pflueger, T
sent plus vite que les autres ; aussi conclut-il qu'il y a deux sens thermiques l'un pour le chaud, l'autre pour le froid qui sont indépendants anatomiquemenL et physiologiquement.
L'étude clinique et anatomique do la syringomyélio nous a enseigné qu'à une altération des cornes postérieures pouvait correspondre l'abolition de la sensibilité douloureuse et thermique, l'intégrité de la sensibilité tactile étant le fait de la non participation des cordons postérieurs à la lésion. Ce syndrome est donc une éclatante confirmation de la théorie de Scliiff. On observe toujours simultanément l'anestbésie au chaud et au froid; lorsqu'il y avait dissociation, elle n'existait qu'au niveau des limites des zones d'anesthésie ; nous avons donc tout lieu de croire que les impressions de chaud et de froid passent par la substance grise, et s'il existe des conducteurs isolés, ces conducteurs sont très voisins.
Roth a poussé plus loin la série des hypothèses et s'est demandé si la douleur et la température suivaient la même voie ou des voies différentes, car la clinique montre que la thermo-anesthésie peut exister seule, sans analgésie. « Il est « presque impossible, dit Roth, de nous figurer que le proces- « sus pathologique interstitiel, longeant toute la moelle épi- « nière, se localisât seulement dans les voies thermes- « thésiques isolées, en respectant partout les voies de la « sensibilité à la douleur. » Aussi Roth suppose-t-il que les voies conductrices ne sont pas différenciées anatomiquement par leurs localisations, mais physiologiquement par leurs réactions ; c'est-à-dire, qu'étant envahies par la néoplasie les fibres nerveuses ne se comportent pas de la même façon sous l'influence de l'agent nocif. « Par exemple, dit « Roth, la dégénérescence hyaline de la névroglie et de « la myéline, altérerait chimiquement les conditions de « nutrition du cylindre-axe, et agirait ainsi sur la conducti- < bilité des impressions thermiques; dans un autre cas, la « prédominance de l'hyperplasie de la névroglie, agissant « mécaniquement, troublerait la fonction des nerfs qui ne ser- « Vent qu'à conduire les impressions douloureuses. » Et plus
loin il ajoute : « Si nous admettons la justesse de notre hypo- « thèse sur la résistance différente des conducteurs de diverses « espèces de sensibilité aux altérations morbides siégeantdans « la moelle épinière (ou bien de la conductibilité de diverses « espèces de sensibilité dans les mêmes conducteurs), il n'y a « pas de raison d'admettre encore un trajet séparé des con- « ducteurs des impressions tactiles. Ils peuvent siéger à côté « des autres en possédant une résistance plus grande, ou bien « si ces conducteurs tactiles isolés n'existent pas, ce serait la « conductibilité des impressions tactiles par lesA'oies sensitives « qui s'y interrompt plus difficilement par diverses influences « nocives, que la conductibilité des impressions thermiques et « douloureuses, et ne disparait presque qu'avec la destruction « des cylindre-axes. »
Roth a bien soin d'ajouter qu'il émet une série d'hypothèses. En somme, d'après Roth, une lésion de la névroglie ou de la myéline altérerait les conditions chimiques de la nutrition du tube nerveux et troublerait la conduction des impressions thermiques ; comme cette lésion est la première en date, on comprend que la thermo-anesthésie soit alors la première manifestation clinique de la maladie. Plus tard l'hyperplasie de la névroglie agirait mécaniquement sur l'élément nerveux ; les impressions douloureuses ne sont plus transmises : d'où analgésie. Enfin, lorsque le cylindre-axe lui-même est détruit, les impressions tactiles ne seraient plus transmises et il y aurait anesthésie au contact. Or, dans la syringomyélie, le cylindre-axe résiste fort longtemps et peut même être intact à une période avancée de la maladie : ainsi s'expliquerait la persistance de la sensibilité tactile.
Quant aux troubles trophiques si nombreux et si variés, il semble rationnel d'admettre qu'ils dépendent d'une altération de la partie centrale de la substance grise, c'est-àdire, de la commissure postérieure. Starr (1), dans un