‹ Contribution à l'étude de la tarsectomie antérieure par incision transverse: Dans les cas de tuberculose du tarse antérieurChapitre 4 sur 12 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Évolution anatomopathologique de la tuberculose du tarse antérieur.

Le tarse antérieur est celte portion du pied comprise entre l'articulation de Chopart et celle de Lisfrane constituée par la deuxième rangée du tarse (scaphoïde, cuboïde et les trois cunéiformes), cette région est beaucoup plus individualisée au point de vue clinique qu'anatomiquement. Ce massif farsien comprend toute une série d’articulations, dont les capsules communiquent entre entre elles. La petite séreuse calcanéo-cuboïdienne est souvent indépendante, les autres synoviales forment «un système fragile compliqué et variable », ce sont : « la scaphoïdo-astragalienne, Ta scaphoïdo cunéenne assez variable dans ses prolongementsintercunéensetcuboïdocunéens, la synoviale de l'articulation du premier cunéiforme avec le premier métatarsien et enfin les cuboïdocalcanéenne et cunéo-métatarsienne (Ollier).

Leur indépendance apparente (Tillaux) cesse dès que le tarse antérieur est envahi par la tuberculose.

Ce bloc osseux de forme trapézoïde est renforcé par des ligaments dorsaux interosseux, plantaires; les ligaments dorsaux sont minces etfriables, mais au-dessus d’eux se trouvent des tendons, dont /a présence constitué un obs-

ee tacle sérieux pour la résection totale du tarse antérieur : ce sont les tendons du jambier antérieur, des extenseurs communs, de l’extenseur du gros orteil, du court péronier latéral.

Dans les inflammations aiguës ou chroniques, et en particulier dans la tuberculose, /es différentes pièces de celle région deviennent étroitement solidaires.

Que le point de départ de la lésion soit Le tissu osseux, comme on le constate fréquemment chez les enfants, ou les culs-de-sac synoviaux, ce qui est la règle chez les sujets plus âgés (Ollier)) la diffusion des lésions inflammaloires est rapide, les fongosités se propageant dans toutes les directions où elles peuvent se développer.

Dès qu'elle à franchi la barrière représentée par l'indépendance relative des synoviales et l'isolement des os, la lésion tuberculeuse s'étend rapidement aux articulalions voisines « en suivant une marche assez régulière pour qu'on puisse reconnaitre divers types dans ces lésions complexes » (Ollier).

Le cuboïde est un os de volume assez considérable pour permettre au tubercule de s'y cantonner quelque temps; mais, en règle générale, on peut dire que /« tuberculose de l'un quelconque des petits os du tarse gagne le plus souvent la presque totalité de l'interligne de Lisfranc el se propage en avant jusqu'aux métatarsiens qu'elle entame volontiers.

En arrière elle respecte l’articulation de Chopart.

Il en résulte que, dans les cas anciens « le métatarse est séparé de l’astragale et du calcanéum par une véritable tranche de tissu tuberculeux, tissu osseux, caséeux ou carié, synoviales végétantes suppurées où fon-

gueuses » (Audry).

En

Sauf dans les cas très graves, le tarse postérieur est respecté : souvent au contraire les extrémités postérieures des métalarsiens sont envahies par la lésion, en particulier la tête du deuxième mélatarsien.

Si l'extension eu arrière est rare, du côté de la plante au contraire, les fongosités trouvent des tissus dans lesquels elles se développent avec exubérance. Le long péronier latéral et sa gaine au contact du squelette, les fléchisseurs et surtout la gaine du fléchisseur propre du gros orteil sont très souvent envahis, et cela est tellement vrai que Delbet avait déjà proposé, il y a une dizaine d'années, de faire des résections temporaires du tarse pour atteindre ces lissus lésés.

Par la suite, 1l se forme des abcès qui s'ouvrent par des fistules latéro-dorsales.

Les fongosités envahissent le derme en passant entre les gaines, sur la face dorsale du pied il se forme un bourrelet saillant, s'arrêtant net en avant et en arrière, et s'étendant transversalement, perpendiculaire à l'axe.

De toute cette description, il faut surtout retenir ce fait que la tuberculose se localisant sur le tarse antérieur envahit bientôt toute cette région.

« Dans ses conditions une opération large est alors nécessare. »

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