CHAPITRE II
Des différents moyens employés comme traitement de la tuberculose du tarse antérieur.
Les travaux d'Ollier et de ses élèves (Chobaut, Audrey, Mondan, etc., dominent toute cette élude : c’est à EUX que nous aurons souvent recours dans l'exposé de ce chapitre : d’ailleurs, nous serons bref : notre but en effet n’est pas « d'établir une discussion théorique sur. la raleur hypothétique de tel ow tel procédé » (Bérard). Nous voulons proposer simplement une méthode relativement nouvelle basée sur les résultats excellents qu'elle « donnés. Elle ne s'applique d'ailleurs qu'à certains cas et n'exclut en rien les autres traitements dont quelques-uus ont donné la preuve indiscutable de leur valeur.
Audry, dans sa thèse, classe les traitements préconisés Jusqu'ici dans la tuberculose du tarse antérieur en trois catégories :
Les opérations économiques ;
Les résections ;
Les amputations.
Nous laisserons de côté, les opérations économiques qui frouvent naturellement leur indication dans les Luberculoses du tarse tout au début, chez l'enfant, où la
SAT RES tuberculose ostéoarticulaire guérit comme on le sait très facilement par un simple graltage.
La résection est, suivant l'expression d'Audry « la plus haute expression des interventions précédentes : c'est à Ollier que revient l'honneur d’avoir fait la première larsectomie antérieure sous-périostée en 1885.
Avant ce chirurgien Moreau, Walson d'Edimbourg, Michel de Nancy, Gross et son élève Guillemain de Nancy, Neuber, Schmidt Mormaud, Grillé s'efforcent de régler la résection du tarse antérieur.
Nous n'insisterons que sur la farsectomie antérieure d'Ollier :
Son élève Chobauten donne les règles opératoires. Il faut, dit-il :
1° Se donner assez de jour pour faire des opérations complètes et respecter le périoste autant que possible ;
2° Respecter les tendons, les vaisseaux et les nerfs;
3° Éviter les cicatrices plantaires, et il ajoute :
On y parviendra en multipliant les incisions, en les pratiquant sur la face dorsale du pied et en suivant l'axe antéro-postérieur.
Ollier décrit ainsi les lignes d’incision :
La première part de un centimètre en arrière de la tubérosité du scaphoïde jusqu'à la partie postéro-interne du premier métlatarsien (on récline le tendon du jambier antérieur en haut et en dehors);
La deuxième longe le bord interne du premier tendon de l’extenseur commun {on évite la pédieuse dont la section n'a pas d’ailleurs de gravité) ;
La troisième suit le bord externe du troisième tendon de l'extenseur commun depuis la saillie externe
= 0 formée par l'astragale, le pied étant en adduction jusqu'à l’extrémité postérieur du quatrième espace interosseux (on évitera la section des tendons du pédieux qu'on réclinera latéralement) ;
4° La quatrième incision partira de deux centimètres en avant de la malléole externe et aboutira au tubercule du cinquième métatarsien longeant ainsi le bord interne du tendon du péronier.
Dans un deuxième temps Ollier enlève les os séparément; puis 11 fait l'ablalion complémentaire de la tête des métalarsiens, résèque une partie du calcanéum ou de la tête de l’astragle s’il est nécessaire, et fait enfin la toilette des fongosités avant d'immobiliser le pied dans une altelle plâtrée postérieure.
Les résultats immédiats, éloignés, fonctionnels, qu'il obtient par cette méthode sont évidemment extellents.
«€ En présence d'infection générale accusée, et si la lésion locale atteint son extrème degré de développement interdisant fout espoir d'opération complète, l’'amputalion conserve tous ses droits. »
Avant d'aborder l'exposé de la méthode nouvelle que nous proposons après Vuillet, dans certains cas de tuberculose du tarse antérieur, nous signalons sommairement les autres procédés opératoires permettant de faire une tarsectomie antérieure.
Kocher, dans son traité de chirurgie opératoire, aborde le massif {arsien par deux incisions latérales pratiquées du côté dorsal : l'incision interne partant du tiers postérieur du premier métatarsien pour arriver à la tête de l’astragale. Cette incision longeant le côté
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interne du tendon de l’extenseur du gros orteil sépare les attaches du jambier antérieur au premier métalarsien et au premier cunéiforme. L’incision externe part du tiers postérieur du cinquième métatarsien et arrive au calcanéum, en avant de la malléole externe, elle est en dehors des tendons. Ce n’est que dans les cas difficiles, surtout quand il y à des abcès au dos du pied ou que les parties molles sont envahies en masse, que l’on peut relier les incisions latérales eu avant par une incision transversale, intéressant seulement la peau et les aponévroses en ménageant les tendons, nerfs et vaisseaux. « Car, dit-il, ces organes se laissent suffisamment tirer de côté pour qu’on puisse faire la dissection des os avec facilité : mener l’incision à lambeau dorsal directement sur l'os, à travers toutes les parties molles constitue une lésion grave, inutile ».
Obalinski et après lui Catterina ont, pour pratiquer la tarsectomie antérieure, suivi la voie nouvelle de la division du pied en avant:ils pénètrent à travers les espaces intermétatarsiens (Catterina entre le 2°et le 3°) et écartent en dedans et en dehors les deux moitiés antérieures du pied.
Streissler enfin en 1909 propose un nouveau procédé pour tarsectomie antérieure et publie, à l'appui, un cas avec succès.
On ouvre l'interligne calcanéo-cuboïdienne par une incision perpendiculaire à l'axe du pied, commençant un peu sous la plante à travers la masse musculaire du 3° orteil et remontant jusqu'au milieu environ du dos du pied. Les vaisseaux et les nerfs superficiels sont sectionnés ainsi que le tendon du péronier antérieur : /es
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extenseurs des orteils sont refoulés sur la ligne médiane : les tendons des péroniers latéraux sont respectés ou seclionnés en baïonnette pour être suturés à la fin de l'opération. Ce procédé, malgré les bons résultats qu'il a donnés à cet auteur ne parait pas supérieur aux autres méthodes, (incisions dorsales).