‹ Contribution à l'étude de la tarsectomie antérieure par incision transverse: Dans les cas de tuberculose du tarse antérieurChapitre 7 sur 12 · I. — HisToRIQUE · texte numérisé non relu

I. — HisToRIQUE

Nous ne parlerons pas des premiers chirurgiens qui opérèrent sur celle région : ils firent des extirpations totales ou partielles du tarse antérieur par la voie que leur indiquait la nature, employant des procédés vagues et condamnables qui sacrifiaient sans s’en inquiéter les tendons, vaisseaux et nerfs dorsaux (au xvur* siècle, Frère Cosme, Didier, Durand de Housse, Saviard de la Motte, Moreau).

En réalité, les premiers chirurgiens qui appliquèrent avec méthode le procédé opératoire que nous décrivons dans notre travail, furent Hevyfelder et Sédillot, et un peu plus tard (1881) Hüter : ces savants recom-

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mandèrent l’incision transversale dorsale, pour /es cas de tuberculose tibio-tarsienne : Hüter, dans le but de mettre largement à nu l'articulation pour en faire un nelloyage complet, sectionnait en avant toutes les parties molles qu'il recousait à la fin de son opération. Les malades pouvaient marcher après la quatrième semaine.

Bardenheuer et Kocher préconisèrent ce procédé pour /a réseclion du tarse postérieur. Dès 1886, Bardenheuer opère de la façon suivante les malades atteints de tuberculose ostéoarticulaire du pied. Il aborde le squelette par une incision dorsale transversale en coupant nerfs, tendons et vaisseaux, il résèque en un seul bloc, sans ouvrir les articulations, l'extrémité inférieure des os de la jambe avec une partie du tarse, en un mot il fait une résection extra-articulaire : la seclion inférieure peut passer par le milieu du cuboïde et du scaphoïde, et même aborder les têtes des métatarsiens. À la fin de l'opération, il suture les tendons des extenseurs après en avoir nelloyé les gaînes et sectionné 3 à 4 centimètres. Les résultats obtenus par l'application de celte méthode ont été excellents. Ils’ ont été publiés par Frank, en 1910, dans les Archives générales de chirurgie.

D'autre part Ohse, de Strasbourg, publie en 1908 les résullats éloignés des tarsectomies faites à la clinique de Madelung, depuis treize ans, suivant le procédé de Bardenheuer, et il constate que ous les malades peuvent marcher avec des souliers appropriés, et que tous ont repris leurs occupations, sauf deux.

Pour la tuberculose du tarse antérieur, Kocher,

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comme nous l'avons relaté plus haut, fait des résections par deux incisions longitudinales. Il n'admet l’incision lransversale que dans les cas où le dos du pied est le siège d’une infiltration massive ou d’abeès ; il limite d’ailleurs sa section à la peau et à l'aponévrose, ménageant les tendons, les nerfs et les vaisseaux : « Mener l'incision à lambeau dorsal directement sur l'os, dit-il, dans son traité de chirurgie opératoire, constitue une lésion grave, inutile, et de plus les sutures tendineuses à faire conséculivement sont laborieuses. »

Roux et son élève Vuillet reprennent cette incision transversale, abandonnée parce que la plupart des chirurgiens préfèrent suivre en matière de chirurgie osseuse ou articulaire ce précepte d'Ollier : « de ne Jamais sacrifier ni muscles, ni tendons, pour mieux assurer le rétablissement des fonctions articulaires ».

Ils appliquent cette méthode aux résections du tarse antérieur; Vuillet, en 1897, en fait le sujet d’un article, dont nous allons extraire les passages importants.

C'est en 1895, que ce procédé nouveau reçoit sa première application et l’auteur mentionne six cas de tarsectomie antérieure par incision dorsale à travers toutes les parties molles :

« On sectionne ftransversalement et d’un bout à l'autre toutes les parties molles : les deux lambeaux rabattus, le bistouri reste dans le tissu sain; les limites reconues on scie en plein os normal, et on extirpe le bloc osseux, les fongosités les fistules cutanées. On contrôle les parties molles largement étalées sous les yeux. On peut alors exciser des trajets fongueux qui, par incision longitudinale, auraient eu forte chance de

29) les passer inaperçus. La toilette achevée, on recoud les tendons très exactement. Et plus loin l’auteur ajoute : » En aucun cas la section des tendons n'a été une mutilation inutile; suivant l'expression de Kocher : les tendons ont repris leur fonction. » Les résultats immédiats, éloignés et fonctionnels des cas signalés sont excellents, l’auteur insiste sur les avantages de celle méthode : nous y reviendrons plus loin.

MM. Leriche et Cotte ont eu l’occasion d'appliquer plusieurs fois cette méthode depuis 1910.dans la clinique de M. le professeur Poncet. Ils en ont modifié certains détails. Le procédé opératoire est le suivant :

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