‹ Contribution à l'étude de la tarsectomie antérieure par incision transverse: Dans les cas de tuberculose du tarse antérieurChapitre 8 sur 12 · IL. = DescriprioN pu PRocÉDÉ · texte numérisé non relu

IL. = DescriprioN pu PRocÉDÉ

Le procédé employé est intermédiaire entre les résecons extra-arliculaires des Allemands (Bardenheuer) et les procédés sous-capsulo-périostés habituellement SULVIS.

Premier temps. — Incision transversale analogue à l'incision dorsale de la désarticulation de Choppart ; allant de l’interligne calcanéo-cuboïdienne au tubercule du scaphoïde.

Deuxième temps. — Section de l’'aponévrose superficielle et des tendons de l'extenseur commun et de l’extenseur propre du gros orteil. Il faut respecter les tendons du jambier antérieur et du court péronier latéral.

On dissèque à la rugine le lambeau antérieur pour laisser adhérer à sa face profonde tout le périoste que l’on peut conserver.

On relève alors le lambeau cutanéo-musculo-périostique, mettant à nu l'articulation médiotarsienne.

Au cours de celte manœuvre, on examine les {endons extenseurs et leurs gaines qui, souvent, sont infiltrées : si les tendons jouent librement, on aura intérêt à les repérer en vue de leur suture consécutive.

I ne faut pas mettre la bande d'Esmarck au début de l'opération. La ligature des vaisseaux, au fur et à mesure de leur section, permet une hémostase plus complète. On évite, par la suite, le suintement sanguin inéviable après Phémostase en masse du membre par la compression élastique — et ceci à son avantage, comme nous le verrons plus loin.

Troisième temps. — Le lambeau dorsal relevé, on arrive d'emblée sur les interlignes astragalo-scaphoïdiennes et calcanéo-cuboïdiennes que l’on ouvre.

En bas, on attaque l'interligne de Lisfranc, puis en fléchissant fortement le pied on achève de libérer tout

le massif Larsien jusqu à sa face profonde et on l'enlève en un seul bloc.

La résection faite, on se trouve en présence d’une large brèche qui permet un nettoyage complet de la région malade. On enlève les fongosités, résèque les fistules, on curette les points qui paraissent suspects au niveau des têtes mélatarsicnnes et parfois du scaphoïde et du cuboïde.

Au besoin, on résèque la mortaise du deuxième métatarsien.

Quatrième temps. — On rapproche les surfaces osseuses sectionnées, on suture soigneusement les tendons

ire extenseurs et les gaines si elles ne sont pas infiltrées, puis l’aponévrose et a peau.

On mel un drain à la partie déclive et l'on peut pratiquer le plombage immédiat de celte cavité, puisque l’hémostase à élé parfaite au cours de lintervenbon.

Le mélange de Mosetig n’est pas entraîné par le suintement sanguin fatal si l'hémostase a été faite par la bande d'Esmarck. |

Enfin, après un pansement soigné, on immobilise le pied à angle droit par une attelie plâtrée postérieure.

Suites immédiates. — Elles sont simples en général,

et on oblient une réunion par première intention.

Deux ou trois pansements suffisent pour assurer la cicatrisation de la plaie.

Parfois, on est obligé de curetter quelques petits abcès résiduels, mais cette complication peut être évitée par une toilette très soigneuse et très large de la région malade au moment de l'intervention.

Suites éloignées. -— Elles ont été parfaites pour deux malades qui sont opéres depuis 10 et 12 mois, comme on peut s’en rendre compte par la radiographie et la photographie que nous avons annexées à notre travail.

Dans ces deux cas, le malade n’éprouve aucune douleur ; la cicatrice est souple, non adhérente aux plans profonds. Elle est unique, bien placée, à l'abri des

sions de la chaussure ou du sol. Le pied lui-même est bien d’aplomb, simplement raccourei, mais bien équilibré et de forme normale. Il a conservé tous ses mouvements avec l'équilibre de toutes ses actions mus-

ME culaires ; les résultats fonctionnels sont done excellents.

Les pieds opérés par cette méthode ont un aspect assez Lypique, d'autant plus caractéristique qu'on les examine à plus longue échéance.

Les empreintes plantaires sont celles de pieds plats très prononcés, avec valgus indolore. Ce sont des pieds anatoniquemeont plats, et non comme le fait remarquer Vuillet, des pieds plats par éreintement fonctionnel. Souvent même, on se trouve en présence d’une déformation bien déerite par Ollier : /e pied en patin où en bateau dont la plante forme une courbe à concavité supérieure, les extrémités postérieures et antérieures étant un peu relevées: le point d'appui se trouve alors au niveau de la région médiane plantaire. Peut-être cette déformation est-elle due à l'action du tendon d'Achille relevant le talon et des extenseurs des orteils relevant l'extrémité antérieure du pied, mais cette explication n'est pas à l'abri de toute critique, car il arrive souvent que les tendons extenseurs, loin de se rétracturer, sont au contraire trop longs et par conséquent sans action prédominante sur les orteils.

En {ous cas, le pied ayant perdu ses points d'appui normaux (voûté) prend la forme qu'exigent de nouvelles conditions de statique.

Vuillet appréciant les résultats fonctionnels éloignés de ces malades, conclut ainsi: « Le pied raccourci fonctionne presque comime un pied normal el satisfait au point de vue esthélique. »

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