‹ Contribution à l'Étude de la Technique de l'effacement permanent des épaules dans le traitement des fractures de la claviculeChapitre 7 sur 16 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

VALEUR THERAPEUTIQUÉ DES APPAREILS HAPBITUELLEMENT EMPLOYES.

Maintenant que nous connaissons les principales conditions que doit réaliser un appareil pour assurer une bonne réduction et contention, passons en revue les différents appareils employés et montrons-en les inconvénients.

La plupart d’entr’eux, loin de servir une bonne coadaptation, favorisent le chevauchement; ces appareils sont insuffisants dans « leur passivité de toile ou dans leur immuabilité plâtrée » (1). -

Echarpe de Mayor. — L’écharpe de Mayor est une pièce de linge carrée pliée en triangle, de manière à ce que les deux sommets ne se correspondent pas. L’avantbras est fléchi à angle droit et appuyé contre le thorax; on place la base du triangle à la partie moyenne du bras, et on noue las chefs à la face postérieure du thorax. On saisit ensuite les deux sommets du bandage qu’on fait passer derrière l’avant-bras pour aller les nouer derrière la nuque.

(1) Dupuy: 19 Congrès de chirurgie.

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L'’écharpe de Mayor est un simple appareil d’immo. bilisation, elle n’assure pas le maintien de la réduction. L'’épaule n’est portée ni en dehors, ni en arrière. Les résultats obtenas avec l’écharpe sont insuffisants: la radiographie n° [ en est un bel exemple; malgré une immobilisation assez longue, les deux fragments ne sont pas en contact, ni dans le même axe. De plus, on note un chevauchement assez considérable, ce qui occasionne un raccoureissement notable de la clavicule.

Appareil de Gerpy. — Cet appareil est très simple. On place un coussin triangulaire dans le creux axillaire du côté blessé; on le fixe avec deux liens sur l’épaule opposée. On porte alors le coude contre le thorax, et ensuite on pousse tout le bras en arrière, On maintient cette position par un bandage croisé.

La première de ces manœuvres porte l'épaule en dehors, par l'intermédiaire du coussin axillaire; la deuxième porte le bras en haut, puisque le coude est soulevé et rapproché du tronc. Jamais ‘’épaule n’est portée en arrière; le moignon n’est pas effacé, at c’est là la condition essentielle pour une bonne réduction.

De plus les tours de bande peuvent être plus ou moins serrés : pas assez les bandes se relâchent très facilement : le malade peut remuer l’épaule, le coussin axillaire glisse le long de la paroi thoracique, il n’est plus alors d’aucune utilité.

Si au contraire elles le sont trop la circulation devient difficile, les articulations s’enkylosent. Hamicron rapporte l’histoire d’un malade auquel € il appliqua une bande avec coussin axillaire qu’il laissa six semaines, au bout desquelles les articulations étaient ankylosées

(arsalidotion oblerue par l'écherpe « Mayor

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et le membre lui-même extrêmement atrophié, avec tremblement de la main ». Tous ces tr'onbles étaient dûs au fait que l’appareil était trop serré et surtout à la pression du coussin axillaire. Vipan et MALGAIGNE ont même observé des ulcérations cutanées et des eschares; dans un cas ils virent se développer une ostéite consécutive à la pression exercée par la bande sur la clavicule.

Si le coussin axillaire est trop dur, la pression du bras contre lui devient insupportable et peut donner naissance à des lésions cutanées.

Le fragment interne de la clavicule fracturée n’est pas abaissé par les tours de bande.

En outre, dans beaucoup d’appareils de cette catégorie, des bandes entourent le thorax et entravent les mouvements respiratoires.

A cela s’ajoute la difficulté de ne pouveir surveiller constamment la région blessée.

Ces appareils doivent être fait plusieurs fois au cours du traitement; les moindres mouvements, nécessités par la remise en place du coussin axillaire, font jouer les deux fragments et peuvent même détruire le cal fragile qui s'était déjà formé.

Appareil d'HamiLTox. — Hamizron a simplifié l’appareil de Gerpy en remplaçant les tours de bande par une écharpe oblique, nouée sur l’épaule saine.

Nous lui ferons les mêmes reproches qu’à l’appareil de GERDY.

Appareil d'OMBREDANNE. — Employé couramment

chez les enfants. L’avant-bras étant placé horizontalement derrière le dos, on ramène le coude en arrière à ‘l’aide d’un bandage de corps. L’humérus prend point d’appui sur le thorax; le moignon, par un mouvement de bascule, sa trouve porté en dehors. Cette position projette en avant le fragment externe, juste l’inverse de ce que nous cherchons à obtenir.

Appareil plâtré :

Appareils de Le DENTU. — Après la réäuction de la fracture par manœuvres manuelles, Le DenTu a réalisé. la contention à l’aide de trois bandes plâtrées: une bande maintient contre le thorax l’avant-bras fléchi à angle droit; une deuxième bande, passant sur l’épaule blessée, maintient le coude en haut; la dernière, en forme de baudrier, soutient l’avant-bras.

L'appareil de Le Dxnru n’est presque plus utilisé, pour plusieurs raisons:

1° Il est très difficile d’obtenir l’effacement complet des épaules par des manœuvres manuelles, à moins de recourir à l’anesthésie générale, ce qui est un moyen d’exception non sans danger.

2° Derrière la cuirasse de plâtre, la déformation se reproduit sans que l’on s’en aperçoive; au bout de quelques jours l’œdème disparait, les coussinets d’ouate s’affaissont, l’atrophie musculaire commence à se produire, l’appareil est devenu trop grand. L'immobilisation n’est plus réelle, l’épaule joue librement. Le plâtre ne remplit plus son office et ne peut s’opposer aux nombreux mouvements qui font jouer l’une sur l’autre les extrémités fracturées: mouvements non seulement

Fectyre ro /Féduile

PS À rt

du membre atteint, mais mouvements de la respiration; enfin les multiples déplacements que provoquent ins-. tinctivenent les gestes d’un blessé.

3° Chez les femmes, les seins trop volumineux souffrent de la compression exercée par l’appareil plâtre; après 2 à 3 jours de souffrance, les malades déelarent être à bout de patience et demandent instamment qu’on leur cherche un appareil moins fatigant.

En résumé, les résultats obtenus par ces appareils plâtres ne sont guère plus satisfaisant que ceux obtenus au moyen des bandages, lorsqu on songe au bras ankylosé, atrophié des museles que l’on retire de: l’appareil de Le DexrTu, et qui nécessite un traitement d’une durée double de celle exigée par la fracture.

Appareils à bracelets. — L'appareil de GurLLeMiN, de Destor, les anneaux métalliques modelés et plâtres de Hippex sont les plus employés ; ils reposert tous sur le même principe: on embrasse chaque épaule dans un bracelet formé d'un rouleau d’ouate entouré d’une compresse (Desror remplace le bracelet par une chambre à air de bicyclette en forme de 8 de chiffre); un tube en caoutchouc est glissé à la partie jostérieure de chacun des bracelets, et on exerce une traction, de telle sorte que les anneaux se rapprochent du rachis.

Ces appareils donnent une mauvaise réduction; le triple déplacement ne se trouve corrigé que sur un point: en effet, ils tirent fortement les épaules en arrière, mais celles-ci ne sont maintenues ni en haut, ni en dehors; le chevauchement et l’angulation persisteront. |

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