‹ Contribution à l'étude de la température dans la coquelucheChapitre 4 sur 20 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Notre intention n’est pas de faire ici l'historique complet de la coqueluche. Cette maladie si commune, à laqueile peu d’enfants échappent, a été en effet le sujet de tant de travaux que la simple énumération des auteurs qui s’en sont occupés, serait non seulement aussi fastidieuse qu’inutile mais nous entraînerait beaucoup trop loin. |

Nous nous bornerons à passer rapidement en revue les principales phases decette histoire et à relaterles opinions les plus saillantes émises sur le point spécial qui nous occupe, c’est-à-dire sur l’état de la température dans la coqueluche et sur l'importance et la signification qu’il convient d'attribuer à l'apparition de la fièvre aux différentes périodes de la maladie.

Rien dans les ouvrages d'Hippocrate, de Galien ou d’Avicenne ne permet de supposer que la coqueluche ait été connue de l’antiquité.

C'est au XV® siècle que le mot, sur l’étymologie duquer les explications les plus diverses ont été données, apparaît pour la première fois, et encore sert-il à désigner des épidémies qui semblent se rapporter plutôt à la grippe. La première épidémie véritable n’a été décrite qu'en 1578 par Baïillou.

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Un siècle plus tard Willis décrivait la même maladie sous le nom de « tussis puerorum convulsiva seu suffocativa » et en fixait les traits généraux d’une façon définitive.

Au XVIIT siècle, apparaissent de grandes épidémies qui ravagent l’Europe et qui présentent ce caractère intéressant pour nous, d’être accompagnées d’une fièvre souvent intense. Celle de Copenhague en 1767 est marquée par une fièvre dont les exacerbations ont lieu de deux jours l’un (Aaskow). À Londres, la même année, on constate de la fièvre quotidienne rémittente (Sims). De même à Genève en 1806. À Dillingen en 1811, fièvre rémittente et irrégulière (Wacker). En 1815, à Milan, Ozanam signale plusieurs cas avec fièvre double ; pendant les accès de fièvre les plus forts, latoux etles paroxysmes de coqueluche cessaient complètement pour reprendre avec plus de violence au déclin de l’accès fébrile.

Peu à peu les épidémies deviennent moins meurtrières, se restreignent et la maladie passe à l’état sporadique ou plutôt endémo-épidémique, en restant au plus haut point transmissible. Cest principalement à cet état qu’elle à été étudiée. Il restait peu à ajouter à la description de Willis etlestravaux ultérieurs ont été surtout consacrés à l'étude de la nature, des causes, du degré de la contagiosité, etc.

Certains observateurs attribuant à la bronchite le rôle prépondérant, ont fait de la coqueluche un catarrhe spécifique. Blache frappé surtout par l’élément spasmodique en a fait une névrose. Trousseau rapprochant les deux opinions l’a définie «un catarrhe spécifique avec névrose». Beau et Gendrin ont cherché à relier les deux éléments. D’après leur théorie, la toux serait due à une action réflexe

ayant pour point de départ l'excitation des nerfs laryngés par les produits de sécrétion du catarrhe des voies respiratoires supérieures, comme lorsque des aliments ou des liquides se sont introduits dans le larynx. Noël Gueneau de Mussy en donne une autre explication. Pour lui, la coqueluche est une sorte de fièvre éruptive avec manifestations énanthématiques sur la muqueuse des bronches. Le catarrhe retentit sur les ganglions bronchiques et l’adénite devient la cause déterminante des phénomènes spasmodiques par compression du pneumogastrique.

Le regretté professeur Germain Sée voyait dans la coqueluche une maladie infectieuse très voisine de la rougeole, et aujourd’hui presque tout le monde s'accorde à reconnaitre la nature infectieuse de la maladie. Les nombreuses recherches, faite tant en France qu'à l'étranger, en vue de découvrir le germe facteur de l'infection, n'ont cependant pas encore donné des résultats absolument positifs. Ceux obtenus par Poulet, Letzerich, Burger ont été controuvés ; ceux de Deichler et de Ritter plus récents ont été fortement constestés et parmi les divers microbes trouvés dans les crachats des sujets atteints de coqueluge le bacille d’Afanassiew.seul paraît posséder une action pathogène spécifique.

D’autres auteurs se sont attachés plus spécialement à décrire les accidents et complications : tel Bouchut, pour l’ulcération du frein de la langue dont on a voulu faire une lésion spécifique (Dethil. D’autres enfin, et ils sont innombrables, ont consacré leur ingéniosité à la recherche du traitement. C’est ainsiqu’on a préconisé successivement les anticatarrhaux. les révulsifs, les narcotiques, les anesthésiques, les antiseptiques, etc., mais, il faut malheu-

reusement le reconnaître, sans que des succès bien manifestes soient venus récompenser de si louables efforts.

l, étude de la température a été moins approfondie. De tous les auteurs qui ont écrit surla coqueluche, peu lu; ont consacré un chapitre spécial; la plupart cependant en ont parlé incidemment au cours de la description de la maladie ou de ses complications. Nous nous contenterons de donner ici un rapide apercu des idées émises à cet égard, par ceux quiontretiré d’une longue pratique des maladies de l'enfance une compétence indiscutable.

Nous connaissons déjà opinion de M. Cadet de Gas-

:sicourt : la coqueluche est une maladie « absolument apvrétique », excepté parfois dans les premiers jours de la période catarrhale, et encore la fièvre, quand elle existe, est-elle toujours faible et de courte durée. « Donc toute élévation quelque peu sérieuse de température vous annoncera une complication pulmonaire, la seule qui s’accompagne de fièvre. »

D’aprèsHenoch, quand un enfant atteint de coqueluche ne se trouve pas tout à fait bien portant dans linter. valle des accès, qu’au contraire la respiration estrapide et superficielle et qu'en outre il y a de la fièvre, on peut cenclure immédiatement à une complication.

Piron et Valérian dans leurs thèses inaugurales, concluenr de même à l’absence de fièvre. Ils pensent que la bronchite qui existe toujours à un certain degré, dans la coqueluche, ne provoque aucune réaction fébrile. Tous les auteurs ne sont pas aussi exclusifs.

Blache, Guersant, Bouchut ont constaté dans la première période, une fièvre parfois assez forte se reproduisant sous le type tierce ou quotidien.

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West admet que la bronchite du début peut être marquée par une toux fréquente avec fièvre intense et qu'alors les symptômes généraux sont le plus souvent hors de proportion avec le degré du désordre local.

Dans le volumineux ouvrage de Gerhardt on voit que les symptômes dustade catarrhai sont dans la plupart des cas, liés à plus ou moins de fièvre, mais que l'apparition de celle-ci dans le stade convulsif doit faire soupçonner une complication.

Steiner a observé aux deux périodes de la maladie, de la fièvre avec exacerbations vespérales.

Pour Elliscomme pour Frousseau, les prodromes de la coqueluche sont un rhume léger accompagné d'abattement et d’une fièvre parfois intense. |

N. Guéneau de Mussy a vu souvent de la fièvre pendant la période catarrhale, mais il signale en outre, dans la période convulsive « des accès fébriles périodiques ou des paroxysmes périodiques, si sous l'influence de laffection catarrhale, le malade a conservé un léger état pyrétique continu ».

Rilliet et Barthez, d'Espine et Picot font la même constatation ; ils parlent « d'accès de fièvre éphémères» qui peuvent survenir de temps à autre, mais comme Guéneau de Mussy, ils ne font que ies signaler et ne s’y arrêtent pas.

Nous pourrions prolonger cette liste déjà longue, puisqu’une foule d'auteurs ont consacré à la coqueluche de longs articles, soit dans les dictionnaires, soit dans les traités généraux de pathologie, ou en ont fait le sujet d'importantes monographies. Ce serait, pensons-nous, sans grand intérêt, De tels travaux présentent forcément

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moins d'originalité que ceux des spécialistes que nous venons dé citer et nous y retrouverions exposées des opinions analogues. Tous ceux qui, en effet, entreprennent aujourd’hui décrire sur la coqueluche ne peuvent s'affranchir de faire de larges emprunts à ces maîtres dont l’expérience fait loi dans la matière et tout particulièrement à l’un deux dont l’admirable ouvrage est, selon sa propre expression, « tiré des entrailles mêmes de la clinique ».

Nous voulons parler d'H. Roger. Dès 1843, il faisait des recherches sur la température dans les maladies et le premier, il appliqua la thermomètrie, d’un usage aujourd’hui presque banal, au diagnostic et au pronostic des maladies de l'enfance. Son remarquable travail sur la coqueluche, qui restera un modèle d'observation et de critique rigoureuse, sera notre guide le plus précieux. Nous y trouvons consignés tous les faits que nous nous proposons d’examiner et après une étude aussi complète, nous ne pouvons guère prétendre viser à la nouveauté. Nous avons simplement l'intention de décrire d’une façon plus détaillée avec quelques observations à l’appui, certaines particularités de la marche de la fièvre dans la coqueluche, qu’il est bon d’avoir présentes à l'esprit pour éviter de regrettables erreurs de pronostic.

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